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L'empire du Chaos

Bienvenu dans L'empire du Chaos, un forum RP ou le monde magique et médiéval s'affronte ou s'unisse
 

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 Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]

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Localisation : Dans son terrier
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MessageSujet: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Mer 24 Fév - 21:15
--Chapitre 1--
 
 
-Anastasia-
 
 
 
 
Monsieur Pandore: Vous ne savez pas encore quel choix vous emprunterez n'est-ce pas?
Ewelein *réveillée*: Euh...Pardon?
Monsieur Pandore: Votre destin, je peux lire dans votre livre que vous ignorez vers qui vous tourner, la lumière où l'ombre?
 
Le bookman en face de moi soupire longuement.
Lorsque le temps est venu, les bookmans doivent décider de quel parti prendre. C'est à la base une race neutre mais leur savoir important ne doit pas rester divergent.
Après avoir feuilleté quelques dernières pages, il me le glisse sur son bureau pour que le reprenne.
 
Monsieur Pandore: Je pense que je n'aurais pas besoin de vous recommander le chemin calme de la clarté n'est-ce pas?
Ewelein: En effet... Je dois décider seule mais j'apprécie votre conseil.
 
D'un signe de tête, mon tuteur approuve ma dernière phrase et se lève de sa chaise, se dirigeant vers la porte qu'il m'ouvrit. Désireuse de partir, je ne me fais pas prier et lui serre la main en guise d'adieu.
 
Monsieur Pandore: Hâtez-vous, le temps peux être clément mais il est rapide.
Ewelein: Je garderais ce précieux conseil.
 
------------------------------------
 
Professeur: Les puits de magie sont en très grand nombre sur Black Rose et sont plus où moins gros où de petites tailles, ils servent de réserves pour les espèces qui ne peuvent utiliser la magie et sont essentiels au fonctionnement de Black Rose, cela dit ils ne sont pas éternels, prenez-les comme des gisements de pétrole.
Elève: Quelles sont les races les plus susceptibles de ressentir ces puits?
Professeur: Ce sont celles qui se rapprochent le plus de la condition animale car leurs sens sont très développés en d'autres cas: les hybrides, les nekos, les kitsunes, les dragons, les loups-garous et toute la faune encore immense de Black Rose. Les empereurs utilisent d'ailleurs souvent leurs apôtres de cette branche-ci pour chercher leurs gisements.
 
Nous sommes à Anastasia, pays des sorciers et mère patrie des nombreuses universités qui forment les jeunes de ce monde ayant refusés de vivre comme des vagabonds pour connaître une existence "normale".
L'académie de l'Arborh en fait partie, et je suis l'une de leurs étudiantes.
Toute l'école est en surchauffe en ce moment car dans une heure aura lieu le traditionnel pèlerinage de Black Rose: les responsables doivent former des groupes de quatre étudiants pour les envoyer aux quatre coins de ce monde pour que chacun trouve leur voie future.
A vrai dire, ce devrait être une opportunité pour moi qui ignore encore mon futur, un simple coup d'oeil dans mon livre serait plus simple mais... J'ai peur de ce que je pourrais lire...
 
Elève: Peut-on se servir librement?
Professeur*faisant la moue*: Si tu en trouve un encore sauvage oui, mais ne touche pas à ceux ayant des propriétaires, il faut te renseigner à chaque fois.
 
Certes rejoindre les rangs lumineux m'assurerait un avenir prospère, sûrement radieux et à l'abris de toutes les nuisances de la vie.
Mais les rangs obscures laissent avant tout la liberté.
Je suis complètement paumée dans cette histoire...
Si grand-mère avait été avec moi, elle m'aurait sûrement conseillée d'être aux côtés de Mathaël.
 
Gorgeous: Hé Ewelein!
Ewelein *s'attendant encore à une remarque lourdingue*:Qu'es-ce que tu veux...?
Gorgeous *faisant un clin d'oeil*: J'espère qu'on sera dans le même groupe! Je suis sûr qu'on pourra bien s'amuser ensemble, seuls, loin des autres...
Ewelein: Ce sont des équipes de quatre, n'y pense même pas.
 
Ce type est à mon grand regret mon voisin de bureau dans les gradins de l'amphithéâtre. Non pas que je sois impatiente avec les autres mais cet incube a autant de lourdeur dans ses actions que le nombre de fois où je l'ai repoussé.
 
Elève: On peux en trouver vraiment partout des puits de magie?
Professeur: Absolument partout! Il y en a peut être même en dessous de nos pieds! Mais ça m'étonnerais car certains de vos camarades animaux l'aurait déjà senti depuis des siècles...
 
J'en ai assez de ce cours qui dure depuis des plombes. D'habitude je prend goût aux études comme beaucoup de ma race mais cette fois c'était différent, la vanité grandissante de l'autre empaffé le stress des élèves permanent qui règne dans la salle pour le pèlerinage me donne envie de grogner.
 
Marshall: Oh, oh, oooooh! On dirait que la miss va exploser! Hé dis donc crétin tu ne voudrais pas qu'il y ait des taches de sang et d'organes dans cette salle? Personnellement ça ferait mon repas mais bon...
Ewelein *furieuse*: Marshall!!
Marshall *souriant de toutes ses dents*: C'est moi.
 
Je n'ai même pas l'envie de faire une répartie, bien qu'il aurait adoré continuer ce petit jeu.
Marshall est un vampire, bon copain de tout le monde, il prend son pied cependant à chercher les noises avec ceux qu'il juge comme "faciles à manipuler".
 
Professeur: Asriel! Dis-moi les précautions à prendre avec la mandragore pour notre prochaine expérience!
Asriel: Ben... C'est une plante non?
Professeur: En effet. Mais encore?
Asriel *se grattant le menton*: Euh... J'sais pas... Faut lui mettre de l'engrais?
 
Plusieurs rires étouffés se font entendre dans les gradins. Notre prof secoua vivement la tête en barrant l'elfe de sa liste.
C'est un garçon curieusement médiocre dans les études pour un elfe mais fais preuve d'un force physique si étonnante que ce doit être la première fois de toute l'histoire d'Anastasia qu'un elfe arrive au peloton des champions de puissance. Par ailleurs il n'est pas méchant, juste assez long à la détente.
 
Professeur: Bravo, on saura quoi dire à tes parents lors de tes funérailles...
Kagura *timidement*: Euh... Monsieur? Moi je crois savoir.
Professeur: Je t'écoute.
Kagura: C'est une plante mortelle qui tue sur-le-champs celui qui la déracinera de la terre par son cri strident, alors il faut que tous ceux aux alentours doivent mettre des bouchons d'oreille...
Professeur: Ta phrase est construite assez bizarrement mais c'est correcte.
 
Et elle avec sa drôle de dégaine, c'est Kagura, une hybride serpent qui se fait régulièrement lyncher, en effet sa peau écailleuse, ses longs cheveux verts, ses yeux effrayants et ses crocs pointus enduits de poison font qu'elle est souvent sujette à des brimades.
 
Professeur: Autre chose à ajouter avant que le cours soit fini? Eweilein peut être?
Eweilein: Non nous avons tout dit.
 
 
Quand à moi je n'ai pas besoin de faire le point sur mon nom. Je suis une bookman qui ignore le chemin qu'il faut prendre.
Au loin nous entendons le son si distinct de la cloche qui nous invite à sortir de classe, je suis l'une des premières à m'en aller, ma besace autour du cou je marche d'un pas sûr vers ma chambre à l'internat où je fais le point sur mes affaires avant le rassemblement dans la cour intérieur.
Le pèlerinage n'est pas quelque chose à prendre à la légère car c'est un véritable voyage contre la mort qui a lieu. Les groupes doivent s'entraider dans l'adversité permanente de ce monde.
Les maladies, la faim, l'égarement, la solitude, la mort, tous peuvent être sur le chemin que les étudiants vont prendre, aucun professeur ne doivent être vus entrain d'aider les élèves, c'est une épreuve qui détermine le courage et la débrouillardise du jeune avant de sortir définitivement de l'université. Si le bac est synonyme d'avenir professionnel, le pèlerinage l'est tout autant.
La quête peut se dérouler d'Anastasia jusqu'à Célestia, tout est une question de chance lors du tirage au sort. Mon frère qui a étudié ici précédemment a eu beaucoup de chance car il devait seulement se rendre à Solar.
 
Arrivée dans mon dortoir, je me hâte de vérifier mon sac car déjà l'heure se pressais, j'entendais les pas rapides des autres dans les couloirs.
 
Les provisions, les grimoires et les parchemins magiques se jonchaient les uns aux autres.
Honnêtement j'avais très peur de cette épreuve alors je prenais le plus de choses qui auraient pu m'être utile. Lorsque mon frère était rentré à la maison il nous avait raconté des histoires qu'il avait vécues absolument terrifiantes, comme l'un de ses camarades qui s'était fait dévoré vivant par un vampire, où sa petite amie qui connu la tuberculose alors qu'elle allait à Fantasia.
Rien qu'en ayant cela en tête j'avais des frissons...
 
----------------------------
 
Professeur: Que ceux qui viennent d'arriver regardent leur classement sur l'estrade! Les autres vous pouvez commencer à partir! Bon voyage à vous et puisse le sort vous être favorable, du nerf!
 
T'ain que ça me gonfle cette histoire...
En plus je ne suis même pas sûr d'avoir emmené assez de bouffe avec moi pour ce merdier.
Il faudra que je fasse le plein en hémoglobine si je croise une nana assez canon.
 
Gorgeous: T'ain la poisse...
Marshall: Qu'est-ce qui t'arrive mon vieux? T'as pas l'air assez... satisfait de ton groupe?
Gorgeous *faisant un rictus*: Tu m'étonne! Y'a pas une seule gonzesse...
Marshall *riant à pleins poumons*: AH! C'est drôlement pas de chance!
 
Il me signe de la fermer, dissimulant son rictus: "Allez dégage avant que je te réduise en charpie". Je décide de me traîner à mon tour vers le classement en sifflotant joyeusement, avec une impatience non dissimulée de savoir avec qui j'allais me trouver.
Mais je m'arrête assez vite face à Asriel qui prenait toute sa place.
 
Marshall: Hé mec pousse-toi!
 
L'elfe aux muscles d'acier ne me débite pas un mot et se décale de quelques centimètres alors que je cherchais parmi les colonnes mon nom.
 
Kagura: Oh non...
Marshall: C'est pas vrai...
Kagura et Marshall: QU'EST-CE QUE TU FOUS DANS MON GROUPE TOI?!
 
Pitié seigneur Dieu que je ne suis pas prêt de prier, pourquoi m'avoir mis avec la pire des chiantes de cette école? Elle n'est même pas jolie cette face de gorgone!
C'est une vieille haine qui nous unies tous les deux depuis la primaire au moins, on ne se supporte pas et ce n'est pas prêt de changer.
Silencieusement, l'autre qui ne disait rien depuis tout à l'heure l'ouvre aussi.
 
Asriel: Je suis là aussi...
 
Okaaaay... Alors récapitulons, je suis avec un kassos et une une chieuse de première classe, j'ai vraiment le ponpon aujourd'hui, avec la chance que j'ai on est sûrs de partir pour Célestia.
 
Ewelein *soupirant*: Je suppose que je n'ai pas besoin de vous saluer à nouveau.
 
A trois maintenant nous, nous retournons face à Ewelein qui tirait une tête de déterrée, visiblement pas enchantée non plus de ce choix.
 
Marshall: Et ben comme ça au moins on est au complet dans la quatuor d'imbéciles, enfin le trio je veux dire.
Ewelein *jetant un regard noir*: Enfoiré. Crois-moi que sur le chemin je ne te ferais pas de cadeaux.
Kagura: Moi non plus.
Marshall: Allons bon! Les femmes se montent contre moi également! On aura tout vu!
 
Je me tourne vers Asriel qui me jette un regard éteint, me mettant vite le point qu'il ne sera pas de mon côté contre cette mutinerie.
La bookman lâcha à nouveau un long soupir et passa une main dans sa mèche avant d'aborder un sourire correcte vers ses nouveaux compagnons, dans un élan presque naturel elle nous tendit une main chaleureuse.
 
Ewelein: Puisque nous allons nous battre ensemble à partir de maintenant, autant refaire les présentation comme il se doit. Je suis enchantée de vous connaître, je suis Ewelein Ultear, bookman.
Asriel: Asriel Dreemur, elfe.
Kagura: Ravie aussi... Je suis Kagura Sôma, une hybride serpent.
Marshall: Un peu débile ton speech mais je joue le jeu, appelez moi Marshall et je suis un vampire.
 
Tout de suite les tensions se sont comme... Apaisées? On sentait un air nouveau qui nous unissait à présent, comme si nos précédentes relations avaient été effacées d'un coup de gomme, cette fois nous allions tout reprendre depuis le début et ce n'est pas plus mal remarque. Mais était-ce un changement notable du fait de ce voyage qui allait se présenter sous un angle totalement sombre?
La brunette d'ailleurs garda son sourire et s'adressa à Asriel.
 
Ewelein: Tu étais le premier arrivé non? Tu dois avoir la lettre de notre destination Asriel.
 
Toujours sans un mot, il en sortit une de son manteau, toujours cachetée par le sceau de l'académie. Il ne l'avait pas encore ouverte à notre plus grand soulagement.
Lorsqu'il lu, mon sang se glaça.
 
Asriel: Célestia. C'est marqué dessus.
 
Non, c'est carrément pas un mythe. J'ai vraiment une malchance de fou.
De touuuuus les pays de Black Rose il fallait qu'on aille JUSTEMENT dans celui qui est le plus loin bordel!
 
Kagura: Et bien au moins on verra du pays...
Marshall: Je suis vraiment un putain de maudit sérieux.
 
La bookman haussa les épaules et eu une voie claire et encourageante.
 
Ewelein: Et bien mes amis, mettons-nous en route pour ce pèlerinage! Si nous, nous serrons les coudes, je suis certaine que nous arriverons à de grandes choses.
Kagura: B...Bien sûr!
 
 
 
Ainsi débuta le dangereux et fabuleux voyage d'Ewelein, Marshall, Kagura et Asriel.
Aucun d'entre eux ne partage le même passé, le même destin, la même vision des choses.
Mais tous les quatre apprendront les liens forts que l'homme doit connaître durant sa vie.
L'amitié, l'amour, la haine, le désespoir, la peur...
Suivez leurs prochaines aventures dans ce monde fascinant qu'est...
 
 


Black Rose.
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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Mer 24 Fév - 21:18
--Chapitre 2--


-Solar-
 
 
 
Voilà cinq heures que nous avons quitté l'Arborh et arpentons les routes d'Anastasia moi, Marshall, Kagura et Asriel. Nous ne devons plus être loin de Solar, le pays des vampires.
Bien que le trajet que nous avons parcouru était long, surtout à pieds, nous sommes encore à milles lieux d'arriver à notre destination finale à Célestia. Nous songeons à acheter un véhicule adapté une fois arrivés à la frontière.
Je ferme mon livre en soupirant, le soleil se couche déjà mais il est presque absent derrière les épais nuages noirs visibles au-dessus de Solar à quelques kilomètres, les habitants doivent vivre dans la nuit du jour au lendemain, quelle tristesse...
 
Marshall *s'étirant*: Aaaah j'en ai ras la couenne! J'ai rien bu depuis ce matin et j'suis fatigué!
Ewelein: Toujours en train de te plaindre hein? *soupir* On arrive ne t'en fais pas, on trouvera une auberge et de quoi manger, c'est pas ce qui manque là-bas.
 
Asriel se rapprocha du vampire en sortant une dague de sa botte, lui exhibant la lame propre et brillante sous son nez peu rassuré. Nous commençons à nous habituer à son manque d'expression verbale qui compense tout à fait celle de son interlocuteur suceur de sang qui ne fait que l'ouvrir.
 
Marshall: Que j'aille chasser? Tu rigole? C'est du sang humain que je veux! Pas d'un vulgaire chevreuil!
Ewelein: Lorsqu'on sera à Glacia il faudra bien que tu trouve autre chose, c'est une désert de glace alors tu ferais mieux de t’habituer à autre chose dès maintenant.
 
L'elfe rangea son arme en haussant les épaules.
Kagura quand à elle marchait en tête, assez loin de nous, la tête pensante.
J'ai toujours eu du mal à la cerner, elle est timide certes, mais rien ni personne ne sait d'où elle vient, même la bande qui s'amusait à l'emmerder à l'académie n'avait rien trouvé dans les archives la concernant, tout ce qu'on sait d'elle est sa race d'hybride serpent.
Ne souhaitant pas la laisser à l'écart du groupe je m'avance à ses côtés, voyant son expression surprise.
On entendait Marshall raconter sa vie derrière au pauvre Asriel qui ne lui répondait jamais, évidemment.
 
Ewelein: Tu es fatiguée peut être non? Tu n'as rien dit depuis que l'on a quitté l'Arborh.
Kagura *détournant son regard*: Je...Je peux encore marcher, ce n'est pas un problème pour moi.
Ewelein: Très bien...
 
Un silence prenait place entre nous, enfin pas tout à fait, l'autre était toujours à l'arrière, il faisait un bruit de fond et même dans la plaine où nous marchions sur les graviers du chemin.
 
Kagura: Et toi?
Ewelein: Hum? Oh je commence à avoir la dalle en effet.
 
Confirmant mes dires, un vieux bruit de gargouillis bien immonde sortit de mon ventre, ce qui n'échappa pas à la commère de la bande qui s'arrêta illico pour éclater de rire.
La couleuvre se laissa prendre au jeu et dissimula derrière sa manche de poncho un rire discret.
Mais notre bonne humeur est vite écourtée car déjà le brouillard d'encre du pays des vampires nous enveloppaient un à un, nous toussions avec difficulté tandis que se formaient autour de nous dans la brume des silhouettes aux tons menaçants.
 
???: Qui va là étrangers? Que venez-vous faire à Solar?
Ewelein: Kof, kof... Nous sommes des étudiants pèlerins d'Anastasia, nous devons passer par chez vous pour continuer notre voyage.
???: Des pèlerins hein? Nous devons vérifier quelques trucs avant...
 
Dès que l'homme se tut, les silhouettes s'estompèrent mais une curieuse sensation nous venait sur la peau.
L'impression désagréable de se faire fouiller...
Asriel fut le premier à réagir dans son silence, attrapant une main invisible derrière lui pour le plaquer au sol avec sa force de titan. Aussitôt le sortilège se stoppa et nous voyions un vampire à l'allure misérable qui gémissait de douleur sur le gravier. Près de nous d'autres de son espèce tout aussi maigres étaient pris en flagrant délit, en train de chercher des objets de valeur sur nous.
 
Vampire: OuAiiiiiieuh!! Mais arrête t'ain tu fais mal!!
Marshall: Couché Asriel, ils sont pas méchants ils voulaient juste nous voler des trucs.
Kagura: Je les aient pris pour des gardes-frontières...
 
Le blondinet relâcha sous la demande de son ami, le garçon à l'allure maigrelette recula de plusieurs mètres avec ses compagnons et abhorra d'un regard de chien de faïence avec chacun de nous.
 
Vampire: On fait à moitié les gardes-frontières ouais... On vérifiait aussi que vous ne portiez pas d'objets dédiés à l'exorcisme où d'autres conneries qu'utiliseraient les chiens de Mathaël pour se débarrasser des vampires à Solar...
 
Nous comprîmes vite qu'il se méfiait surtout d'Asriel et de moi qui appartenons à des espèces sois-disant "pures" servants à combattre aux côtés de l'empereur du bien.
 
Marshall: Sans blagues! Et c'était une raison pour me fouiller aussi peut être?
Vampire *méfiant*: Tous se laissent corrompre, même les vampires...
 
Un autre silence, bien plus gênant meubla la plaine devenue noire de suie.
Notre vampire personnel soupira, levant les yeux au ciel.
 
Marshall: Allez rendez-vous un peu utiles pour commencer. Indiquez-nous l'auberge la plus proche.
Vampire *pouffant*: Tss... Et qu'est-ce qu'on y gagne?
Marshall: Un bon repas payé de notre poche?
Vampire: Ok les gars suivez-nous.
 
Les petits maigrichons se levèrent droits comme des piquets, marchants au pas de course, motivés par l'appel de la nourriture où plutôt du sang que leur a proposé le brun.
Je murmure à son oreille pointue.
 
Ewelein: J'ignorais que tu avais des qualités de marchandeur...
Marshall: Ah! Qu'est-ce que tu crois? Je connais ces petits gars, j'en était moi-même un quand j'avais leur âge, mendiant dans les ruelles de Solar...
 
Je m'arrête un instant alors que celui-ci accéléra sa course, allant vers ses nouveaux petits amis avec qui il avait sympathisé. De dos je le voyais les taquiner avec son sourire ravageur, un sourire malicieux préparateur d'emmerdes, mais aussi redoutable avec les filles de l'académie.
Je l'avais toujours pris pour un type qui ne pensait qu'à sa pomme et à accumuler les conquête, ce qui est vrai dans un sens. Mais cette petite phrase qu'il venait de me dire, cette confession qu'il m'a faite en l'espace de quelques secondes a ruiné en moi sa réputation de plusieurs années à l'Arborh...
Comme quoi l'expression "ne pas se fier aux apparences" est criante de vérités. Et les autres ont-ils autre chose dans leur coeur comme lui? Asriel qui ne parle quasiment pas et Kagura qui ne donne jamais d'infos sur elle-même.
Mon coeur se resserrait sur lui-même.
 
------------------------------
 
Vampire: Voilà, on peux manger et dormir ici.
Marshall: C'est pas mal pour une nuit! Merci gamin!
Vampire: Tu vas remplir ta part du marché j'espère.
Marshall *levant ses mains en l'air*: Je n'ai qu'une parole quand ça concerne la survie.
 
Nous avions suivi les enfants vampires depuis la frontière, ils nous ont rapidement emmené à la ville puis à une auberge. Pressés d'en finir, ils nous conduisîmes vite à l'étage de restauration.
Une fois installés, nous laissions échapper un soupir de fatigue, nous pouvions enfin nous reposer, nos pieds étaient engourdis par cette randonnée.
Nous pouvions limite dormir sur nos chaises mais l'aubergiste nous interrompit.
 
Aubergiste: Ah non! Pas de ces garnements dans mes cuisines!
Vampire: Désolé le vieux mais cette fois on se fait payer!
Marshall: On les tiens à l'oeil vous en faites pas.
 
Le vieux vampire fit claquer sa langue et préféra plutôt s'adresser à nous que ceux de son espèce.
 
Aubergiste: Qu'est-ce qui vous ferait plaisir?
Ewelein: Je vais vous prendre une salade complète avec un supplément de viande.
Aubergiste: Je vous met le coulis de sang qui va avec?
Ewelein *dégoûtée*: Non merci...
 
Il se tourna ensuite vers la couleuvre et l'elfe qui pointa du doigt le menu du jour sur l'ardoise d'en face.
 
Aubergiste: Le cerf aux champignons, et pour la demoiselle?
Kagura: Euh... J...Je ne vais rien prendre merci!
Aubergiste: Vous êtes sûre? Vous n'avez pas l'air d'être du coin, vous avez sûrement fait de la route!
Kagura: Oui, oui! Mais franchement je n'ai pas faim!
Marshall: Et pour nous, vous nous servez trois bouteilles de sang frais avec de la viande!!
 
L'homme haussa les épaules et reparti en cuisines.
Inquiète quand à moi, je m'entretiens à nouveau avec l'hybride.
 
Ewelein: Il a raison, nous avons du chemin tu dois vraiment être affamée non?
Kagura *balbutiant*: Je mangerais plus tard! Là tout de suite je n'en ai pas envie!
 
Elle fait peut être un régime, pourtant elle est très bien comme elle est.
Encore un truc de fille de que je ne peux pourtant comprendre à mon avis.
J'en profite pour engager la conversation entre nous trois tandis que Marshall reste du côté des enfants.
 
Ewelein: Alors, qu'est-ce vous attendez le plus lors de notre voyage? Revoir vos familles? Découvrir de nouvelles choses et de nouveaux lieux? Rencontrer des personnes intéressantes?
Kagura: Personnellement je n'ai pas d'envies particulières, mais la simple optique de partir à l'aventure me rend déjà très heureuse!
 
Un nouveau sourire si inconnu sur son visage refit surface. Elle est vraiment très belle quand elle sourit, c'est vraiment dommage qu'elle ne le fasse pas plus souvent, je suis sûre que si en plus de cela on arrange ses cheveux en bataille et nous la maquillons elle aura quelques soupirants à l'Arborh.
L'elfe qui ne disait rien jusque là se confessa un peu, alors que ses yeux bleus se noyait dans son verre dont il s'amusait à faire tourner.
 
Asriel: Je veux revoir ma sœur, à Gakui.
Ewelein: Moi aussi il faudra que je passe voir mes parents et mon frère à Siloure...
 
Une nostalgie s'empara de moi, cela faisait un moment que je n'étais pas rentré à la maison depuis mon arrivée à l'Arborh, combien d'années ça me fait maintenant? J'ai quitté le bercail à dix ans je crois... Et aujourd'hui j'en ai vingt-six, ouais seize ans ça commence à faire long.
Soudain je me rend compte de quelque chose qui m'a échappé à l'instant.
 
Ewelein: Asriel? Je ne rêve pas tu viens de parler?
Asriel: ...
Ewelein: Ah je t'ai coupé excuse moi, tu dois être un peu vexé...
 
Il ne me répondit pas, préférant plutôt laisser son regard vers les cuisines, guettant l'arrivée des plats qu'il commença à juger long d'après son froncement de sourcils.
Bien que ce soit un elfe, qui sont des symboles de la grâce, la beauté et la sensibilité, il semble être une exception à la règle par son attitude froide et ses instincts de chasseur, il me fait penser à un gros nounours.
Sans que je m'en rende compte, je me suis mise à pouffer comme une enfant, l'imaginant déguisé en mascotte ourson qui joue avec les enfants lors des fêtes.
Mais voilà l'aubergiste qui arrive, les bras pleins. Voyant la viande et les bouteilles arriver, le clan de vampires à table hurlaient comme des bêtes.
 
Vampires: MANGEEEEEEEEER!!!
 
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Nous avions fait littéralement une razzia sur les plats, surtout les enfants qui n'ont pas du manger depuis un moment à voir leur figures blafardes. Remerciant un bon milliers de fois leur "maître", ils étaient repartis comme ils étaient venus, nous laissant seuls et crevés.
L'aubergiste se frottait les mains sur son tablier puis regarda dans son tableau de clefs des chambres encore libres.
 
Aubergiste: Une chance que vous étiez avec eux sinon je les auraient chassés à coups de casserole.
Ewelein: Ils vous volent de la nourriture?
Aubergiste: Et pas qu'à moi! Les autres commerçants de Solar font bien attention à ces petits loubards, vous savez c'est un pays pauvre malgré les apparences... Il n'y a que quelques nobles à la capitale qui servent le roi Dracula et c'est tout.
Marshall: Tu m'étonne! Ils n'en ont rien à cirer de la misère à leurs pieds...
 
Le vieux vampire se tut, jetant un regard interrogateur au dernier qui venait de prendre la parole. Mais il comprit assez vite qu'il devait être par le passé un gamin comme eux auparavant, pour relâcher les tensions il laisse échapper de ses lèvres:
 
Aubergiste: ...Ils ne sont pas méchants ces gosses, il n'ont pas eu de chance c'est tout. *toussant dans son poing* Enfin bref! Je vous donne des chambres individuelles où vous marchez à la polygamie?
Marshall: Mettez-moi avec les deux gonzesses, et si vous connaissez quelques bordels pas chers dans le coin écrivez l'adresse pour moi.
Ewelein et Kagura: NON!!
 
Nous lui assénons de deux puissants kick dans le cou, abattu, il se tourna vers Asriel qui lui fit comprendre de façon très explicite qu'il serait plus violent s'il renouvelait son offre. Avec sa dague.
Nous optons finalement pour des chambres individuelles, nous, nous tournions chacun de notre côté après avoir échangé nos vœux de bonne nuit.
L'auberge ne payait pas de mine, nous le savions de l'extérieur et au niveau des plats qui furent relativement simples, mais la chambre dégageait une atmosphère relaxante dans cette déco entièrement faite de bois, un feu de cheminée discret crépitait et les draps étaient bien rembourrés.
Sûrement était-ce aussi la fatigue qui me poussait à m'écrouler sur le lit, mais d'abord un bon bain s'imposait par cette présence désagréable de transpiration...
 
Je m'étais endormie un moment, le visage à moitié plongé dans l'eau, songeant à ce voyage, mais surtout aux derniers mots de monsieur Pandore à l'Arborh.
"Choisir ma voie", cette prise de conscience fit ouvrir mes yeux sur le plafond en carrelage de cette petite salle de bains. Le bien où le mal? Je pense très sincèrement à rejoindre les rangs de la lumière, le chemin de l'obscurité n'est pas fait pour moi...
Mais ma réflexion s'arrêta là, dehors j'entendais des rires très forts, non pas que je n'aime pas la joie et la bonne humeur mais j'allais bientôt me coucher...
J'enfilait une robe de chambre à la hâte et me pencha à ma fenêtre, découvrant, surprise Marshall en train de jouer au ballon avec les gamins de tout à l'heure. Il me remarqua, bloquant le ballon sous son pied.
 
Marshall *ironique*: Et ben alors? On ne dors pas encore à cette heure-ci?
Ewelein *esquissant un sourire*: Je peux en dire autant à ton sujet.
 
Il laissa son sourire taquin en pouffant, les gamins quand à eux commençaient à bailler et reprirent leur vieux ballon.
 
Vampire: A demain maître Murdoc! Au revoir mademoiselle!
 
Cette fois ils étaient partis pour de bon, courant dans les ruelles. Je restais à ma fenêtre, sentant le vent frais du soir sur ma nuque nue, mon interlocuteur ne frissonna même pas, gardant son regard au loin dans la direction où s'étaient enfuis les enfants. Je décide de briser la glace.
 
Ewelein: Alors? Comment ça se fait que toi, jeune enfant vampire des bas-fonds de Solar comme eux à fini à l'Arborh avec une réputation de comte?
Marshall: Oh pitié, ne me fait pas croire que tu y a cru à ce mensonge?
Ewelein: Un bon paquet de tes admiratrices seraient bien déçues de la vérité...
 
A nouveau, il en rigola, ses yeux couleur rubis vissés au sol. Il s'assied sur une poubelle, s'adossant contre le mur d'un immeuble.
 
Marshall: Comme la plupart des vampires à Solar, nous étions chassés moi et mes parents par les exorcistes de Mathaël qui rôdaient autour du pays, ils faisaient gaffe à ne pas se faire prendre par Dracula. Un jour, ces chiens ont réussi à buter mon père alors ma mère a travaillé dur pour m'élever dans la pauvreté, mais ça n'a pas suffit, ils l'on attrapé aussi quelques années plus tard, j'étais le dernier de la famille. Je devais avoir leur âge, dans ces ruelles sombres et puantes à chercher de quoi manger et boire. C'est la découverte de l'Arborh qui m'a sauvé, je n'avais pas d'argent et je n'étais jamais allé à l'école mais j'ai marché durant des jours pour atteindre Anastasia, le directeur a tellement été ému qu'il m'a permit d'y entrer sans soucis, j'en dois une à monsieur Pandore pour m'avoir permis de vivre encore aujourd'hui...
 
Il se tut. Je me sentais bien conne a toujours avoir eu une opinion aussi dégueulasse de lui auparavant.
Je l'ai toujours pris pour un lady's man qui passait son temps à embêter son monde, mais je n'ai jamais remarqué le travailleur acharné qu'il était, oh oui...
Je me rappelle au début lorsqu'il venait d'être inscrit, c'était un nouvel élève parmi tant d'autres mais il faisait beaucoup de peine à voir, maigrichon avec les cheveux noirs qui lui tombaient dans les yeux. Il était loin de l'image du bad boy qu'il entretient aujourd'hui, c'était un petit squelette qui ne parlait à personne et qui passait son temps derrière les livres à apprendre à lire et à écrire tandis que les autres élèves connaissaient déjà leurs formules magiques par coeur et pouvaient invoquer divers familiers.
Petite, je me souvenais l'avoir vu à plusieurs reprises à la bibliothèque de l'école, endormi sur ses notes après avoir étudié toute la nuit.
Il remarqua mon expression attristée, balançant sa mèche en arrière tout en continuant d'abhorrer son sourire en coin.
 
Marshall: Mais qu'est-ce qu'on s'en fout maintenant? Mes parents m'ont interdit de mourir avant d'avoir accompli mes rêves, respecter la parole des morts c'est sacré alors je ne vais pas rester à me morfondre sur le passé et courir vers le futur!
Ewelein: Oui...
 
Il se leva puis fit un bond énorme, atterrissant à ma fenêtre dans je m'étais reculé, surprise. Les mains dans les poches, il resta accroupi.
 
Marshall: J'ai paumé ma clef, je peux passer par ta porte communicante? Je suis fatigué maintenant...
Ewelein *ouvrant la porte*: Allez file!
 
D'un pas lent, il passa et m'adressa une dernière parole avant d'aller dormir.
D'un sourire non malicieux cette fois, c'était un sourire apaisé qu'il me fit.
 
Marshall: Merci de m'avoir écouté.
 
----------------------------------
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Marshall: Non... Pou...Pourquoi?!
 
Ce matin nous, nous étions levés, déterminés à repartir de Solar pour nous rendre à Méphisto.
Mais une terrible découverte nous avait réveillé d'un seul coup, Marshall le premier...
A genoux, en pleurs, l'aubergiste tenait dans ses bras les restes de cadavres des enfants d'hier.
Le pauvre homme les serrait contre lui, ces morceaux de corps qui se sont fait déchiqueter par-je-ne-sais-quoi durant cette nuit...
 
Ewelein *effrayée*: Mon dieu...
 
Kagura était tout aussi abasourdie devant le choc. Les membres avaient été grossièrement dévorés, ils étaient si mutilés qu'on ne reconnaissait même plus leurs visages, la créature qui s'en est pris à eux ne les a même pas croqué en entier, juste, ils les as laissé ainsi en les tuant de plusieurs hémorragies.
 
Aubergiste *en pleurs*: Je les aient trouvé ce matin derrière... A quelques rues plus loin...
Ewelein: Ce n'était que des enfants...
 
Derrière, Marshall serrait les poings et les canines, furieux après ce massacre.
Dire qu'il jouait avec eux il y a quelques heures, dans ces mêmes ruelles.
Asriel se pencha pour inspecter les corps, sniffant leur odeur et celle du sang, il fronça les sourcils face à son incompréhension.
 
Asriel: Ce n'est pas une bête, ni l'odeur et la méthode de tuerie des autres races, c'est l'oeuvre d'une créature inconnue...
Kagura: Et ce truc rôde à Solar...?
Ewelein: Nous ferions mieux de partir et vite. Monsieur je suis désolée...
 
L'aubergiste leva les yeux du petit qu'il tenait vers mes pupilles orangées, la figure emplie de désespoir le plus total. Ces enfants étaient pour lui des amis, il s'était attaché à eux depuis les années, il les a vu naître et grandir, tout cela pour finir tués comme des gibiers par un monstre d'on on ne connaît même pas la race.
Marshall qui tentait de cacher ses quelques larmes sous sa mèches s'accroupi devant le vieux vampire, posant sa main sur son épaule, il releva la tête vers lui, fixant ses yeux couleur de sang les siennes.
 
Marshall: Nous devons partir... Mais je vous promet, je vous le jure...! Que si nous croisons cette saloperie à nouveau... Je la BUTERAI!! Je vous le jure!!
 
Aubergiste: Fais ce que bon te semble mon petit...
 
Un silence s'écoula, Asriel ramassa les bagages sans un bruit pour ne pas brusquer l'ambiance.
 
Aubergiste: ...Je vais les porter à la morgue.
 
L'homme se leva, tenant les trois cadavres, d'un pas lourd il quitta son auberge sans un bruit alors que nous restions à la salle de réception, silencieux.
Asriel passa une main sur le crâne de Marshall, lui faisant comprendre qu'il en était désolé et que malheureusement ce genre de chose arrivait quotidiennement à Black Rose.
 
Asriel: Nous devons partir à Méphisto.
Marshall *essuyant ses larmes*: Ouais...
 
Nous n'avions pas eu le temps de trouver un véhicule, ce sera encore un trajet à pieds jusqu'au pays des succubes et incubes...
Le ciel si sombre de Solar accompagnaient nos cœurs ce matin. Nous avions un arrière goût de ce voyage alors que nous venions à peine de passer le premier pays de notre chemin jusqu'à Célestia.
Oui, le pèlerinage est à prendre au sérieux, nous pouvons y laisser nos vies.
Où voir celle des autres partir en premier...
 
 
 
Quittant le dangereux et maudit pays de Solar, nos quatre protagonistes se dirigent vers Méphisto, terre de mirages habité par les démons de la nuit, succubes et incubes...
C'est au cours de cette première traversée qu'ils se rendirent compte qu'il ne s'agissait pas que d'une simple quête à travers Black Rose.

C'était un parcours contre la montre en Enfer et au Paradis, ils étaient des vagabonds cherchant à survivre dans leurs malheurs....
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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Mer 24 Fév - 21:20
--Chapitre 3--
 
 
-Méphisto-
 
 
 
Marshall *méfiant*: J'ai déjà envie de me barrer d'ici...
Ewelein: Parle moins fort idiot, ne reste pas à les observer ainsi...
 
Nous y voilà.
Méphisto, pays des incubes et succubes. Nous étions au taquet, méfiants face à ces nombreux visages souriants, trop souriants même...
Ces types sont des démons de la luxure, approchant leurs proies par de viles paroles. A plusieurs reprises l'Arborh connu des problèmes par certains de ses étudiants qui étaient de cette race.
A chaque rues que nous parcourions en ville, nous avions la vision effrayante de chaque visage qui se tourne en notre direction par leurs immenses sourires. Kagura frissonna, peu rassurée, elle rajusta son châle devant sa poitrine tout en gardant ses yeux alertes.
 
Kagura: Ils me font peur... On dirait qu'ils vont nous sauter dessus en meute au premier moment.
Marshall: T'inquiète ça risque pas avec toi, vu ta tête de gorgone.
 
La couleuvre était de nouveau partie pour une dispute avec notre vampire, mais je riait à cette remarque. Elle était certainement vexante mais je savais qu'il lui avait lancé cette boutade pour ne pas qu'elle continue à sa sentir effrayée. Il préférait la voir en colère plutôt que craintive, et je le comprend.
Asriel quand à lui, ne quittait pas sa dague de la main et plissait les yeux de méfiance vers ces passants aux regards lubriques. Lui aussi était prêt à dégainer à la moindre attaque.
 
Passant: Bien le bonjour jeunes gens, vous devez être fatigués par votre voyage, je vous offre mon hospitalité si vous le consentez...
Marshall: Dégage de là tocard.
 
Marshall ne disait rien, contrairement aux habitudes, lui aussi était préoccupé par cette foule.
 
Ewelein: Tiens, ça m'étonne que tu ne te laisse pas embarquer par de belles succubes.
Marshall *arquant un sourcil*: Tu me crois prévisible à ce point?
Kagura: Absolument.
Marshall: Oh toi je t'ai rien demandé Sévipère!
 
Nouvelle dispute à nouveau. Je commence vraiment à me dire que monsieur Pandore a fait exprès de les mettre dans le même groupe rien que pour le plaisir de voir ces spectacles.
La couleuvre jeta de nouveaux regards inquiets autour d'elle, resserra encore plus son châle de ses petites mains écailleuses, se colla encore plus à nous.
M'approchant doucement d'elle, je lui prend finalement la main sous ses yeux jaunes surpris, je lui offre un sourire chaleureux.
 
Ewelein: Nous sommes là.
 
Doucement, elle reprit sa quiétude et baissa les yeux, timide mais néanmoins heureuse de cette attention que je lui porte. J'avais l'air d'une grande sœur qui rassurait sa benjamine.
Cette sensation ne m'est pas arrivé depuis longtemps, depuis que je suis partie de la maison. Mais je me souviendrais toujours de la main tout aussi chaude de mon frère...
Sans que je m'en rende compte, Marshall nous observait à la fois curieux et malicieux, nous fixant de haut en bas. Je m'attend à une réflexion idiote.
 
Marshall: Je ne savais pas que c'était officiel entre vous deux...
Ewelein *soupirant*: Abruti. Tu n'a jamais su ce qu'étais de la "fraternité"?
Marshall: J'en sais rien j'ai toujours été fils unique moi.
Ewelein: Abruti...
 
L'elfe décocha pour une fois ses yeux des incubes pour les poster vers nous. De sa voix si absente en temps normale, il nous prévient.
 
Asriel: Par ici.
 
Et sans que nous ne lui répondions un mot, il nous entraîna à trois à la ruelle de droite avec précipitation. Je m'apprêtais à lui demander la raison de ceci mais je découvrit à l'arrière un groupe de succubes et incubes qui allaient de bon train vers notre direction, gardant leurs sourires de joker.
 
Ewelein: Et merde... On est suivis...
Kagura: Non c'est pas vrai?! On va se faire violer pas vrai?
Marshall *méfiant*: Alors ça, ça ne risque pas de se faire, c'est moi le dominant pas l'inverse...
 
L'elfe mis un point à notre courte conversation, s'engageant à nouveau dans une ruelle, il posa sa main sur sa grosse épée/hache et fit volte-face à ses adversaires qui ne s'attendaient pas au début à ce que nous allions nous enfuir.
Les démons échangèrent un regard commun, ils s'élancèrent sur le blondinet qui les repoussa comme des fétus de paille avec son arme, même pas encore sortie du fourreau.
 
Asriel: Qu'est-ce que vous attendez?
 
Sans en attendre plus, nous, nous levons prêts à en découdre.
J'ouvre mon livre, libérant ma magie, il flotte en face de moi et mes mains sont chargées en sortilèges. Tous mes pouvoirs sont tirés de mon ouvrage du coeur, comme la plupart des bookmans, cet organe est vraiment vital pour nous.
Aussitôt l'incube qui était en face de moi se détruisit, il tire sa magie de l'ombre, à tous moments il pouvait me tomber dessus simplemenà tous moments il pouvait me tomber dessus simplement en se cachant dans le crépuscule du lieu.
Comme je l'avais prévu, il sortit de ma propre ombre derrière moi, fondant sur moi toutes griffes sorties. Rapidement, j'invoque de mon livre un sort de foudre le mettant aussitôt au tapis loin derrière.
 
Marshall: Ouah je suis impressionné l'intello!
Ewelein *fière*: Ils utilisent des sorts obscurs, la foudre provient de la lumière alors c'est très efficace!
Marshall: Ouais c'est ce que j'ai dit, t'as bien révisé tes cours...
 
Un autre s'accrocha au vampire qui stoppa sa courte conversation avec moi pour flanquer un coup de coude assez brutal dans les côtes de son adversaire.
Avec Asriel qui les repoussait tous un par un avec une facilité déconcertante, nous, nous en sortions relativement bien. Je profitais d'un instant de liberté pour jeter un coup d’œil vers Kagura.
L'hybride semblait vraiment perdue et tremblait dans son coin devant les démons qui se léchaient les babines, pensant avoir affaire à une petite brebis fragile dans ce groupe.
Mal m'y est pris, d'un simple sifflement de langue fourchue, elle se recroquevilla de peur alors que ses cheveux s'étaient changés en vipères s'allongeant vers les incubes, menaçantes et sifflantes.
Abattus, ils décidèrent d'abandonner pour aujourd'hui et se retirèrent dans leurs ombres, honteux.
 
Kagura: Ils... Ils sont partis?
Ewelein: On dirait, mais pour combien de temps? Ces types-là ne reculent pas si facilement.
 
La couleuvre soupira doucement de soulagement, une main posée sur sa poitrine tandis que ses serpents se calmèrent et se transformèrent de nouveau en mèches de cheveu.
 
Marshall: Il m'a pas raté l'autre, cet enfoiré m'a mordu et c'est moi qui mord les autres bordel!
Ewelein: Les morsures de succubes sont tout aussi néfastes que celles des vampires, elles empoisonnent le sang de la victime et la fait rentrer dans un état végétatif qui le fait souffrir de longues heures...
Marshall: Je vais crever?!
Ewelein: Crétin, tu es un vampire, tu maîtrise la guérison automatique non?
Marshall: Ah ouais...
 
Je soupirais épuisée tandis que celui-ci attendait patiemment que sa peau et ses muscles se reforment. Asriel leva les yeux au ciel, les plissant doucement il se mit de nouveau en garde face à une ombre d'homme suspendue en haut du bâtiment. Une autre attaque? Non, celui-ci nous observait sans un geste gardant juste un sourire taquin sur ses lèvres. Il se mit accroupi et nous adressa la parole.
 
???: Baisse ton épée blondinet, je suis peut-être de la même race que ces pleutres mais je choisi mes esclaves sexuels avec soin...
Asriel: Que voulez-vous?
???: Moi? Oh rien de spécial je suis juste de passage dans mon pays d'origine, par contre je pense que vous avez du souci à vous faire.
Ewelein: Que voulez-vous dire?
 
L'incube prit son élan et atterri au sol en face de nous. C'était un homme aux longs cheveux noirs et aux muscles alléchants, habillé de manière assez provocante et décoré de piercings sur la figure, il était d'ailleurs aussi beau qu'une peinture mais sa race nous laissais méfiants.
D'un air détaché et joueur, il nous reluqua chacun d'entre nous de la tête aux pieds.
 
???: Je veux dire par là que vous feriez mieux de quitter Méphisto au plus vite, les rumeurs se propagent rapidement ici, en quelques heures tout le monde sera au courant qu'un groupe d'étrangers est ici.
Ewelein: On ne comptait pas s'éterniser, mais nous vous remercions de votre mise en garde.
???: Ce fut un plaisir...
 
Aussitôt le grand brun se pencha pour me prendre la main, déposant un baiser sous les yeux des autres qui tiraient une tête de six pieds de long. L'incube s'en amusa, admirant leurs figures alors que je restais tétanisée. Faisant une élégante courbette aux autres, il disparut dans sa propre obscurité.
 
???: Prenez garde aux ombres de Méphisto...
 
De nouveau, nous étions seuls et ayant le souffle coupé.
 
Ewelein: ...
Asriel: ...
Kagura: ...
Marshall: ...C'était qui ce mec?
 
-------------------------------
 
???: C'est nouveau que tu vienne en aide à des étrangers, tu comptes les garder pour ce soir?
??? *souriant de toutes ces dents*: Comment peux-tu être autant sur la défensive? J'ai bien le droit de jouer au gentil non?
 
Une femme magnifique aux longs cheveux blancs, contrastant avec ceux couleur ébène de l'incube croisa les bras de mécontentement. Du haut des bâtiments, ils surveillaient le groupe.
 
???: Ryuki, Gabriel nous as donné une mission alors tâche de ne pas t'amuser à droite et à gauche.
Ryuki: Absolument ma belle Mahodja! Nous devrions continuer d'ailleurs.
Mahodja: Travailler avec toi peux vraiment être éprouvant...
 
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Marshall: Vous êtes sérieux là?! Pour deux-cent pièces d'or vous ne voulez pas me céder votre rafiot?
Vendeur: Non je ne bougerais pas mon prix, c'est deux-cent trente-deux où rien.
Marshall: Pour quelques pièces de différence vous pouvez bien faire un effort! Personne ne vient acheter chez vous de toute manière qu'est-ce que vous avez à perdre?!
 
Après notre petite altercation, nous avions profité de notre arrivée dans le quartier commerçant de la citadelle pour acheter un véhicule histoire de ne plus continuer le voyage à pieds et se faire des ampoules à tous les kilomètres. Coup de bol un magasin se présentait à nous, hélas les compétences de marchandeur de notre vampire national ne semblaient pas faire des ravages auprès du vendeur malgré toutes nos économies d'étudiants que nous avions mis en commun pour cet achat.
En dehors de la boutique, Asriel, Kagura et moi attendions, fatigués et agacés.
 
Kagura: Vous croyez qu'il en a encore pour longtemps?
Ewelein: Il commence à menacer le vendeur, on risque de carrément se faire embarquer par les autorités...
Kagura *avalant sa salive*: Oh...
 
Le soir se fait sentir, la couleuvre tressaille doucement sous son maigre châle, je sort de ma sacoche un paquet de cigarette en lui en tendant une.
 
Kagura: Oulà non merci! Je ne fume pas.
Ewelein: Comme tu voudras, Asriel tu en veux une?
 
L'elfe qui était concentré sur les visages souriants des passants tourna la tête vers mon offre et la prit sans un mot, l'allumant avec son propre briquet.
 
Asriel: Merci.
 
Je lui sourit en réponse puis allume la mienne par la suite. Nous avons juste le temps de quelques secondes que nous entendions le pas énervé de Marshall qui se dirigeait vers la sortie, ouvrant la porte violemment, ses pupilles rubis se posèrent sur mon paquet et en prit une sur le coup.
 
Marshall *parlant, la clope entre ses lèvres*: Quel pays de radins, on est pas prêts de décoller d'ici sans un truc avec des roues c'est moi qui vous le dis!
Ewelein: Dis pas merci surtout pour ma clope...
 
Le brun me tira la langue en guise de réponse et alluma la sienne, après quelques expirations il se calma.
 
Ewelein: Au pire ce n'est pas le plus urgent pour le moment, nous prendrons le train pour Opale.
Marshall: Opale?
Ewelein: Lorsque nous quitterons Méphisto nous auront terminé le continent de Rubis, la prochaine étape c'est celui d'Opale où nous arriverons directement à Opaline.
Marshall: Nous avons déjà fait un peu de chemin depuis Anastasia...
 
Nous ne disions rien de plus, Kagura qui était la seule à ne pas avoir de cigarette entre les doigts laissa sa curiosité prendre le dessus et de manière surprenante ce fut Asriel qui lui répondit.
 
Kagura: Dites, Rubis c'est le continent le plus dangereux non? Et on viens de le passer alors doit-on encore craindre les autres pays?
Asriel: Partout à Black Rose règne le danger Kagura, Cristal est peut être le plus sûr mais il ne faut pas oublier les autres contrées. Parta où règnent les maras, Mila terre des loups-garous, Sasori la forteresse de ténèbres, Glacia le désert gelé, Mistila la jungle mortelle, Hearté habité par les anges déchus mais surtout...
 
L'elfe eut un temps d'arrêt très significatif, intrigués nous tournions la tête en sa direction, la sienne nous évitait.
 
Asriel: Finalo, contrée des dragons où a lieu en ce moment la guerre entre eux et les sorciers...
Marshall: Mais ça doit faire des décennies qu'elle est là! Forcément qu'elle est finie la guerre! Et puis le vieux Pandore nous aurait jamais envoyé dans un pays en guerre!
Ewelein: Oh ça il ne vaux mieux pas trop compter sur lui Marshall! Si Monsieur Pandore estime que nous sommes capable de traverser une guerre alors il nous enverra au front.
 
Un débat avait lieu entre nous trois, la verte qui voulait juste une information était bien embêtée dans son coin d'avoir causé ce déluge de conversations.
Timidement elle prit le risque de se faire entendre.
 
Kagura: Euh... C'est quoi cette guerre?
 
Estomaqués de voir que l'hybride ignorait ce sujet, nous, nous taisons sur le coup.
 
Ewelein: Kagura...
Kagura *embarrassée*: J...Je suis désolé c'était idiot! Faites comme si je n'avais rien dis...
Ewelein *soupirant*: C'était une bataille énorme confrontant les dragons avec les sorciers, elle fut si meurtrière qu'on raconte même que l'empereur Gabriel s'y est mêlé pour prêter main forte aux sorciers et ça a plutôt bien marché car aujourd'hui les dragons ont pratiquement tous été exterminés...
Kagura *effrayée*: Les dragons sont tous morts?!
Ewelein: Il doit y avoir des survivants, j'en suis sûre mais autrefois ils étaient tout aussi nombreux que les autres races, aujourd'hui on n'en entend plus parler.
 
Un grand silence se fit place entre nous.
Pour la seconde fois nous, nous rendions compte à nouveau de la dangerosité du pèlerinage, d'abord le mystérieux meurtre de ces enfants vampires puis la découverte des autres pays encore plus dangereux. Je jette ma clope au sol et l'écrase sous ma botte, je prend un grande inspiration en observant le soleil qui se couche à l'horizon.
 
Ewelein: Bon, on fait quoi maintenant?
Marshall: Tu l'as proposé toi-même non? Prendre le prochain train pour Opaline, la gare n'est pas loin en plus.
Ewelein: Je ne sais pas... J'aimerais acheter quelques grimoires avant.
Marshall: J'ai eu la pensée idiote que tu aille acheter de vrais vêtements, en tant que "fille" tu devrais plus te préoccuper de ce genre d'achats...
Ewelein: En tout cas vu le temps que tu met tout les matins à travailler ta coupe de cheveux on peux aussi en parler de ton orientation...
 
Une seconde fois il me tire la langue.
 
Marshall: Pourquoi tu n'irais pas avec Kagura? Entre nanas?
 
Je tourne la tête vers la couleuvre qui s'est retrouvée surprise de cette proposition.
 
Ewelein: Est-ce que ça te dit?
Kagura: Bien sûr!
 
D'un accord commun, nous laissions donc les garçons, nous dirigeant vers les autres boutiques plus loin.
 
Marshall: Bon... On fait quoi nous Asri? On se boit une bière en attendant?
Asriel: ...
 
----------------------------------
 
Je parcourais les étagères garnies de livres, Kagura était à l'entrée, les mains derrière le dos et les yeux explorateurs dans la boutique. Peut être qu'elle n'aime pas lire.
 
Ewelein: Excusez-moi, pouvez-vous me conseiller pour les parchemins de sortilèges?
 
Le vendeur descendit de son échelle à bibliothèque et disparut dans l'arrière boutique pour revenir les bras chargés de rouleaux, les déposant sur le comptoir. La couleuvre et moi-même nous approchons.
 
Vendeur: Dernièrement les sorts de ténèbres sont très en vogue mais je les fait payer cent pièces d'or. Je peux vous recommander en revanche le Spiritum, il est moins cher et il provient de la magie des banshees.
Ewelein *réfléchissant*: Je ne compte pas utiliser de la magie noire, vous auriez quelque chose utilisant le vent, l'eau par exemple? l'Aqua Regina m'a l'air pas mal, je peux le lire?
Vendeur: Je vous en prie...
 
Je déroulait le parchemin et le lisait avec grande attention. Etant une bookman, ma capacité a assimiler les sortilèges et décrypter le savoir est très facile, je recherchais des sorts plus puissants qui conviendrait à mon niveau mais rien de bien innovant ne ressortait de Méphisto, je ferais un tour à la grande bibliothèque de Siloure et celle de Célestia, je pourrais enfin renouveler mes connaissances à sa juste valeur.
Kagura s'approcha de moi et lu quelques phrases du papier.
 
Kagura: Je ne comprend rien à ce qui est écrit...
Ewelein: l'Aqua Regina n'est pas un sort facile, les plus simples sont écrits naturellement mais ceux-là empruntent des langues compliquées. De manière générale les sorts achetés en magasin sont souvent assez bas-de gamme et servent surtout en tant que d'objets pratiques de tous les jours, mais les puissants sont cachés au fin fond des terres de Black Rose où transmis par un maître où un parent. Les plus illustres manipulateurs de magie reçoivent des capacités dès la naissance.
Kagura: A quoi sert celui-là alors?
Ewelein: Il permet de concentrer de l'eau à la place du sang dans les veines du porteur pendant un cours instant, il devient alors une silhouette aquatique qui ne reçoit pas les coups de l'adversaire, ils traversent le porteur comme si on attaquait de l'eau.
 
Assez impressionnée, elle se retira et s'intéressa cette fois davantage aux parchemins, observant ceux qui étaient restés sur la table.
Convaincue quand à moi, je referme le rouleau et le déposa devant la caisse.
 
Ewelein: Je vous le prend, et je voudrais en plus les deux derniers tomes de Chrysalide.
Vendeur: Soixante-cinq pièces s'il vous plaît.
 
Soupirante je dépose la somme demandée puis je pense un instant à Marshall qui allait me hurler dessus vu la dépense que j'ai faite. Avec tout ça on n'aura pas forcément le prix pour acheter un véhicule, je trouverais un travail à Siloure pour rembourser tout ça.  
 
Nous quittons le magasin, moi les bras occupés par mes nouveaux achats, elle, frigorifiée. Je vois au loin le soleil orangé qui nous quitte petit à petit.
 
Ewelein: Retournons avec Asriel et Marshall, nous partirons ensuite à la gare.
 
Elle hocha la tête et nous engageons le pas, problème je n'avais aucune idée d'où ils pouvaient être. Mais le hasard me sauva bien vite...
 
Marshall: Et c'te grognasse t'sais c'quelle m'a répondu? Qu'elle voulait pas baiser, j'te jure!
Asriel: Tu venais juste de la rencontrer non?
Marshall: OUAIS ET ALORS?! Personne ne me refuse au lit, PERSONNE! Elles sont toutes prêtes à se jeter à mes pieds si je le veux!!
Ewelein: On ne vous dérange pas trop non?
 
A la terrasse d'un bar tout près de nous étaient assis l'elfe et le vampire qui semblaient avoir une conversation assez... Oh je ne trouve même pas d'adjectif à cela...
Avachi, une bouteille de whisky a pleine main, Marshall disait à la terre entière ses expériences, ma foi fort galantes avec ses petites copines devant un Asriel stoïque, droit et ne s'étant contenté que d'une tasse de thé, choix surprenant par ailleurs pour un chasseur comme lui...
Enfin, c'est un elfe après tout, il lui faut bien un peu d'élégance. 
 
Marshall: SI TU NOUS DÉRANGE! Dégage!
Asriel: Ne dis pas "nous", c'est un soulagement pour moi de les voir arriver.
Ewelein: Si tu ne tiens pas l'alcool arrête de faire ton kéké en t'envoyant des charges abruti, allez lève-toi on s'en va de Méphisto, si les succubes te voient ainsi elles te kidnapperont pour te violer.
Marshall: Et ben qu'elles viennent j'les attends ces pisseuses!
Ewelein: T'es vraiment pas frais mon vieux, Asriel aide moi à le porter.
 
L'elfe se leva pour se saisir de son compagnon, je m'apprêtais à faire de même mais la bibine lui fit tellement perdre la tête qu'il en profita pour me passer une main sous la veste.
 
Ewelein: ... ... Marshall enlève ça tout de suite. 
Marshall: Nan.
 
Je le frappe si fort au crâne qu'il s'effondra sur les pavés, devenu facilement inconscient.
Quand à moi, j'étais de mauvais poil à présent, jetant le corps dans les bras d'Asriel.
 
Ewelein: Allez on s'arrache.
 
La couleuvre et le blondinet s'échangèrent des regards confus puis me suivaient vers la gare.
 
 
Se dépêchant de vite quitter le pays des incubes, nos vagabonds ont désormais terminé le continent de Rubis, en route pour Opale où ils allaient accoster dans le pays d'Opaline, contrée paisible habitée par des humains.

Leur voyage est cependant très loin d'être terminé, et bien loin sont les malheurs qui les attendent encore...
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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Mer 24 Fév - 21:21
--Chapitre 4--
 
-Opaline-
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ewelein...
Ma petite Ewelein, pourquoi as-tu laissé ton livre...?
 
-Je m'étais endormie près du chêne à côté du champs de blé, je l'ai oublié.
 
Ewelein, est-ce que tu te rends compte de ce que tu dis?
Ne te sépare jamais de ton livre, pour les bookmans il s'agit d'un deuxième coeur.
Tu veux que des mauvaises personnes le prenne et en fait de mauvaises choses?
NE TE SÉPARE JAMAIS DE LUI!
NE LAISSE PERSONNE S'EN APPROCHER TU COMPRENDS? S'ILS LE TROUVE IL TE TUERONT, TOUT LE MONDE VEUT TA MORT EWELEIN TU ENTEND?! PERSONNE DANS CE MONDE NE T'AIME!
 
-Mais... Pourquoi est-ce que tu me préviens alors? Tu m'aime quand même un peu?
 
...
Tu es encore bien jeune pour comprendre les adultes.
Je ne te dis pas ça par gaieté de cœur, c'est ma mission de veiller sur toi.
Ewelein.
Tu es une bombe à retardement et moi, je protège les autres qui veulent t'approcher...
 
 
 
 
 
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Ewelein *marmonnant*: Hum...
 
Ce cauchemars me poursuivra décidément jusqu'aux portes de la mort.
Le bruit régulier des wagons de métal sur les chemins de fer fait chanceler doucement le train, berçant les passagers dans cette mélodie de va-et-viens rassurant. Les images rapides défilent aux fenêtres, m'offrant le paysage rayonnant d'Opale qui me donnait une nouvelle idée d'un Black Rose ensoleillé. Les nuages noirs de Rubis me montaient jusqu'à la tête, je ne pouvais qu'apprécier cette vue à sa juste valeur.
Alors allongé sur le hamac qui me suspendait, je me relève, observant mes trois autres coéquipiers qui dorment encore à poings fermés dans leurs lits artificiels mais bien suffisant pour de pauvres étudiants sans-sous que nous sommes.
Je m'étire puis descend de mon perchoir, attrapant une nouvelle cigarette dans ma sacoche que je m'empresse de fumer à la fenêtre, ouverte à présent.
Quelle heure est-t-il? Vu le temps je situerais pas loin de midi...
Nous roulons depuis des heures vers ce nouveau continent que nous sommes sûrement pas loin d'atteindre.
 
Ewelein: ...
 
Bien que le sommeil fut plutôt agréable et long, j'avais les yeux bouffis et les cernes noires qui pendaient, menaçantes de blagues bien lourdingues de notre vampire national.
Ce cauchemars bon dieu, ce sont des images qui défilent sans arrêt chaque nuits sans répit. Je connaît la chanson maintenant, je ne suis pas prête de l'oublier...
Non, j'ai fuis mon destin en m'inscrivant à l'Arborh loin de chez moi à Anastasia, mais la réalité amère reviendra bientôt lorsque je poserais à nouveau pieds à Siloure.
J'ai pas envie de rentrer...
 
Employé: Excusez-moi, mademoiselle?
Ewelein: Hum?
Employé: Ce voyage est interdit aux fumeurs, et je voulais aussi vous prévenir que nous arrivons à Opaline.
Ewelein: Pardon je vais l'éteindre, et merci pour l'info je vais prévenir mes amis.
 
L'employé hocha la tête et parti dans le prochain wagon, fermant la porte de ferraille derrière lui.
"Amis", quel grand mot ais-je utilisé là...
Soudain derrière moi, Asriel se levait doucement de son couchage, frottant ses yeux azurs. A voir le temps qu'il se mettait en route, je devinait aisément que celui-ci n'était pas franchement du matin.
La tête, pardonnez l'expression, "dans le cul", il la tourna en ma direction, ses longs cheveux couleur de blés dispersés un peu partout devant son visage.
S'il me le permet, j'aimerais bien lui faire une coupe un peu plus courte et pratique. Mais je suppose que c'est une sorte de "tradition" chez les hommes elfes de les avoir toujours très longs...
 
Asriel: ...Salut.
Ewelein: Bonjour Asri', si tu as faim j'ai des biscuits à la margarine dans mon sac.
 
Il acquiesça, dégageant de son lit, il écrasa au passage la main droite de Marshall qui lâcha un juron à demi-éveillé. L'elfe, quand à lui, grignotait sur le rebord de la fenêtre avec appétit le goûter que je avait proposé.
Je soupir et vint m'agenouiller devant la loque étalée par terre.
 
Marshall: P'tin, Asri' quand tu te lève ne tue pas les gens bordel...
Ewelein: Et ça ne change en rien ton état mon pauvre, regarde-toi un peu le whisky d'hier ne t'a pas arrangé.
 
Il retourna son corps grisâtre vers moi et braqua ses pupilles à moitié-fermées rubis aux miennes. Il avait vraiment une sale tête, il me faisait presque pitié comme ça.
Maternelle, je lui passe une main dans les cheveux, lui, satisfait prit cela comme un massage.
 
Ewelein: Dis-moi, je ne t'ai pas vu boire de sang depuis Solar, rassure-moi tu ne t'es pas mis au régime depuis? Parce que le combo famine + gueule de bois c'est pas le top pour assurer. On compte sur toi pour finir l'aventure avec nous jusqu'à Célestia, si tu nous claque dans les pattes dès Opaline on est foutus.
Marshall *avec difficulté*: Ouais... J'ai faim, je veux boire un coup maintenant.
Ewelein: Qu'est-ce qu'il te faut?
Marshall: N'importe quel groupe sanguin, mais je n'en veux pas d'Asri', les hommes très peu pour moi.
 
L'elfe évita la fenêtre des yeux pour juger de haut en bas celui qui venait de critiquer son sang puis reprit son petit-dèj dans le calme.
Je n'aime pas trop l'idée qu'il faut que je lui donne de mon sang, mais à voir la figure si innocente de Kagura qui dort comme un bébé enroulée dans ses couvertures, je n'ose pas la réveiller pour lui demander de se dévouer à ma place pour se faire mordre. Résignée malgré tout, je refuse cependant de laisser ce type rester assoiffé (où affamé?) éternellement, Opaline est certes peuplée d'humains mais il risque d'y faire une panique générale si on laisse ce fauve dans cette cage à gibier...
Je retire ma veste et baisse ma manche ainsi que la bretelle de mon soutien-gorge.
 
Ewelein: Allez dépêche-toi.
 
Retenant un souffle de fatigue, il se hissa au maximum de sa force pour m'attraper les épaules de ses deux mains, posant sa tête lourde sur l'une d'entre elle. Son corps était presque carrément affalé sur le miens, comme s'il allait retomber de sommeil d'une minute à l'autre. Enfin, il planta ses deux canines et bu plusieurs gorgées, doucement mais sûrement.
Je grimaçais de douleur, j'avais la désagréable sensation du sang qui se faisait aspirer avec gourmandise. Première fois que je me faisais "boire" par un vampire cela dit, l'expérience était inédite pour moi.
Mais je regrettais déjà mon volontarisme un poil trop rapide. Petit à petit je me sentais partir, flottante et étrangement rougissante...
Voyant ma drôle de mine, le principal concerné décolla ses lèvres un instant, esquissant son sourire narquois. Il allait définitivement mieux.
 
Marshall: Oups, aurais-je oublié de signaler que les morsures de vampire provoque à la victime de l'anémie et du désir? Quel étourdi je fais...
Ewelein: Ben voyons, je ne m'y attendais absolument pas...
 
Asriel qui ne disait rien jusqu'ici repoussa Marshall fermement, lui fronçant les sourcils en signe d'avertissement. Désormais au mieux de sa forme, le brun se leva définitivement, se rhabillant de sa chemise qui traînait dans un coin du compartiment. En revanche, j'étais devenue encore plus crevée qu'avant.
 
Asriel: Il ne t'en a pas trop pris au moins?
Ewelein *clignant des yeux*: Ce type est un morfale, j'ai du perdre plus d'un litre en quelques secondes!
Marshall: Tu t'attendais à quoi en même temps? Je crevais la dalle depuis Solar!
 
Dans notre brouhaha, la couleuvre ouvrit ses yeux de serpent, observant la scène toujours enroulée dans son couchage. Comme moi, elle ne semblait pas avoir passé une bonne nuit de sommeil, ses yeux étaient rougeoyants et les mêmes cernes entouraient ses globes oculaires. L'elfe s'agenouilla, tâtant son visage écailleux.
 
Asriel: Tu as de la fièvre.
 
A cette réponse, Kagura tira sa couverture en un instant, enroulant son châle autour de sa petite toge blanche et se leva également. Toute trace de souffrance en elle avait été dissimulées sous son sourire timide et embarrassé. Désireuse de écarter le sujet, elle remercia le blondinet de sa bienveillance.
 
Kagura: Non, ce n'est rien juste un petit coup de froid! Les serpents sont souvent fébriles au contact de températures trop importante c'est tout!
Ewelein: Tu as vraiment une mauvaise tête... Tu veux qu'on appelle un médecin?
Kagura: Surtout pas! Les serpents sont très agressifs si on les touche!
Marshall: En fait ce sont les bêtes les plus chiantes de l'univers quoi...
 
Et encore une dispute, on en avait pas assez comme ça...
Mais elle s'arrêta plus rapidement que prévu, le paysage portuaire d'Opaline nous accueillait en même temps que le train qui ralentissait progressivement. Les bateaux de pêcheurs, les maisons de ville en briques rouges et le bon train du matin qui animait cette population souriante me faisait sourire également. Terminé la mort qui empeste les rues de Rubis! Enfin un peu de paysage de Paradis!
Un par un, nous descendions du véhicule, abordés par les contrôleurs qui vérifiaient méticuleusement nos certificats de l'Arborh prouvant que nous étions bien des étudiants en pèlerinage.
La foule gigantesque de la gare nous ébahissait. Des tas et des tas d'humains se bousculaient pour ne pas rater le dernier train, d'autres cherchaient des proches. Bien que la race humaine soit faible, à cette époque elle était encore prospère, notamment à Opaline qui était leur pays de résidence, mais les années suivantes n'ont pas été des plus joyeuses pour eux malheureusement...
Alors nous, nous apprêtions à sortir, un hurlement nous arrêta précipitamment.
 
Femme: S'IL VOUS PLAIT QUE QUELQU'UN VIENNE M'AIDER!! JE VOUS EN SUPPLIE!
Employé: Madame ne criez pas comme ça vous allez faire paniquer tout le monde! Que vous arrive-t-il?
Femme: Mon fils, il... il... Il s'est fait attaqué par quelqu'un! Où quelque chose, je l'ignore!
 
Dans les bras de cette humaine gisait un petit garçon haut comme trois pommes sérieusement amoché. Il s'était fait comme dévorer, sa mère pleurait de désespoir, montrant ce petit cadavre à l'employé de gare qui faisait les yeux ronds d'incompréhension.
 
Femme: Nous avons fait le chemin depuis Rubis... Ce matin je me suis alors levée dans mon compartiment... Et je l'ai trouvé étalé comme un déchet dans son couchage, je vous en prie faites quelque chose!!
 
Nous sommes restés attentifs, tous les quatre à quelques mètres de là, très intéressés de cette histoire.
 
Asriel *effrayée*: Ce ne serait pas un peu le même scénario qu'à Solar?
Ewelein: Je crains que tu ais raison, c'est en tout cas très similaire...
 
La petite hybride frémit, ne décochant pas son regard de la pauvre femme qui pleurait toutes les larmes de son corps, elle émit une hypothèse qui nous fit mouche.
 
Kagura: Et si... Cette créature nous suivait depuis Solar? Elle s'en prend toujours à des enfants, la nuit tombée et les dévore sans même les finir comme si elle ne le faisait pas par appétit mais par plaisir...
Marshall *serrant les poings*: C'est loin d'être con ce que tu dis. En tout cas si je le croise sur ma route, je lui ferais payer pour ce qu'il a fait aux gamins de la dernière fois...
 
Après un petit moment, des médecins arrivèrent sur place et embarquèrent le garçon, suivis de près par la mère. N'ayant rien de plus à faire, nous prîmes le chemin de la sortie sans un mot.
Autant à l'intérieur, la ville était bondée de partout. Les pêcheurs s'affairaient avec leurs poissons sous les bras, les commerces déjà ouverts faisaient leur chiffre d'affaire, les enfants galopaient sur les dalles, les vieux rabougris lisaient leur journal à la terrasse de leur café favori, les camionnettes roulaient avec prudence dans les rues. Nous étions de vrais touristes, incapables de savoir quoi faire à l'instant.
Hélas, il y en avait bien un qui savait ce qu'il voulait...
 
Marshall: Bon! Cette fois on va en trouver un de véhicule! Y'en a marre de marcher où de prendre le train (surtout qu'ils ne sont pas si sûrs que ça apparemment), aujourd'hui je veux que chacun d'entre nous monte son enquête! 
 
Asriel approuvait, lui aussi en avait assez. Cependant le silence régnait entre Kagura et moi.
L'hybride me scrutait du regard, mal à l'aise et tremblottante.
Le vampire me consulta des yeux, je les évitaient, honteuse.
 
Marshall: On dirait que j'ai affaire à un problème.
Kagura: Ben euh c'est à dire que... Ewelein...
Ewelein: Hier à Méphisto j'ai déboursé tout mon budget dans un sort et deux romans...
 
Le brun se cassa en plusieurs morceaux, médusé de ce qu'il venait d'entendre.
 
Marshall: On a besoin de ce fric, alors t'as intérêt à le regagner vite fait où tu devras courir derrière nous quand on aura enfin de quoi rouler, c'est clair?
Ewelein: Oui, oui...
 
Pour le coup je ne pouvais pas protester, je n'avais aucune raison de me justifier.
C'est alors avec un soupir général que nous, nous séparions chacun de notre côté, les garçons et Kagura à la recherche de petites annonces et de prix pas chers, et moi toute seule en quête d'un boulot à la journée.
Désormais sans leur compagnie, je naviguais à travers le monde.
Ma recherche déboucha finalement sur un petit boulot de serveuse dans un bistrot au bords de la mer.
 
Patronne: Je te fais payer quarante pièces d'or pour la journée, nous recevons beaucoup de couverts le midi donc enfile un uniforme à l'arrière-boutique en vitesse et commence déjà à prendre les commandes.
Ewelein: Entendu!
 
Vite fait, je me mettais en condition et alla aux nombreuses tables de la brasserie faire mes affaires, tantôt ouvrant une bouteille de vin, tantôt en apportant les repas. Première fois que je travaillais dans la restauration également, ce jour-là aura été fort en nouvelles expériences!
Bien que l'ambiance se devait d'être effrénée, j'y prenais du plaisir dans ce cadre sympathique, je voyais les vagues au loin et l'air iodé me rappelait des souvenirs de voyage.
Les heures passaient vite et vint l'heure où la patronne me remis ma paye, souriante et satisfaite du résultat que j'avais fait en quelques heures.
 
Gladys: Beau boulot jeune fille! C'est dommage que tu ne sois que de passage je t'aurais bien accordé dans mon équipe. Je m'appelle Gladys Neo, si l'envie te prend de venir déjeuner chez nous avec tes compagnons reviens vite.
Ewelein: Je vous remercie, ce fut également un plaisir de travailler dans ce cadre si paisible... Et je ne manquerais pas de venir manger chez vous, vos homards avaient l'air succulents.
Gladys *riant à gorge déployée*: Ah! Nos produits viennent tous de pêcheurs locaux, et tu as raison, il fait bon vivre à Opaline mais nous les humains craignons un malheur...
 
Son visage joyeux de femme cinquantenaire se crispa doucement. Croisant les bras, elle laissait planer un destin funeste au-dessus d'elle et de son peuple.
 
Ewelein: ...Vous êtes chassés?
Gladys: C'est encore bien peu mais vois-tu notre race ne fait que s'affaiblir de jours en jours, si nous sommes exterminés dans les autres pays, Opaline fait encore figure de résistance mais pour combien de temps... J'ai entendu parler d'un peuple des nôtres s'étant réfugié dans les montagnes de Parta, quelle idée d'aller se terrer là-dedans, ces pauvres gens ont du vivre des sorts abominables.
 
Voyant mes yeux emplis de pitié, la patronne me donna une grande tape bien virile dans le dos associé à un sourire assuré. Levant les yeux, je reconnu au loin Asriel qui semblait me chercher.
De peur qu'il me rate, je déposais à la hâte mon uniforme, remettant ma veste et ma jupe et fit mes derniers adieux à l'humaine qui avait bien compris la situation.
 
Ewelein: Merci pour tout Gladys!
Gladys: A bientôt ma grande! Et merci aussi à toi pour tes efforts!
 
D'un signe d'adieux, je courais vers l'elfe qui m'entendit arriver. Après un rapide échange, il m'expliqua qu'ils avaient trouvé une annonce très intéressante d'une veuve qui voulait se séparer du van de son mari et qu'elle était prête à faire baisser le prix considérablement.
Ensemble, nous arpentions les rues à présent, plus si bondées depuis ce matin. Les civils avaient fini leur journée de travail et vaquaient à leurs occupations.
Je n'eus pas le privilège d'une petite conversation entre nous, Asriel était décidément quelqu'un de très secret. J'aurais voulu faire un peu connaissance avec lui, si j'ai pu sympathiser avec Marshall et Kagura, lui en revanche ne montrait pas de signes affectifs particuliers...
Maintenant que j'y repense, lorsque nous étions à l'auberge à Solar il avait parlé de "retrouver sa sœur à Gakui", a-t-il une raison précise à cela?
Moi aussi je voudrais revoir mes parents mais lui...
Il semblait si peiné, si inquiet dans ses paroles...
En employant le mot "retrouver", voulait-il plutôt dire "chercher"? Et ses parents? Il n'en a pas parlé.
Peut-être sont-ils morts, ce ne serait pas rare, et sa sœur est la dernière qui compte à ses yeux?
Dans ce cas pourquoi avoir rejoins l'Arborh si c'était pour quitter la dernière personne de sa famille?
Je me perdais dans ces réflexions lorsque nous prenions un chemin en dehors de la ville. Une petite maison était située en haut d'un ravin en face de la mer, Marshall et Kagura nous y attendaient.
 
Kagura: Ewelein! Ce n'était pas trop pénible?
Marshall *agacé*: Ouais j'espère que t'as le pognon!
Ewelein: Alors premièrement, non Kagura tout vas bien, et pour le pignouf à côté oui j'ai l'argent mais je n'ai pas eu assez pour rembourser les soixante-cinq pièces d'or.
 
La couleuvre soupira de soulagement, quand au vampire, il s'avança en grommelant m'arrachant des mains mon sachet contenant ma paye, comptant rapidement les pièces il fit une moue et me le rendit en le jetant entre les mains.
 
Marshall: Mouais, on va dire que ça suffira...
 
Il ôta son visage ronchon et marcha d'un pas décidé vers la maison.
 
Marshall: Bon! On a une négoce à faire!
 
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Marida: Et moi qui désespérais de trouver enfin un propriétaire à ce tas de ferraille, vous m'ôtez une belle épine du pieds!
 
L'actuelle propriétaire se nommait Marida Strauss, veuve de deux ans, son défunt mari ne lui avait laissé derrière lui que sa fille et son van magique.
Assis tous les quatre avec une tasse de thé en face de la jeune femme, nous procédions à la négociation. Sa fille, une gamine de trois ans nommée Rioka collait les jupons de sa mère, peureuse des étrangers que nous étions et surtout, parce que nous n'étions pas humains.
Touillant son thé à la cannelle avec sa cuillère, Marida continuait son monologue.
 
Marida: Il a bien pris la poussière depuis le temps, autrefois mon mari était champion de course de van magique à Opaline, mais cet idiot est décédé dans sa passion hélas.
Kagura: Mais vous êtes sûre de vouloir le vendre? Je veux dire... C'est un souvenir de lui non?
 
L'humaine aux cheveux roux soupira, souriante.
 
Marida: Cet engin était peut-être son joujou, mais aujourd'hui il ne m'inspire que le jour de sa mort. Je préfère le mettre en vente à des jeunes gens comme vous, il vous sera plus utile que prenant la poussière chez moi.
Marshall: Combien en voulez-vous?
Marida: Je ne suis pas exigeante, pour disons, cent pièces d'or je vous le céderai.
 
Nous, nous concertions du regard. Cent pièces d'or c'était largement suffisant pour un van magique, surtout ayant appartenu à un ancien champion de course, sa qualité doit être remarquable.
Marshall approuvait ce choix mais demanda avant de tendre la bourse:
 
Marshall: Pouvez-vous nous laisser l'essayer avant...?
 
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Marida: La Cortana est un van magique comme les autres, le conducteur doit brancher les menottes à ses bras, elles pomperont naturellement la magie de l'utilisateur comme énergie. Alors évitez de vous faire avoir, prenez quelqu'un qui est fort dans ce domaine, et lorsque vous traverserez Glacia rechargez-vous au maximum où vous serez coincés là-bas.
 
Tel un gamin dans un magasin de jouets, le vampire prit possession des commandes en craquant ses doigts, admirant toutes les fonctionnalités, les boutons et autre bidules qui rendaient l'engin intéressant.
Impressionnant était le mot qui convenait, massif et haut d'un étage en plus, nous, nous voyions déjà à l'intérieur en train d'arpenter Black Rose. La Cortana nous plaisait bien.
A l'arrière, des banquettes vétustes mais confortables étaient fixés au hublot, une petite cuisine meublait l'espace entre elles et les commandes. Là-haut était l'endroit où était entreposés les couvertures, pouvant comporter deux où trois personnes, il faudra se relayer pour dormir sur les banquettes...
L'aspect "maison roulante" rendait encore plus par le toit d'argile en haut et les fenêtres de ville, j'avais beaucoup de mal à croire que son mari ait pu faire des courses avec cela.
 
Marshall: Oua-a-a-aaah! Regardez-moi ce panneau de contrôle! Il déchire sérieux! Il y a tellement de trucs que j'ai envie de toucher...
Ewelein: C'est ça, attend d'avoir lu le manuel avant de nous le péter en plein vol...
 
Très emballée également, Kagura explorait l'intérieur avec des yeux pétillants d'excitation. Cette fille aime vraiment trop la découverte, elle est timide mais elle sort des sentiers battus dès qu'elle voit quelque chose de nouveau.
Et quelque chose me dit qu'elle n'a pas du voir grand chose durant sa vie...
 
Kagura: C'est vraiment gros, il faudra enlever toute cette poussière.
Ewelein: Et acheter de nouveaux éléments, les matelas sont bouffés par l'humidité et les rangements aussi.
 
Asriel ne disait rien comme d'habitude, il observait juste avec attention, tâtant parfois le véhicule pour vérifier la solidité. La petite Rioka s'était installée sur le siège de co-pilote à côté du vampire et lui indiquait beaucoup d'éléments de sa petite voix d'enfant.
 
Rioka: Ce truc c'est pour régler le niveau de puissance du moteur, le clignotant en haut montre le niveau de magie demandé. Tu feras attention hein? C'était à papa!
Marshall *lui passant une main sur la tête*: Pas de soucis gamine! Je vais y prendre soin comme si c'était mon bijoux à moi!
Marida: Ah celle-là, elle n'a pas connu son père très longtemps mais elle a toujours tout connu de ses compétitions et sa passion pour La Cortana...
 
L'inspection fini, Marshall l'essaya un coup, faisant plusieurs tours près de la maison. Il s'éclatait mais était déçu de ne pas pouvoir utiliser la pleine vitesse de l'engin en haut de ce ravin.
 
Marshall: Allez emballé c'est pesé! On vous le prend sans hésiter!
 
Le montant fut donné aussitôt. Nous, montions à l'intérieur prêts à décoller.
Mais la petite Rioka fixait le van avec ses grands yeux marrons, de fines petites larmes perlaient sur ses joues porcelaines mais elle les frottaient vigoureusement avec sa manche de robe, sans envie de montrer ses sentiments à travers cette machine.
Elle posa une dernière fois sa petite main sur la porte, nous regardant tour à tour un par un.
 
Rioka: C'est tout ce que j'ai de papa... Alors... Vraiment, je veux pas que vous le cassiez...
 
Ce fut Kagura qui lui répondit, arborant un visage souriant et maternel, elle plaça une main écailleuse sur la joue ronde de l'enfante.
 
Kagura: Rien, ni personne ne fera de mal à ton papa.
 
La petite était sans voix. La couleuvre avait compris que la petite voyait en cette machine son père qu'elle n'a jamais connu, ce que nous faisions en ce moment, c'était de la priver de son père fictif et mécanique.
Elle ne put se contrôler, ses larmes se déversèrent toutes seules, gémissant, elle pleurait ce van remplaçant de géniteur qui allait partir loin d'elle lui aussi.
Marida prit sa fille dans ses bras, l'embrassant sur le front elle la rassura.
 
Marida: Ryoka, tu dois lui dire au revoir maintenant...
 
La petite humaine sécha doucement ses larmes et s'avança vers le camion, posant son oreille et fermant les yeux. Elle s'adressait directement à son père.
 
Ryoka: Au revoir...
 
 
 
Désormais en possession de La Cortana, les vagabonds quittèrent le chaleureux pays d'Opaline et ses habitants partageant cette qualité. Ils étaient en route pour leur prochaine destination, Parta, terre des maras les démons des cauchemars.
Marida avait bien raison, toute chose doit avoir une fin et dire ses adieux est parfois la meilleure des solutions pour aller de l'avant.
Nos protagonistes avaient appris cette règle fondamentale, qu'ils devaient garder en mémoire...

Pour leur désespoir futur...
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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Mer 24 Fév - 21:24
--Chapitre 5--
 
-Parta-
 
 
 
Ewelein: ...
Kagura: ...
Ewelein: Elle dort encore... Et elle est toujours dans un sale état.
Marshall: Mais laisse-là se la couler douce! Elle est paresseuse la couleuvre c'est tout!
Ewelein: T'es fier de ta blague hein?
Marshall *s'esclaffant dans son coin*: Alors là t'as pas idée!
 
Dans les grandes forêts de Parta, La Cortana que nous avions fraîchement acquis tournait à plein régime, pilotée par un Marshall amoureux de son nouveau jouet et secondé par Asriel, à la fenêtre guettant le moindre mara qui oserait s'approcher.
Kagura prenait encore une nouvelle sieste sans prévenir sur le sol, enroulée sur elle-même. Comme il y a deux jours lorsque nous étions à Opaline, elle avait ses mêmes yeux rouges inquiétants.
Je tâtais son front, encore de la fièvre, je commençais à penser qu'elle ait contracté une épidémie.
 
Marshall *soupirant*: Ça fait des jours qu'on explore des villes, et qu'est-ce qu'on trouve à Parta? Des bois!
Asriel: Tu n'en avais pas marre des villes?
Marshall: Grave! La fumée, les gens pas polis et pressés, la grisaille, les repas froids ça m'emmerdais!
Asriel: Alors qu'est-ce que tu ne trouve pas d'attirant en forêt?
Marshall: Tu me vois comme un putain d'elfe où quoi? Les insectes, la pluie, la chasse ça m'emmerde!
Asriel: ...
 
Asriel se tut, arquant un sourcil devant la stupidité volontaire de son compagnon, hésitant presque à sortir sa dague pour tailler un morceau de bois afin de faire passer la colère montante.
La voyage était un mélange exact de ce que nous avions juste là: des blagues minables, des disputes stupides et des plaintes si répétitives que l'idée d'abandonner le brun or du véhicule nous traversais plusieurs fois l'esprit. Je soupirais, le silence si tranquille était revenu parmi nous, enfin, agrémenté des petits ronflements légers de la vipère et La Cortana qui faisait son travail.
 
Ewelein: On devrait s'arrêter un peu, tu vas tomber de fatigue à force d'alimenter La Cortana en magie.
Marshall: Pas faux... Ma vue commence un peu à se brouiller, et j'ai pas envie d'avoir un accident.
 
Asriel approuva lui aussi, au bout de quelques minutes, nous, nous arrêtions finalement dans une petite clairière éclairée par la lune qui venait de tomber.
La vampire après s'être détaché des menottes à inspirations magique s'écroula sur le tableau de commandes, lâchant un dernier râle de fatigue tandis qu'Asriel et moi sortions du van.
Je m'étirais au maximum, ça faisait des heures que je ne faisais que lire sur la banquette du hublot, bien que je sois une intello pure l'air frais me manquais cruellement.
L'elfe se dépêcha de se séparer du groupe, s'enfonçant directement dans les bois je l'arrêtait rapidement.
 
Ewelein: Hep! Où est-ce que tu vas comme ça?
Asriel: Chasser.
Ewelein: Ah oui évidemment...
 
Un silence gênant plana entre nous, le blondinet était stoppé comme s'il attendait autre chose de moi mais honteuse je ne trouvais rien d'autre à lui dire que "bon alors on t'attend".
Il soupira puis ôta son arc attaché à l'arrière de son dos, marchant vers moi il me le tendis fermement.
 
Asriel: Tu veux m'accompagner?
 
Très surprise qu'il me propose de rester avec lui, lui qui est un véritable loup solitaire, je fixait son arc, médusée devant son visage impassible, patient de ma réponse.
Je n'y connaît pas grand chose à la chasse malheureusement, j'ai accompagné quelques fois mon frère et mon père lorsque j'étais petite mais une fois entrée à l'Arborh je me suis essentiellement concentrée sur mes études sans penser aux essentiels: me défendre et me nourrir à la bonne vielle méthode.
 
Ewelein: Bien sûr, mais je ne te serais pas d'une grande aide.
 
Il hocha la tête sans en dire plus et entama de nouveau le pas entre les arbres alors que j'essayais péniblement de le rattraper.
Il fait de grands pas en accords avec sa stature imposante, j'ai du mal a garder son rythme.
Mais il s'arrêta en passant un bras devant mon visage, me sommant de me faire silencieuse. Il se baisse doucement, plissant ses yeux bleus et avance pas à pas, sans un bruit, sans un geste de plus. Devant nous, un faon buvait dans une rivière n'ayant pas encore entendu notre arrivée.
Asriel attrapa une flèche dans son carquois et se colla à moi pour l'insérer dans l'arc, guidant mes mains avec les siennes grandes et blanches, son regard par-dessus mon épaule attendait le signal.
Je tremblais malgré moi, à la fois à cause du poids du stress et également par la proximité incroyable du bel elfe. Puis un simple "vas-y" qu'il me souffla à l'oreille me détacha de ses mains, la flèche sifflante dans le vent percuta de plein de plein fouet l'animal au cœur, tombant de sa lourdeur au sol.
Asriel se leva aussitôt, sortant sa dague il trancha la gorge de la bête qui gémissait de douleur. Il l'acheva.
La tension était enfin levée, je poussais un soupir de soulagement tandis que mon compagnon s'occupait déjà de dépecer notre futur dîner.
 
Asriel: Bien que ta flèche frémissait, tu a su écarter ta crainte le moment venu, bravo.
Ewelein: Merci.
 
Tiens première fois que je reçois un compliment de ce type.
Remarque, ce ne doit pas être son genre de flatter les autres, déjà qu'il ne s'exprime que lorsqu'il juge cela nécessaire. Il me fascine dans son mutisme.
Cette fois c'était la bonne, j'avais enfin l'occasion de parler avec lui pour mieux le connaître...
 
Ewelein: Asriel, je peux te poser une question personnelle?
 
Si je n'avais qu'une seule question pour lui, c'était celle que j'avais déjà choisi, elle serait bien capable de m'en dire énormément sur le personnage.
Il s'arrêta son travail et me dit de sa voix d'homme.
 
Asriel: Je t'écoute.
 
Encore surprise de voir qu'il accepte aussi facilement, je m'accroupi près de lui lui parlant droit dans les yeux d'un air on ne peux plus sérieux.
 
Ewelein: Quelle voie envisage-tu lorsque nous aurons terminé le pèlerinage?
 
Le vent s'arrêta de siffler, aucune bête ne frémissait, même l'eau de la rivière qui coulait semblait s'être tu après ma question. Le temps s'était comme arrêté entre nous.
L'elfe échappa un soupir de ses lèvres rosées, il me répondit, ses prunelles fixant les miennes.
 
Asriel: Les circonstances feront que je serais livré de force aux ténèbres de ce monde.
Ewelein: ...Pourquoi?
Asriel: Il y a quelqu'un que je dois retrouver à tout prix. Et hélas, je vais devoir me salir les mains pour la tirer de l'Enfer qu'elle est en train de vivre...
 
Changeant très vite de sujet, il prit la carcasse du faon sur ses épaules et se leva, tournant déjà les talons pour rejoindre La Cortana et les deux autres soufflant derrière lui un: "Rentrons, nous avons de quoi manger".
Je le savais. Je savais qu'il était à la recherche de quelqu'un. Et cet air si mystérieux, si mélancolique ne me laissait plus de doutes, il avait l'intention depuis le début de tuer quelqu'un au cours de cette aventure pour sauver cette personne qu'il aime tant.
Asriel veut profiter de ce voyage afin d'assassiner un homme.
Cette perspective me foudroyait sur place et rongeais presque mon cœur d'effroi, je le voyais désormais menant son enquête dans chaque pays que nous visitions jusque ici, nous à nous amuser et lui à préparer son épée, attendant de trancher la gorge de quelqu'un...
Étais-je avec un futur meurtrier? D'un coup je ne ressentais plus de sympathie pour lui mais bien de la crainte. Je ne savais plus quoi en penser.
 
Ewelein: Cette personne que tu cherche... Comment sais-tu qu'elle vis un "Enfer"?
Asriel: Les elfes ont une ouïe sur développée mais ils ne peuvent entendre que ce qu'ils veulent, moi j'entends chaque heures, chaque jours ses hurlements de douleur, ses pleurs, ses tremblements dans Black Rose...
 
Dans sa voix je pouvais sentir sa propre peur, derrière sa grande stature d'homme fort je voyais très bien ses mains tressaillantes. J'avais peur mais je me mis à sa place un instant.
Moi aussi je rentrerais dans la voie de l'ombre si mes proches étaient en danger, alors devrais-je le blâmer malgré tout?
Il a l'air si seul, si perdu. Mais je me sens incapable de lui remonter le moral pour le moment...
Mais il se raidit d'un seul coup, comme un chien à l'arrêt qui flaira un danger, ses oreilles l'ont-elles une fois de plus montré un présage?
Il recula vers moi et me prit la main, courant à toute allure vers la clairière alors que mes jambes avaient du mal à courir en même temps que lui.
 
Asriel: Quelque chose de noir se prépare dans cette forêt, des maras nous ont sûrement trouvés!
Ewelein *haletante*: Quoi?! Mais on vient à peine d'arriver!
Asriel: Ces démons n'attendent pas une seconde pour dévorer nos rêves et nos âmes...
 
Bougeant plus vite que n'importe quel faon, l'elfe habitué aux forêts depuis sa plus petite enfance courait de plus en plus vite, prenant garde à ce que nous, nous ne nous prenions pas les pieds dans des obstacles. Curieusement le même chemin que nous avions pris auparavant semblait ne plus s'en finir et les arbres se cachait de plus en plus dans l'obscurité qui rongeait petit à petit le bois.
 
Ewelein: Oh c'est pas vrai... Ils sont nombreux à nous prendre en chasse?
Asriel: Une petite dizaine maximum, fais très attention ils sont bien plus dangereux que les incubes et les succubes!
 
Sa main se resserrait davantage à la mienne, lui aussi avait-il peur des maras?
Il avait toujours eu cette expression glaciale sur le visage même devant les quelques dangers que nous avons traversé, c'est la première fois qu'il semble plus prudent, peut être que sa révélation de tout à l'heure a un peu relâché son cœur?
Excuse-moi Asriel d'avoir eu peur de toi... Tu reste un humain, et ce choix que tu a décidé montre ton courage, le courage d'avoir renoncé à la lumière pour protéger ceux que tu chéris.
Excuse-moi...
 
Asriel: Marshall! Kagura!
 
Lorsque enfin le chemin s'était arrêté, nous tombions sur la clairière vide. Seule La Cortana témoignait de notre passage, nickelle et prête à repartir, en revanche le vampire et l'hybride demeuraient introuvables.
 
Ewelein: C'est pas bon... Ils se sont fais avoir comme des rats, Kagura dormait et Marshall se reposait aussi après avoir conduit, les maras ont pu les cueillir quand ils le voulaient...
 
J'eus juste le temps de dire ma phrase qu'attendant bien à l'ombre des arbres, une bête me couvait des yeux.
Toute engluée d'ombres humaines, un seul œil vert luisant trônant au milieu de sa figure et son long corps poisseux guidé par deux grands bras crochus, Asriel décocha immédiatement une flèche en sa pupille, la bestiole hurla d'un long cri strident, réveillant ses compagnons qui ouvraient successivement leurs yeux dans l'ombre.
 
Asriel: Qu'est-ce que c'est que ces trucs, ce ne sont pas des maras!
Ewelein: Non ce sont leurs mouchards à Parta, ils sont chargés de prendre en filature ceux qui entre dans le domaine! Ils capturent puis ils les ramènent à leurs maîtres!
Asriel: Mais et les maras que j'ai entendu près d'ici?
Ewelein: Ils attendent justement que leurs bêtes nous apporte à eux! Attention!
 
Les mouchards quittèrent l'obscurité des bois pour se montrer entièrement à nous sous la clarté de la lune qui les rendaient d'autant plus effrayants, l'un d'eux s'attaqua directement à l'elfe qui abandonna son arc pour reprendre son épée, bien plus pratique au corps à corps. Tranchant chacune qui se trouvait devant lui, il vit avec effroi que son arme traversait les corps de ces monstruosités informes.
Mon livre ouvert, j'attaquais quand à moi avec mes sorts de foudre pour ses spectres ténébreux mais leur nombre incalculable me fit presque perdre le sens du rythme à invoquer puis lancer le sort.
Trois qui bloquaient l'elfe me fit passer cela dans la priorité, où je lançais, haletante une nouvelle flèche foudroyante sur les trois. Dans ma fatigue, la sueur qui me collait aux mains à force d'avoir trop joué avec les incantations, j'alertais Asriel d'une voix pressée. 
 
Ewelein: Elles ont été crées par magie! On ne peux les vaincre qu'avec ce qu'elles ont été façonnées!
 
Ayant compris le message, il se dépêcha d'utiliser ses sens elfiques pour utiliser la magie de la Terre, créant des lances en écorces d'arbre, ce qui marcha un peu mieux que ses simples armes de mortel.
 

Ewelein *haletante*: Elles n'arrêtent pas de se régénérer avec les ombres des arbres, elles n'abandonneront pas avant que la lumière du soleil ne les pulvérisent tous! Asriel je vais tomber à cours de magie, la nuit ne viens qu'à peine de tomber, c'est peine perdue!

Mais très vite je senti ma cheville se faire enlacer, me tirant au sol ce qui me fit perdre des mains mon livre qui s'envola quelques mètres plus loin. 

Ewelein: Oh merde mon livre! Asriel donne-le moi vite! 

Mais l'elfe se faisait de plus en plus surprendre et n'eut même pas la force de bouger un bras de plus, laissant mon bouquin seul. 
A mon tour, je me voyais me faire envelopper par les créatures, privée de forces et de magie, je voyais une dernière fois Asriel qui s'était fait complètement engloutir sous les masses noires liquides. Mes yeux se fermaient progressivement, mes membres se laissaient faire, je ne pouvais même plus parler, ni même respirer. Telle une poupée sans âme, je flottait. Et je pensais très fort:

Marshall, Asriel, Kagura, on ne peux pas finir comme ça...


































































Ewelein...
Ma petite Ewelein, pourquoi as-tu laissé ton livre...?
 
-Je m'étais endormie près du chêne à côté du champs de blé, je l'ai oublié.
 
Ewelein, est-ce que tu te rends compte de ce que tu dis?
Ne te sépare jamais de ton livre, pour les bookmans il s'agit d'un deuxième coeur.
Tu veux que des mauvaises personnes le prenne et en fait de mauvaises choses?
NE TE SÉPARE JAMAIS DE LUI!
NE LAISSE PERSONNE S'EN APPROCHER TU COMPRENDS? S'ILS LE TROUVE IL TE TUERONT, TOUT LE MONDE VEUT TA MORT EWELEIN TU ENTEND?! PERSONNE DANS CE MONDE NE T'AIME!
 
-Mais... Pourquoi est-ce que tu me préviens alors? Tu m'aime quand même un peu?
 
...
Tu es encore bien jeune pour comprendre les adultes.
Je ne te dis pas ça par gaieté de cœur, c'est ma mission de veiller sur toi.
Ewelein.
Tu es une bombe à retardement et moi, je protège les autres qui veulent t'approcher...
 
 
 
 
 
Où suis-je? Est-ce que les mouchards m'ont tué? 
J'entends encore ce cauchemars au loin, cette voix qui me tourmente toutes les nuits reviens encore. 
Peut être que je me suis endormie et qu'il vient comme chaque nuit, après tout il faisait nuit quand nous, nous faisions attaquer alors... C'est la suite légitime des choses sûrement? 
J'ai tellement été habituée à cela que j'en ai même plus peur à présent... 
C'est juste long et terriblement chiant. 


~Tu n'en as plus peur hein...?~




Cette fois c'est une autre voix que je perçois, celle d'un inconnu qui plus est. 
J'ouvre enfin les yeux, je me trouve dans un décor entièrement noir et moi, couchée sur un sol de verre. 
Mes cheveux ondulés sont complètement détachés, agrémentés d'une couronne de roses bleue et je porte une longue robe noire à voile, cachant mes pieds nus. 
Je tourne la tête à droite, à gauche, n'importe où pour deviner où je suis. 
Ça m'a tout l'air d'être encore un songe. 
Pour vérifier mes dires, je me gifle une fois. 

Ewelein*grognant*: T'ain ça fait mal...

Puis une seconde, une troisième mais rien n'y fait je me rends à l'évidence. Je suis bien éveillée. 
Dans quelle histoire je me suis embarqué... 
Alors que je me posais toutes ces questions, je sentis la présence de quelqu'un en face de moi. Je levais les yeux et vit une femme aux yeux de chat dotée de longs cheveux bouclés rouges, habillée d'un longs manteau noir qui couvrait tout son corps, elle avait un crâne de monstre qui cachait son visage entier. 
Sa voix était comme floutée et résonnait au loin.

???: Ton pire cauchemars ne te ferais pas peur alors? Voilà qui est dommage...
Ewelein: Qui êtes-vous? Qu'est-ce que je fous ici? Et où sont Marshall, Asriel et Kagura? 
???: Tu es bien pressée... Tu es pourtant au pays des songes ma jolie, tu as tout le temps devant toi pour vivre la vie dont tu as toujours rêvé! 


C'est alors que je venait de comprendre. 
Parta n'étais pas un pays uniquement fait de forêts...
En vérité le pays se trouvait dans les rêves des aventuriers: lorsque des étrangers entrent à Parta, ils pensent que cette contrée est complètement inhabitée le jour, mais lorsque la nuit arrive les mouchards les attaquent pour les endormir de force, et c'est une fois dans les bras de Morphée que ces personnes trouvent la VRAI terre des démons des cauchemars, c'est un pays qui n'existe que la nuit dans l'imaginaire de chacun... 
A proprement parler, c'est le seul qui n'existe pas réellement sur les cartes de Black Rose! 
C'est vraiment incroyable, c'est donc cela ce pays dit, invisible aux yeux des éveillés? 

???: Tu commence à percuter? Je te souhaite la bienvenue à Parta! Tu as le pouvoir gigantesque de faire tout ce que tu désire avant que le jour ne se lève... 


La mara disparut puis réapparaît derrière moi, tournant, passant une main aguicheuse sur mes épaules, les glissant sur mes hanches. La démone des songes me parlait avec des paroles mielleuses. 

???: Amour, gloire, fortune, famille, carrière, tu peux tout créer, tout désirer et tout demander... 
Ewelein: Je ne veux rien de tout cela, laisse-moi partir de ton pays maudit! 
???: Allons ne fais ta bonne samaritaine, toi aussi tu as des désirs je le sais ma petite Ewelein! 

Paniquée, je constatais que mon livre était bel et bien absent de mes mains, je ne pouvais plus faire appel à ma magie, je ne pouvais que compter que sur le soleil qui doit se lever pour me sauver. 
La rouquine s'amusa de me voir aussi abattue laissant échapper un petit rire derrière son masque macabre et se détacha de moi pour se poster en face de sa victime que j'étais. 

Ewelein: ...Et alors qu'allez-vous gagner en me capturant ici? Vous allez me prendre mon âme peut être? 
??? *soupirant*: Hélas j'aurais beaucoup aimé voler l'âme d'une fille aussi bien roulée, mais cette fois j'ai eu un contrat avec un bon négociant pour te capturer toi et tes petits amis. 


Sa réponse me scia, un contrat? Quelqu'un l'avait payé pour qu'elle nous capture moi et les autres? 

???: Alors en attendant je dois jouer les baby-sitters et m'occuper de vous jusqu'au levé du soleil quand mon patron viendra vous chercher, je vais devoir m'amuser avec vous toute la nuit! 
Ewelein: Qu...Qui t'a engagé? 
??? *riant*: Fufufu... Tu pense que je vais te le dire? Tu voudras encore plus t'échapper après cela! Mais assez parlé! Voyons si l'on peut pratiquer un peu de torture psychologique avec toi... 


J'allais courir vers elle, la prendre par le col et lui obliger par la force à parler mais elle se métamorphosa devant moi. Et pas en n'importe qui, c'était Marshall que j'avais devant la figure, devant le poing que j'avais préparé pour frapper la mara. Par réflexe je me stoppais immédiatement, abasourdie par cette soudaine apparition. Le vampire avait la façade vide mais une lueur noire colorait ses pupilles rubis. 

Ewelein *soupirant*: Tes métamorphoses sont vaines mara, je connaît ta magie. 

Dès que j'eus dit mes paroles, le vampire hurla de douleur, s'écrasant sur le sol de verre. 

Marshall *hurlant*: Aaah... NON, M...MAMAN, arrête ARRÊTE PUTAIN! DÉGAGE! Pa...Papa, FOUTEZ LE CAMPS BANDE D’ENFOIRÉS!! LAISSEZ MES PARENTS! Laisse-moi saloperie...!

Je déglutis ma salive, était-ce ce qu'il était en train d'endurer le moment présent? Sa torture psychologique est en rapport avec ses parents qui se sont fait exorciser sous ses yeux. 
Mon cœur battait la chamade devant ce spectacle horrible, le brun se tenait le crâne si fort qu'on aurait dit qu'il allait le presser comme une orange, ses yeux étaient rentrés vers le haut et un peu de bave dégoulinait de ses lèvres. Bientôt, il aplatissait son crâne sur le sol, le percutant à plusieurs reprises continuant son monologue de sourds. Il avait l'air comme possédé.

Marshall: ARRÊTEZ, ARRÊTEZ, ARRÊTEZ, ARRÊTEZ, ARRÊTEZ, ARRÊTEZ, ARRÊTEZ...! 

Bien que mon esprit m'obligeait à revenir à la raison, de me dire que tout cela n'était qu'une odieuse machination de cette démone sadique, mon cœur me chuchotait tout bas d'aller porter secours à cet homme qu'il avait choisi. Et c'est lui que j'entendais le plus... 
Je m'agenouille devant lui,essayant de l'arrêter. A force d'écraser son crâne sur le verre, une cicatrice s'était déjà formée sur son front lorsqu'il reviendra à la raison il sera déprimé de voir son beau visage ainsi blessé...

Ewelein: Hey! Marshall! Ressaisis-toi bon sang! Tu m'entends où quoi?! 

Mais rien ne changea, il était devenu complètement demeuré et j'avais beau m'égosiller à le faire revenir à la raison rien n'y faisait. Alors je le giflais, je l'embrassais, je l'insultais mais toujours rien. 
J'avais sa tête sur mes genoux, j'observais le légume que je gardais avec anxiété. Sans ma magie je ne peux pas faire grand chose, un bookman est proche d'un humain lorsqu'il est privé de ses pouvoirs et son livre. 
Mais deux autre voix familières me tira de ma réflexion, deux voix qui me firent froid dans le dos. 

Asriel: JE VAIS TE TUER!! TU ENTENDS?! CRÈVE, CRÈVE POURRITURE POUR CE QUE TU FAIS A MA SŒUR!!
Kagura *pleurante*: Je veux mourir... Pi...Pitié, je ne mérite pas la vie qu'on m'a donné... TUE-MOI! 

En face de moi se tenait un Asriel furieux, enragé qui hurlait à la Terre entière qu'il allait tuer celui qui est en train de torturer sa soeur, ce qui confirmait en même temps ma thèse sur le fait que la personne qu'il recherche n'est autre que celle-ci. Et à sa droite Kagura, en pleurs, se tenant les cheveux, vidant toutes les larmes de son corps suppliant au vide de l'achever pour une raison qui m'est inconnue... 
Je reculais alors, à la fois fascinée par cette facilité qu'on les maras à torturer psychologiquement leurs adversaires et effrayée par ces effets dévastateurs. 
Était-ce donc leurs sentiments les plus profonds? 

???: Ewelein, ne reviens plus jamais parmi nous. 

C'est alors qu'à mon tour je goûtais à cette torture. 
L'homme aux cheveux blancs et aux yeux verts qui m'avait chassé de mon propre pays, mon propre royaume me jugeait de son regard impitoyable. 

???: Oui il faut qu'elle parte d'ici...
???: Qu'elle dégage de notre beau pays cette petite pute! 
???: C'est de ta faute à toi et à ta famille si on meurt à petit feu salope! 
???: Dégage! Dégage de là saloperie! 

Autour de lui se formaient les bookmans du royaume, un par un, soutenant l'homme au cheveux blancs qui les avaient montés tous contre moi pour que je quitte de force mon royaume, après avoir abusé mon peuple cet enfoiré s'était installé sur le trône et est devenu un véritable dictateur. Il jouissait de cette violence gratuite de tout un peuple qui s'acharnait sur une pauvre petite fille sans défense. 

Ewelein *fébrile*: A...Arrête ça mara... Je ne veux pas en entendre plus... 
???: TA GUEULE PETITE CONNE!
???: DÉGAGE, DÉGAGE DE NOTRE ROYAUME! 
???: TU AS TUE MA FAMILLE TOI ET LA TIENNE!! 
Ewelein: STOP! TAISEZ-VOUS! TAISEZ-VOUS! 

Et c'est alors qu'une lumière venant des cieux éclaira en face de moi l'objet de mon malheur...
Elle éclairait une grande estrade sur laquelle était placée une guillotine, une foule de bookmans furieux ayants les yeux rouges de rage, grondant du poing, hurlant à la mort. 

Ewelein: ARRÊTE MARA, ARRÊTE JE T'EN SUPPLIE!! 

Mais rien ne pouvait arrêter cela, je regardais impuissante cette scène qui s'était déjà produite devant moi. 
Mes parents, mes frères et sœurs passaient chacun leur tour sous la lame impitoyable contrôlée par le peuple déchaîné qui en demandait toujours plus, toujours plus de sang, influencés par l'homme aux cheveux blancs. 
Mes parents biologiques mouraient encore une fois sous mes yeux. 

Ewelein: Arrête... J'en ai assez... Je te l'implore mara... 

Mes larmes coulaient malgré moi mais je m'arrêtais, désormais c'était moi sur l'estrade, le regard vide, je m'agenouillais en attendant le glaive de la mort qui s'abat sur ma nuque. 
Je voyais cette seconde moi qui allait mourir mais je ne bougeais pas, j'avais peur, j'étais triste, j'étais seule. 
La lame tomba, je m'appelais de toutes mes forces pour me supplier de bouger avant qu'il ne soit trop tard. 
Soudain la lame s'arrêta, les civils se taisaient, la scène se stoppa. Je me relevais doucement, étrangement lâchée par ces liens obscurs qui m’empêchaient de me mouvoir et c'est alors que la mara au crâne de monstre réapparut, tout disparut autour d'elle, elle eu du mal à contrôler sa surprise. 

???: Qu...Quoi? Pourquoi ma magie ne marche plus? Elle n'a pas son livre pourtant! Elle ne peux pas utiliser la sienne et le lever du jour n'est pas encore là! 

Un silence planait entre nous, ni elle ni moi ne comprenions ce qui était en train de se passer et bien que j'avais l'incroyable envie de lui donner une bonne correction après ce qu'elle a fait subir à moi et mes amis, je ne bougeais pas, préférant plutôt savoir en priorité le problème du moment. 
Un lourd bruit sourd se fit alors entendre, la démone se raidit, inquiète. 
Le bruit devint de plus en plus proche et inquiétant, mon adversaire déglutit sa salive et appela ses compagnons. 

???: Les mecs... Il se passe un truc pas net, je ne peux plus utiliser la magie alors qu'on est dans le cœur de Parta et il ne fait pas encore jour! Qu...Quoi? Comment ça il y a eu un problème avec l'un des prisonniers? Raconte-moi abruti arrête de t'affoler...! Sé...Sérieux? Oh putai...

Avant même d'avoir fini son juron, nous entendions cette fois plus un bruit mais un hurlement de monstre à glacer le sang, et ce n'était pas un cri de mouchard!
Le désert noir dans lequel nous étions toujours plongés reçu une fissure se fit, nous frissonnions toutes les deux et tout d'un coup la fissure se brisa en un seul coup et laissa sortir une bête gigantesque, long à écailles fourchues, pattes crochues, longue langue frétillante, grandes dents et crocs empoissonés et des yeux jaunes énormes à faire glacer le sang. La bête fonça droit sur la mara de ses longs kilomètres de corps et la croqua comme un fétu de paille, sous ses cris de désespoir. 

Mara: EWELEIN!! JE T'EN SUPPLIE AIDE-MOI! JE...Aaargh...Blurb...ME REGARDE PAS COMME...AAaaaah! 

Terrorisée, j'assistais encore à un spectacle morbide. Privée de sa magie, la mara n'était plus qu'une marionnette. La bête dévorait un à un ses membres, ses entrailles, sa carcasse qui craquait sous ses puissantes dents, sa mâchoire était peinturlurée d'un véritable sang de démon. 
Mes yeux se tournaient alors vers la fissure et découvrit à l'extérieur trois autres maras qui ont été déchiquetés et Asriel et Marshall qui eux, avaient été sauvés du massacre, étendus par terre épuisés après la torture psychologique qu'ils avaient essuyés. 
Petit à petit je commençais à comprendre. 
Ce monstre que je trouvais si étrange me semblait à présent bien connu, je voyais à présent son apparence de serpent... 

Enfin le massacre s'arrêta, la bête qui avait encore des entrailles pendues à ses dents haletait doucement, poussant un dernier cri, il se tourna vers moi, évitant tout de même mon regard. 
Et lentement alors qu'il s'était couché, son corps rapetissait et se formait en l'apparence d'une jeune fille... 
Ses cheveux, son visage, ses vêtements, son châle étaient tâchés du sang de démon le plus pur. 
Un monstre s'était battu contre des démons. Le tableau était à la fois magnifique et répugnant.
Elle avait tout simplement écouté son instinct animal le plus pur. Épuisée, elle s'écroula à mes pieds. 
Le décor noir se détruisit sur-le-champs, je portais ces trois corps avec moi et les couchaient dans La Cortana. Seule après ces événements, je conduisait pour m'enfuir le plus vite possible de cette contrée maudite, ignorant volontairement pour le moment la nature repoussante de mon amie. 
J'avais assez vu de monstruosités pour aujourd'hui, je préférais ignorer cela juste pour cette nuit... 
Juste pour cette nuit... 


Après avoir affronté contre leur grès le joug de terribles maras, Ewelein quitta au plus vite Parta, désirant partir pour Pandore aussi vite et oublier ces traumatismes de cette nuit. 
Jamais elle ne verra différemment ce voyage qu'une course contre la montre avec la Mort elle-même...  
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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Sam 27 Fév - 22:13
--Chapitre 6--
 
-Pandore-
 
 
Pandore, pays forteresse niché dans les plus hautes montagnes de Black Rose, celles de Parta, c'est un pays dans un autre voisin avec les maras et les dragons dont leur contrée, Finalo est située juste à côté. Je n'imagine même pas l'Enfer que doivent vivre les hybrides vivant là-dedans, la peur constante de se faire anéantir par ces deux races destructrices et la vie exclusivement faite entre ces remparts, interdiction d'y sortir, ils doivent découvrir le monde qu'entre deux murs, quelle misère...
La Cortana que je conduit depuis toute la nuit slalome sur les chemins escarpés de ces montagnes, une chance que Parta se trouve aussi proche de Pandore, ma torture psychologique m'a grandement affaiblie, j'ai eu ne nombreuses fois l'occasion de tomber tête la première sur le volant et m'endormir durant quelques minutes avant de me réveiller en sursaut.
Le soleil qui se lève illumine ces montagnes noires et pointues de ses rayons matinaux qui se filtrent entre eux, m'offrant un contraste de ténèbres et de lumière des plus magnifique.
Mais je n'ai pas eu le choix, de nous quatre c'était moi la plus "en forme" après cette attaque que nous avons essuyé, il était de mon devoir de porter le corps de mes amis loin de ce pays horrible.
Mon visage est couvert de rides de fatigue et mes yeux font si peine à voir que de fines larmes en coulaient sur mes joues, je veux déjà en finir avec ce pèlerinage...
Asriel, Marshall et Kagura ne peuvent pas se relayer avec moi, ils dorment encore à l'étage, ils sont silencieux que je me demandais plusieurs fois s'ils n'étaient pas définitivement morts.
 
Ewelein: Il me faut un remontant... Qu'est-ce qu'il y a d'autres à part des clopes ici?
 
J'arrêtais un petit moment le van dans une crique située entre deux falaises et quitta le siège pour fouiller un peu partout dans le véhicule. Je trouvais finalement la bouteille de whisky de Marshall, bien cachée derrière les provisions de la petite cuisine, radin de partager sa liqueur.
Je m'affale sur la banquette du hublot comme un pauvre déchet et retire le bouchon en faisant un symbole de croix sur ma poitrine.
 
Ewelein: Que saint Marshall me pardonne de lui avoir volé son eau de vie.
 
Et sur ces mots, je bu quelques gorgées d'une traite. L'effet de l'alcool n'allait pas tarder à pointer le bout de son nez, je me sentais déjà partir. Je la posais sur la petite table de chevet près de moi et passa un bras replié sur mes yeux. Je pouvais entendre le chant joyeux d'un oiseau qui tapotait au hublot.
Est-ce que tout ceci n'était qu'un rêve? Est-ce que c'est un putain de rêve?
Des tas de souvenirs de cette nuit me revenait en tête, me poursuivaient: la révélation morbide d'Asriel, la découverte de Parta le pays n'existant que dans les songes, la vision de mes amis qui se laissaient aller aux tortures qu'on leur assénaient, la vue de mon propre passé qui m'avait fait face à nouveau et enfin Kagura...
Cette dernière pensée me fit trembler de tout mon être, était-ce vraiment elle, ce monstre répugnant qui nous avait sauvé la vie mais au prix de ces maras qui se sont fait réduire à l'état de carcasse puantes?
 
Marshall: T'as aucun scrupule à me prendre mon whisky ma pauvre...
 
Aussi mal en point que moi, le vampire descendait les marches avec difficulté, s'appuyant comme un estropié sur la rambarde. Je ne me relevait pas, mon corps était cloué aux coussins de cette banquette si vieille mais pourtant si confortable dans mon état. Marshy s'affala également à côté de moi, la tête en arrière il se massa le visage et se saisit d'une cigarette sur la table de chevet. Il la fuma, son crâne observant le plafond de bois, lâchant des bouffées de fumée régulièrement.
 
Marshall: Ce qui nous est arrivé hier... C'était vraiment fou, j'ai vu un tas de trucs dégueulasses.
Ewelein *se rehaussant un peu*: Qu'est-ce que tu as vu?
 
Il se tu, lâchant une autre bouffée de la bouche et de ses narines. Il tourna la tête vers mon visage, les yeux à moitié ouvert dans sa nonchalance compréhensible, il me murmura presque.
 
Marshall: J'étais à nouveau petit garçon, quand j'étais dans les caniveaux de Solar où je mangeais les rats avec mon père et ma mère. J'ai vu mon père se faire tirer une balle dans le crâne par un religieux, j'ai revu ma mère qui se prostituait pour me faire manger, je l'ai revu se faire exorciser, j'ai vu sa peau se déchirer au contact de dieu et son cœur détruit par un pieu d'encore un autre religieux.
 
Il soutenait mon regard comme s'il cherchait à me montrer ces horribles scènes à travers ses pupilles, mais moi je détournait les yeux, trop flageolante et embarrassée. Les vampires ont ce pouvoir d'intimider les autres avec leur regard, moi la première victime.
Je me relevais et m'asseyais à ses côtés, les coudes posés sur mes genoux.
 
Ewelein: J'en suis désolée.
Marshall: Ce qui m'a le plus ébahi, c'était que j'avais réussi à ne plus avoir de sentiments au fil du temps et que par le pouvoir de ce mara, j'ai de nouveau été envahi par la colère et la tristesse...
Ewelein: Ils ont les moyens de faire resurgir en nous nos sentiments les plus profonds.
 
Lui aussi accoudé à ses genoux, il tourna à nouveau le crâne vers moi et esquissa un petit sourire sans malice, et sans arrières pensées, du moins je le pense.
 
Marshall: Mais je devrais te remercier pour toutes tes tentatives de réanimation.
Ewelein *souriant à son tour*: Tu me remercie de t'avoir giflé et insulté? Tu serais pas un peu maso?
Marshall: Pas seulement pour ça...
 
C'est alors que je venais de me souvenir, oui je l'avais giflé et insulté mais je l'avais aussi embrassé à maintes reprises. Du rose apparaissait sur mes joues dû à cette gêne en plus de l'alcool, je m'écartais de lui sur la banquette, prenant un coussin où je me cachais derrière pour éviter qu'il me voit ainsi et qu'il passe le reste du voyage à me coller la honte monumentale. Je le vois bien rentrer à l'Arborh après, tout raconter à ses potes, ses conquêtes et même ce gros lourd de Gorgeous que l'intello de service, la bookman Ewelein Ultear ait embrassé Marshall dans un état où il n'était même pas conscient.
 
Ewelein: C'était un cas de force majeur.
Marshall: Dans ce cas, supposons que sous l'emprise du whisky que tu m'a sifflé tu t'endorme subitement et que cela fait des heures que tu ne te lève pas. Si je prend ton exemple de "cas de force majeur", si je t'embrassais pour te faire revenir à la raison tu le prendrais comment?
 
Une de ses canines dépassait de son sourire, appuyant sa tête contre sa main repliée.
Ne voulant pas tomber dans son piège aussi facilement, je retire le coussin de mes yeux et lui affiche un regard de défi.
 
Ewelein: Tu n'oserais pas, Asriel te planterait une flèche dans le cœur.
Marshall: On à qu'à tester ta théorie!
 
Et aussitôt le brun lâcha sa cigarette sur un cendrier posé au sol et lança mon coussin plus loin, se penchant dangereusement au-dessus de moi, moi désormais de nouveau écroulée de tout mon long sur la banquette. Il avait son corps qui couvrait entièrement le mien, gardant cette fois un sourire de défi, le même que le mien, je voyais son visage par-dessus en accord avec le plafond. Mais il ne put même pas l'approcher qu'une flèche siffla entre nous, se plantant dans le dossier moelleux . Nous tournions la tête en même temps, voyant l'elfe avec le visage sombre, encore en caleçon avec son arc dans sa main droite.
Je remettais la tête à l'endroit arborant un visage narquois au vampire qui n'était pas préparé.
 
Ewelein: J'ai gagné.
 
Battu, il haussa les épaules en souriant et se dégagea de moi, s'étirant il tapota l'épaule du blondinet en guise de salutation matinale. Quand à moi je me recoiffais rapidement tout en m'adressant à lui.
 
Ewelein: Asri', est-ce que ça va? Tu... n'as pas trop eu de problèmes après ta torture?
Asriel: Non. J'ai dormi longtemps et après ça allait mieux.
Ewelein *souriant*: C'est bien, et... Kagura est-elle levée?
Asriel: Je crois que oui. Mais elle ne veux pas quitter son couchage.
Marshall *avec sa voix dans le placard à provisions*: Ah la feignasse!
 
Je remercie l'elfe et décide de monter à mon tour, laissant le vampire le nez dans les provisions à la recherche d'une bouteille de sang frais alors qu'Asriel se décidait à s'asseoir au poste de co-pilote.
Je me retrouvais dans le petit étage destiné au dodo, les deux couvertures des garçons avaient été bien levées mais enroulée dans la sienne, la couleuvre ressemblait à un cocon. Je soupire et m'agenouille près d'elle, relevant le bout de tissu au-dessus de son crâne je voyait son visage bien éveillé mais bouffi par la tristesse, elle se cacha, ses cheveux verts en bataille la masquant.
 
Kagura: Pourquoi est-tu venue me chercher...?
Ewelein: Tout le monde t'attend en bas, nous sommes presque arrivés à Pandore.
 
Elle ne me répondit rien, j'entreprend de briser le silence alors que je m'adossais au mur près d'elle.
 
Ewelein: Pour hier soir, je vais faire comme si je n'avais rien vu, d'accord?
 
Toujours rien. Elle avait l'air sacrément chamboulée, de nous quatre peut être était-ce celle qui avait eut le plus de mal à encaisser ces visions, sa transformation en monstre est sûrement ce qui résultait d'une accumulation de nerfs.
 
Ewelein: Je suis sûre que tu n'as pas fait cela par gaieté de cœur...
Kagura: Tu ne comprend pas... Vous avez une chance incroyable d'être encore debout, j'aurais pu vous tuer sans la moindre once de remords!
 
Là pour le coup se fut moi qui ne répondit rien, étonnée de sa réponse qui était un mélange de reproches, de craintes et de colère légère. Prise à son propre piège, elle rentra la tête à nouveau dans ses couvertures et me murmura:
 
Kagura: En fait t'as raison... Fais comme si tu n'avais rien vu okay ? Oublie-moi, ça vaudra mieux pour tout le monde...
 
Un silence plana entre nous, je soupir en me levant et baisse un regard battu sur elle.
 
Ewelein: Comme tu voudras. Mais ma porte te restera ouverte.
 
Sur cette non-réponse, je descendait sans un mot de plus.
Elle m'inquiète énormément, bien qu'elle soit loin de l'Arborh et de toutes les persécutions que les élèves lui ont asséné elle reste encore sur le qui-vive et la moindre erreur avec elle peut réduire à néant tout effort de rapprochement, Kagura fait partie de ces personnes qui n'accordent plus jamais leur confiance après qu'une seule personne les aient trahis. Elle était déjà connue pour ses tentatives de suicide assez fréquentes, ses paroles d'hier soir ne viennent que renforcer cette notoriété inquiétante.
Elle a toujours été seule, seule dans les couloirs, seule à son bureau en cours, seule dans la cour.
Mais au fur et à mesure que je commençais à la connaître, ce point venait de se clarifier.
Les gens ne la fuyaient pas, c'était elle qui fuyait les autres...
Pourquoi? La peur des inconnus? La peur d'être humiliée? Non cela semblait plus profond. 
Marshall était au volant, reprenant la route aux côtés de l'elfe qui fuma lui aussi sa clope matinale, je m'appuie contre leur siège, observant la route escarpé qui nous attendais encore. 

Ewelein: Tu vas réussir à conduire? 
Marshall: C'est pas moi qui suis bourré! Je peux tenir un volant entre les mains. 
Asriel: Combien de temps avons-nous jusqu'à la forteresse? 

J'ouvrait mon livre du cœur, parcourant les lignes de mes doigts. 


Ewelein: Nous y serons dans trois quart d'heures environs. 
Marshall *épaté*: Ce bouquin est capable de te donner les itinéraires? Comme ça, à la one again
Ewelein: Les livres des bookmans montrent la vie du porteur en question, il donne donc l'avenir et je peux très facilement savoir quelques petites informations futures. 
Marshall: Attends... Ce truc lit l'avenir?! 
Ewelein: Oui mais c'est nocif! Les trop curieux qui s'acharnent à lire et connaître leur futur s'en mordent les doigts car le livre n'aura plus confiance en son porteur, à tel point que son destin sera complètement changé! 

Très impressionné, le brun siffla, visiblement peu au courant de la race des bookmans. Mais l'elfe changea de sujet, me lançant un visage sérieux. 


Asriel: Kagura ne descend pas? 
Ewelein: ...Non elle ne se sent pas bien. 
Asriel: Je vois... 







-----------------------------------------------








Nous étions définitivement arrivés aux portes de Pandore, la forteresse réputée comme étant impossible à franchir et recelant les secrets et les légendes les plus incroyables de Black Rose. Les grands-parents s'amusent à raconter à leurs petits enfants que cette muraille permet de cacher des monstres effrayants qui ont été enfermés par les puissants de ce monde, d'autres prétendent qu'il s'agit d'une prison géante qui garde enfermés les criminels les plus sanguinaires. Bien sûr tout cela ne sont que des histoires inventées de toutes pièces pour les crédules, la vérité est bien plus sobre: ce n'est qu'une cité abritant la majorité des hybrides qui furent tourmentés par les autres races. Cette ville emmurée dans ces montagnes froides fut érigée par l'empereur Mathaël prenant en pitié ces malheureux hybrides, leur permettant de vivre loin des autres. 
Des gardes qui guettaient du haut de la muraille nous vîmes arriver, ils invoquèrent un familier copieur qui virevolta jusqu'à nous en nous faisant transmettre le message de son maître. 


Familier: "Étrangers, les hybrides de la citadelle de Pandore vous salue, sachez cependant que nous n'acceptons aucunes visites par soucis de sécurité envers notre race. En revanche si vous êtes pèlerins d'Anastasia, veuillez remettre vos certificats à ce familier."




La luciole tendit les bras alors que nous lui déposions chacun notre tour nos papiers. Je soupir en pensant à Kagura qui ne doit même pas savoir où nous sommes en ce moment et cherche dans son tas d'affaires son certificat, le donnant à la luciole se dépêchant de voler jusqu'en haut de la muraille retrouver son maître. 
Le garde qui semblait être un hybride lynx à en juger ses oreilles et sa queue déroula les papiers lisant avec attention, son familier posé sur son épaule. Hochant la tête il nous fit signe d'avancer alors que le pont levis de fer tomba dans un vacarme assourdissant. 
Timidement, La Cortana s'avança, passant le pont et entrant à l'intérieur. A trois, on ouvrait de grands yeux, regardant la cité de style arabe. Très peu de personnes on pu découvrir l'intérieur de Pandore, on raconte d'ailleurs qu'à part l'empereur du bien, seuls les pèlerins de l'Arborh ayant eu un trajet plus long ont eu la chance d'admirer cette ville, les rares livres parlant à ce sujets ont été écrits par d'anciens élèves. 
Si l'extérieur était froid et métallique, l'intérieur était riche et coloré, des jardins reflétaient milles et unes couleurs, les bâtiments, d'une architecture si orientale semblaient briller et le marché rassemblant épices, viandes, légumes, fruits, poissons dégageait des odeurs mélodieuses. Partout les hybrides qui peuplaient ce lieu étaient riants et joyeux. 
Un garde dont le visage était caché par de nombreux foulards et de grosses lunettes noires comme ses collègues se plaça devant notre van, nous faisant signe de nous arrêter. Enlevant ses bandages, ce fut un hybride aux allures de tigre avec ses rayures et ses yeux dorés magnifiques qui nous sourit. 


Salem: Bonjour pèlerins, notre peuple est ravi de voir de nouveaux aventuriers comme vous, mon nom est Salem, chef des gardes de Pandore. *exécutant une courbette* Je vous en prie descendez de votre véhicule nous allons le prendre en charge, nous avons déjà préparé l'hôtel principal de la ville pour vous. 
Marshall *affolé*: Il me demande d'abandonner mon bébé?! Qu'il aille se faire foutre, je le laisse pas à des étrangers! 
Ewelein: Tais-toi Marshy! Ça va te tuer un peu de politesse dans ce monde de brutes? 
Marshall: Justement j'suis pas habitué à autant de bonté moi! Je quitte pas le navire! 


Faisant claquer sa langue, l'elfe se leva, attrapant le vampire sous le bras il descendit du van avec le colis qui n'arrêtait pas de gesticuler et crier comme un goret, à tel point que les passants se retournaient, gênés. 


Marshall: T'es sérieux là Asri'?! Pose-moi j'suis pas un gosse! 
Asriel *fronçant les sourcils*: Des pauvres gens nous offrent l'hospitalité et tu ne pense qu'à ton petit confort, alors boucle-là pour une fois. 


Le blondinet semblait si menaçant que son colis n'osa répliquer, plutôt intimidé par l'autorité naturelle de cet homme. Quand à moi, j'hésitais à appeler la couleuvre mais il fallait bien qu'elle quitte son lit. Je décidais alors de ne pas monter, l'appelant juste d'en bas. 


Ewelein: Kagura, nous sommes arrivés à Pandore, descends s'il te plaît. 


Je me prenais pendant un instant pour une mère de famille qui appelait ses enfants pour manger. 
Mais à ma grande surprise pas de résistance, la verte déjà habillée de sa tunique blanche et son foulard se montrait à moi, la mine déjà plus claire qu'il y a une heure, je me doutais qu'elle avait pleuré. Il est parfois bon de pleurer quelques minutes pour après aller mieux, c'est ce qui a du lui arriver il y a peu. 
Elle me sourit faiblement. 


Kagura: Fait-il beau temps? 
Ewelein *souriante*: Oui, il fait très beau. Viens Kagura. 


Je lui prenait la main en souriant, elle avait le visage doux, sa dureté était effacé désormais. 
Ses yeux prenaient toutes les couleurs de la Terre lorsqu'elle vit autour d'elle ce paysage si chaud, jamais de sa vie elle n'avait vu autant d'éclat, elle en avait le souffle coupé. Salam s'approcha de nous, le visage radieux en nous tendant une main chaleureuse. 


Salem: Votre ami elfe a emporté le vampire avec lui directement à l'hôtel, souhaitez-vous que je vous accompagne jusqu'à eux? 
Ewelein: Faites-nous plutôt la visite de votre si belle cité! 
Salem: Je comprend, rares sont ceux ayant vu le vrai visage de Pandore. Lorsqu'on y entre beaucoup de questions viennent aux bouches de ces curieux! *montrant le chemin* Venez, je vous en prie. 


L'homme tigre entama le pas, nous présentant les différents bâtiments, religieux, administratifs, sociaux, nous racontant leur culture, leur passé. Nous buvions toutes ses paroles, moi et la couleuvre qui était accrochée à mon bras, je posais de nombreuses questions, prenant parfois note dans mes journaux. 


Salem: Comme notre pays est situé au milieu de rien, tout ce que nous possédons ici proviens des autres contrées de Black Rose. Notre culture est donc essentiellement portée sur le commerce étant donné que l'agriculture est difficile en ces terres montagneuses, que l'artisanat l'est autant par le manque de place pour y construire des ateliers et usines et que la pêche... Comme vous, vous en doutez est impossible ici. 
Ewelein *prenant des notes*: Comment vous procurez-vous alors toutes ces marchandises? 
Salem: La garde de Pandore possède plusieurs unités en rapport avec l'hybridation de chacun, ceux ayant des gènes avec des ailes sont les messagers et les transporteurs des dites marchandises, ceux ayant les compétences les plus athlétiques sont la garde rapprochée, enfin ceux ayant des capacités mentales au-dessus de la moyenne sont les stratèges avec les dirigeants. Par ma nature de tigre, je suis chef de la garde rapprochée! 


Je notais de nouveau. L'homme aux yeux d'or s'adressa alors à la couleuvre, très intimidée qu'un étranger lui parle directement. 


Salem: Mais dis-moi toi, tu es aussi une hybride pas vrai? Tu viens du pays? 
Kagura: Et bien... 


J'eu fini d'écrire, j'attendais sa réponse aux côtés de Salem. La verte eut le regard vague porté dans les nuages. Un soupir s'échappa de ses lèvres. 


Kagura: Non je ne suis pas d'ici, je viens d'un petit village sur une île perdue dans Black Rose... L'entière race des hybrides serpents sont de là-bas; boas, couleuvres, vipères, anacondas, nous sommes tous originaires de cet endroit... 
Salem: Maintenant que tu le dis, c'est vrai qu'aucun hybride serpent de vit en notre cité, le fait que tu m'évoque cette île me confirme cela. 


C'était la première fois qu'elle parlait autant, jamais elle n'avait dit autant de choses dans une phrase, j'en restais étonnée. Et quel ton elle avait dans sa voix à ce moment... Une ancienne nostalgie la reprenait, elle en était devenue superbe durant ces quelques secondes. Si je n'avais pas été hétéro, je serais sûrement tombée amoureuse ce jour-là en la voyant...
Le reste de la journée se passa aux côtés du gentil Salem qui avait prit de son temps sur son boulot de la garde pour nous faire visiter toute la citadelle, nous étions devenues incollables en quelques heures. Le temps des adieux fut donné et il nous raccompagna pour de bon à l'hôtel, nous faisant ses adieux. 
Entrés dans la chambre communes, Asriel affûtait son épée tandis que le vampire s'en faisait griller une petite sur le balcon, l'air défoncé. 


Asriel: Vous, vous êtes bien amusées? 
Ewelein: Et comment! Pandore c'est vraiment un endroit charmant, ce sera sûrement la dernière fois de notre vie que nous verrons ce paysage alors j'ai vraiment voulu en profiter avec Kagura. 
Asriel *souriant*: Je vous comprend, moi-même je me suis longtemps baladé. 
Ewelein: Et l'autre grincheux il s'est calmé? 


Ayant entendu son surnom, il coinça sa clope entre ses doigts, lâchant une bouffée de fumée de côté, faisant tousser au passage Kagura qui sentait l'odeur du tabac dans la chambre. 


Marshall: J'étais à deux doigts de lui foutre une baigne à l'autre Sherkhan. 
Ewelein: C'est cela oui, pour information il est chef de la garde rapprochée hein... 
Marshall: Rien à fout'... 


Je m'affalais sur mon lit, croisant les bras derrière la tête. 
Demain nous partirons pour Finalo, le pays des dragons, nous aurons la confirmation où non si cette guerre est encore présente, l'angoisse est bien présente en moi, si jamais la guerre ne s'est pas stoppée que ferons nous au milieu de ces champs de bataille? Cela semble si difficile à croire que le lieu paradisiaque où nous sommes est juste à côté d'un potentiel Enfer sur Terre... 
Mais alors que je me ressassais ces mauvaises pensées, Kagura grimpa sur mon lit, s’allongeant près de moi, elle ressemblais à une petite fille qui venait chercher sa mère au lit. 


Kagura: Ewelein, pourquoi tu fais cette tête? 


Je lui souriait avec bienveillance, lui passant une main dans ses cheveux. 


Ewelein: Je songeais à l'Enfer, et au Paradis aussi. Nous sommes des vagabonds qui parcourront ces terres tantôt immaculées, tantôt peintes de sang tu ne trouve pas? 
Kagura: Oui... Je trouve aussi Ewelein... 








La ville-contrée de Pandore en fait rêver nombre de voyageurs de Black Rose, tous souhaitent l'atteindre par tous les moyens. Mais la plus sûr est de ne pas tricher, de faire gentiment ce qu'on nous demande.
Finalo n'est plus loin, vagabonds. Reposez-vous le temps qu'il vous faut encore, vous en aurez besoin... 



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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Dim 6 Mar - 18:45
--Chapitre 7--
 
-Finalo-
 
 
 
???: ...selle...Lein!
 
Quelqu'un me parle, je grogne, je ne veux pas me lever maintenant.
Est-ce encore mon cauchemars? Non étrangement cette nuit je ne l'ai pas subi...
J'ouvre avec difficulté un oeil et voit une silhouette penchée au-dessus de mon visage, me gigotant doucement.
C'est Salem qui semble bien embêté, je me relève, frottant mon visage.
 
Ewelein: Salem? Qu'est-ce qui ne va pas?
Salem: Il est déjà l'aube il faut que vous partiez pour Finalo!
Ewelein: Mais... Pourquoi maintenant? On ne peux pas finir notre nuit d'abord?
Salem: Personne à part la garde de Pandore ne doit savoir que l'on fait passer des gens hors de la frontière...
 
Je vois son visage pressé et n'insiste pas, je comprend la défiance des Pandorins, si des civils savaient comment sortir d'ici qui sait ce qu'ils décideraient de faire.
 
Ewelein: Entendu, je vais prévenir les autres.
Salem: Je vous attend dehors.
 
Le tigre quitta la chambre et je cherchais de mes yeux encore peu éveillés les trois gais lurons restants.
Surprenant, ils étaient bien sages dans leur lit respectifs, certains prenant des poses plus artistiques que d'autres comme Marshall qui avait plus de corps en dehors des couvertures qu'autre chose, où Kagura qui ressemblait encore à un cocon dans les siennes. Je soupir et les réveille tour à tour, nous, nous dépêchons de nous préparer à déboulons à la hâte à la sortie de l'hôtel où nous attendais comme prévu Salem, plusieurs gardes, et deux autres personnes portant le même uniforme que le tigre mais ayant un logo différent du sien. Là où notre ami avait un insigne avec des haches, l'un en avait un avec un insigne de carte et l'autre une paire d'ailes. C'était une femme forte aux cheveux blancs avec un bec et de grandes ailes à la place des bras et un homme âgé à lunettes à l'apparence d'un primate. Ils se tournèrent en notre direction, le tigre nous fit les présentations.
 
Salem: Pèlerins, voici les deux autre chef de garde: Sirius le responsable de la garde stratégique, un hybride chimpanzé et Svetlana celle en charge de la garde volante, hybride faucon quand à elle. Messieurs-dames, les jeunes pèlerins de l'Arborh Ewelein Ultear bookman, Marshall vampire, Asriel Dreemur elfe et Kagura Sôma hyrbide serpent.
 
La faucon et le chimpanzé nous firent une rapide courbette et débutèrent la marche avec nous, encadrés par les autres gardes.
Le timide lever du soleil ne permettait pas encore de rehausser suffisamment la beauté de cette cité qui ne montre son potentiel qu'illuminé en pleine journée, cette situation me rappelait déjà curieusement notre arrivée ici. Nous continuons notre chemin en silence, seul le bruit des pas et des armes s'entrechoquant témoignaient de notre passage, c'est alors que plusieurs autres soldats arrivaient essoufflés, paniqués, appelant leurs supérieurs, nous, nous arrêtons.
 
Soldat: Seigneur Salem! C'est horrible, un massacre à eut lieu dans le quartier sud de la citadelle! Plusieurs enfants hybrides ont été attaqués durant la nuit!
Salem *fronçant les sourcils*: Combien?
Soldat: Ils sont huit... Leurs parents sont catastrophés venez vite s'il vous plaît!
 
Sirius s'avança, l'air grave.
 
Sirius: Emmenez moi avec lui je veux examiner les corps...
Soldat: Seigneur Sirius! Votre sagesse est un honneur... Venez aussi s'il vous plaît.
Salem: Svetlana, occupe-toi des pèlerins et fais les quitter la cité au plus vite, Sirius et moi partons sur-le-champs sur la scène du crime!
 
La faucon hocha la tête nous prenant aussitôt à part avec sa garde personnelle, le tigre et le primate se hâtaient vers le quartier en question. Choqués, nous, nous regardons et parlons à voix basse en prenant garde à ce que la blanche ne nous entendent pas.
 
Marshall: Putain... Là c'est clair c'est encore cette bestiole qui nous suit là!
Kagura: Et c'est toujours la même manière de tuerie! Des meurtres d'enfants, la nuit... Et si ce n'était pas une bête mais un tueur en série?
Ewelein: Pas bête, mais quelque chose me chiffonne dans cette histoire...
 
Mon visage s'assombrissait, les siens aussi, ils avaient déjà compris ce que je m'apprêtais à dire...
 
Ewelein: Pandore est une ville ultra-surveillée, personne ne peut y entrer sans l'accord exceptionnel des dirigeants, ce qui veut dire... Que cette bête, où ce tueur à gage comme vous voulez, se trouve parmi nous en ce moment même et qu'il ne peut être qu'en contact direct avec l'Arborh...
 
Asriel, tout aussi suspicieux émis également son hypothèse.
 
Asriel: Le coupable pourrait très bien être un étudiant qui nous suit depuis le début, causant des morts derrière lui au passage.
Ewelein: Un étudiant où bien... N'importe qui?
 
C'est alors que quelque chose m'est revenu subitement en tête.
Je me souvenais de notre attaque avec les maras à Parta, lorsque j'étais avec celle au crâne de monstre, elle m'avait parlé d'une personne qui les avaient acheté, elle et ses coéquipiers pour nous capturer à lui.
Je faisait claquer mes doigts et échangea des mots inquiets.
 
Ewelein: Les gars, lorsque nous étions aux emprises des maras à Parta, celle qui s'occupait de moi m'avait appris que quelqu'un les avaient payer pour nous capturer... Et si cette personne en question était la même que celle qui s'en prend aux enfants?
 
Les trois firent des yeux ronds.
 
Marshall: Quel intérêt aurait-il à nous attraper?
Ewelein: C'est là que ça bloque... En tout cas maintenant on a la confirmation d'être surveillés.
Kagura: J'espère que les gardes de Pandore arriveront à déceler qui est le coupable...
 
Nous arrivions alors à ce qui semblait être un bâtiment de style industriel, très bariolé par rapport au reste de la cité qui est loin de cette architecture. La femme oiseau actionna un mécanisme, les gardes s'écartaient alors, le sol s'ouvrit sous une dalle géante montrant un sol profond avec une autre dalle en guise d’ascenseur, la porte s'ouvrit dans un bruit de machination et laissa échapper de la vapeur. De son accent slave, elle croisa les bras et s'adressa à nous.
 
Svetlana: Cet ascenseur est utilisé en cas d’extrême urgence si la ville venait à être une nuisance, c'est un couloir qui descend les montagnes de Parta et se relie jusqu'à Finalo, ne cherchez pas à vous enfuir où vous serez enfouis sous les pierres...
Kagura: Qu'est-ce qui nous attendra là-bas à votre avis...?
 
La soldate au bec de faucon plissa les yeux, prenant une mine désolée, répondant à la couleuvre d'une voix basse.
 
Svetlana: Rien qui n'inspire le bonheur en tout cas...
 
Elle déglutit sa salive, peu rassurée et nous non plus. C'est alors que La Cortana qui nous avait manqué entra également dans le bâtiment, conduit par un soldat de la garde ailée, les autres lui faisaient les signes nécessaires pour faire entrer le van dans le grand ascenseur.
 
Svetlana: Votre véhicule a été nettoyé et les éléments ont été améliorés, changés durant votre séjour.
Marshall *surexcité*: MON BÉBÉ!! Il est comme neuf!
 
D'un bond, il dégagea le soldat du volant pour y prendre place, embrassant de partout son jouet qui avait effectivement repris un petit coup de jeune bien mérité.
A notre tour nous prenions place dans le van, faisant nos adieux à Pandore dans un cadre beaucoup moins joyeux qu'il y a quelques heures. Svetlana nous lança un regard sombre.
 
Svetlana: Je vous plaint d'avoir à traverser Finalo... Je vous souhaite bonne chance de ne pas avoir à croiser les dragons sur votre route...
 
-------------------------------------------
 
 
Nous ne faisons que descendre sous ces montagnes froides, attendant le signe d'un soleil où même d'une lune. Mais ce n'est pas étonnant, Pandore est niché au sommet. Un silence prit place entre nous.
 
Marshall: Vous croyez qu'on croisera des chamois?
Ewelein *sifflant*: Marshy...
Marshall: Bin quoi?
 
Je suppose que nous étions tous en train de songer de la créature qui sévit sur notre passage.
D'abord Solar, puis Opaline et enfin Pandore, elle semble attaquer une nuit sur deux. Et puis pourquoi tue-t-elle uniquement des enfants? Pourquoi de parfaits inconnus qui plus-est?
Ma tête me faisait mal à force de trop y penser, l'angoisse nous prenait à la gorge rien qu'en ayant la vision de cette créature qui cour après nous, peut être est-elle déjà là?
Mais alors que je continuais à me poser maintes questions, Asriel s'assit à mes côtés, s'allumant une cigarette au passage, il me questionna.
 
Asriel: Si nous tombons nez à nez avec un dragon, quels solutions avons-nous?
Ewelein: La fuite est inutile, la bataille aussi alors je suggère qu'on s'excuse à genoux...
Asriel: Dommage que l'on n'en a pas un dans notre groupe, il aurais pu être utile.
Ewelein: Pas faux...
 
J'en avais presque oublié Finalo, Svetlana ne nous a pas informé si la guerre entre les dragons et les sorciers s'était terminée où pas. Et si c'est le cas, on aura l'air bien fins tous les quatre dans ce champs de bataille...
Mais cette question tombais à point nommé, la dalle ralentissait petit à petit, les montagnes de Parta prenaient définitivement fin...
Le couloir débouchait sur une lourde porte en acier trempé camouflé de sorte à ce qu'on la prenne un amas de pierres, elle s'ouvrit d'elle-même lorsque le mécanisme de l'ascenseur l'enclencha, La Cortana avança...
Coup de tonnerre dans nos cœurs, le paysage de Finalo n'avait plus rien à voir avec la cité si verdoyante et joyeuse de Pandore...
Le ciel était teinté d'un rouge sang et sombre, pas l'ombre d'un astre n'était visible.
La terre était elle-même craquelée, sèche ne faisant pousser pas une seule touffe d'herbe, seuls quelques arbres morts avaient été épargnés mais n'allaient plus jamais produire de fruits et de fleurs.
Et enfin, surplombant jusqu'à l'horizon, des carcasses et des carcasses de dragons et de sorciers s'empilaient les uns sur les autres...
Nous en avions le souffle coupé, impressionnés par la violence de cette guerre et dégoûté de toutes ces conséquences... Nous descendions de La Cortana, interloqués.
 
Eweleil: ...C'est un véritable cimetière cet endroit.
 
Asriel ferma les yeux, il se concentra.
 
Asriel: Je n'entend pas d'attaques, la guerre serait donc finie?
Marshall: Ouais... Mais à quel prix? Des familles et des enfants se sont fait décimés...
 
Le vampire avait la figure brisée en milles morceaux, il en était malade de toute cette violence. Kagura quand à elle lâcha un cri lorsqu'elle marcha par mégarde dans la cervelle d'un sorcier.
 
Kagura: Je...je, je ne veux pas voir ça! Partons vite d'ici!
Ewelein: On a pas le choix, mais il va falloir traverser le pays avant...
Kagura: On est obligés... de supporter ce spectacle...
Ewelein: Malheureusement oui, et ce qui nous attend après n'est pas des plus joyeux non plus, notre prochaine destination sera Mila la terre des loups-garous ainsi que Sasori, le "véritable" cimetière...
Marshall: Il est vraiment super cool le continent de Geais dis donc...
 
Nous ne disions rien, à pieds se tenait un homme d'un certain âge, sorcier si je ne me trompe pas, de sa poche, un petit carnet avec une couverture en moleskine était à moitié tombé. La curiosité littéraire me poussa à lui emprunter, feuilletant quelques pages, j'en lisait une au hasard.
 
 
"16 Novembre"
"Toujours aucune amélioration dans notre camp, les dragons nous surpassent par leur puissance mais nous faisons résistance comme nous le pouvons par notre magie supérieure et notre nombre plus conséquent. J'ai reçu une lettre de ma sœur aujourd'hui, son fils ne reçoit de l'école que la haine des dragons, ils leurs inculquent dès le plus jeune âge à mépriser cette race pourtant si noble. Nous recevons tous les trois jours de nouvelles cargaisons de sorciers destinés à devenir de la chair à canon, toujours de plus en plus jeune...
Celle d'aujourd'hui m'a stupéfait, ils avaient littéralement envoyés à la mort des enfants, souriants et heureux pensants qu'ils gagneront facilement face à ces bêtes qu'il considèrent comme inférieures depuis leur éducation nouvelle.
On lance propagandes sur propagandes aux femmes qu'on engrosse de plus en plus vite pour produire plus de marmaille, plus de soldats, j'ai même eu vent que l'on mettait désormais notre magie pour créer artificiellement des nouveaux-nés. Notre société est devenue une usine où l'on nous prend pour des cyborgs dépourvus de sentiments qui ne vivent que pour la guerre.
Les dragons quand à eux ne cèdent pas à toutes ces machinations barbares, qui sont les plus sauvages de nous deux? Ces bestiaux ont l'honneur et la vaillance que nous n'avons pas...
Je devient las de cette guerre ridicule. Tout cela n'est dû qu'à la cupidité de nos dirigeants, si ces gens-là n'avaient été que de simples balayeurs, serions-nous aujourd'hui auprès de nos familles?
Je me fiche de qui va gagner maintenant, en fait je désire même que nos deux races soient exterminés, qu'on en finisse pour de bon..."
 
 
Je referme la page avec un goût amer en travers de la gorge et repose le carnet près du corps du malheureux, cette guerre a prit des proportions bien trop grandes, ils en sont devenus lobotomisés. Marshall grimpa à nouveau dans le van, l'air abattu.
 
Marshall: On ne peux pas rester ici indéfiniment, continuons notre route.
Kagura *tremblante*: F...Fais attention à ne pas rouler sur des ca...cadavres hein?
Marshall: Ça risque d'être compliqué mais j'y ferais gaffe promis.
 
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Ce paysage ne s'arrêtera donc jamais? A combien de kilomètres cette guerre s'est étendue? Sur tout Finalo on dirait, les dragons ont vraiment pris cher.
Au fur et à mesure de notre progression cependant, les étendues de terres craquelées laissent apparaître volcans et autre cratères, on dirait carrément une autre planète cet endroit.

Soudain le bruit du moteur de La Cortana se fit vite dépasser par un autre son, celui d'un gargouillement et par n'importe lequel, celui d'Asriel.

Asriel: J'ai faim. 
Marshall *ironique*: Naaaan, tu crois? Ton ventre nous as fait une symphonie en Ré mineur là! 
Ewelein: Quelle jolie façon de dire qu'on n'entendait que ça... 
Marshall: Je sais être poète des fois. 

Sur un accord commun, nous décidons de poser le van pour dîner sur un coin pas trop envahi par les cadavres, histoire de ne pas nous couper l'envie de manger. Chose trouvée, sur la plaine interminable un côté semble avoir été plus épargné que les autres. 
L'hybride ouvrit les placards en première, surprise de les découvrir remplis à ras-bord de mets. 

Kagura: Les Pandorins nous ont gâté... On a des réserves de viandes, de poissons, de légumes, de fruits et d'épices. 
Marshall *furtif*: Et de l'alcool? 
Kagura: Ah, non juste de l'eau. 
Marshall: Et merde. 

Un morceau de viande fut choisi, ainsi que deux dorades pour une petite séance grillade au coin du feu dans un décor de rêve... Il ne manquait plus qu'une guitare sèche et le tour était joué. 
Nous mangions avec entrain, alors privés de nourriture depuis hier soir, la seule qui était alors assez résignée était la couleuvre qui était trop sous le choc pour avaler quoi-que-ce-soit, gardant son poisson entre ses mains tremblantes, l'elfe le fixait avec envie. 

Asriel: Si tu ne le mange pas alors donne-le-moi. 
Kagura: Vas-y prend-le je t'en prie... 

Je soupir longuement, finissant mon bout de viande et vient à aborder un sujet délicat. 

Ewelein: Honnêtement je n'ai aucune idée si je vais réussir à dormir cette nuit. 

Gros silence, Kagura tremble davantage, Asriel continue de manger sans y prêter attention et Marshall fais balader son regard un peu partout désignant son envie de changer de sujet. 

Kagura *effrayée*: Je ne veux pas dormir là...!
Marshall: Meuuuuh t'inquiète va! Je vais te filer un peu de bédo t'iras mieux après. 
Kagura: Ja...Jamais de la vie je ne fumerais ça! 
Marshall: Tu ne sais pas ce que tu rate pourtant. 

Il rigole comme un malin devant la pauvre couleuvre qui était déjà assez dérangé comme ça, puis me fait signe d'approcher. 

Marshall: Hey, pourvoyeuse de sang viens ça fait longtemps que j'ai pas bu. 
Ewelein: Appelle-moi encore une fois de cette façon et tu te démerde avec celui d'un mouton. 
Marshall: Quelle cruauté... 

------------------------------------



























 
 






 
Ewelein...
Ma petite Ewelein, pourquoi as-tu laissé ton livre...?
 
-Je m'étais endormie près du chêne à côté du champs de blé, je l'ai oublié.
 
Ewelein, est-ce que tu te rends compte de ce que tu dis?
Ne te sépare jamais de ton livre, pour les bookmans il s'agit d'un deuxième coeur.
Tu veux que des mauvaises personnes le prenne et en fait de mauvaises choses?
NE TE SÉPARE JAMAIS DE LUI!
NE LAISSE PERSONNE S'EN APPROCHER TU COMPRENDS? S'ILS LE TROUVE IL TE TUERONT, TOUT LE MONDE VEUT TA MORT EWELEIN TU ENTEND?! PERSONNE DANS CE MONDE NE T'AIME!
 
-Mais... Pourquoi est-ce que tu me préviens alors? Tu m'aime quand même un peu?
 
...
Tu es encore bien jeune pour comprendre les adultes.
Je ne te dis pas ça par gaieté de cœur, c'est ma mission de veiller sur toi.
Ewelein.

Tu es une bombe à retardement et moi, je protège les autres qui veulent t'approcher...

...........................................
..................................
..........................
..................
..........
.....
....
...




Putain de merde, il est revenu celui-là, il m'avait presque manqué! 
Sérieusement, hier à Pandore ce cauchemars m'a foutu la paix alors pourquoi revient-il à Finalo? 
J'ouvre les yeux et découvre alors Asriel qui était sur le point de me réveiller. 
Je murmure quelques injures. 

Ewelein: Bon dieu, Asri' on est au beau milieu de la nuit! Qu'est-ce qui se passe encore? 
Asriel: Ecoute. 

Je soupir et tend alors l'oreille sous son conseil. 
Mal m'y en pris, j'entendit effectivement des pleurs, ce qui éveillé un soupçon de crainte en moi en sachant que nous étions toujours dans ce cimetière de dragons. Kagura et Marshall étant déjà levés, ils étaient à l'affûts comme des chiens de chasse, La Cortana habritait quatre jeunes adultes qui ne bougeaient pas une oreille. L'elfe attrapa son arc et tira une flèche de son carquois. 

Asriel: Je vais voir dehors. 
Ewelein: Attend t'es pas sérieux?! Qui ne te dis pas qu'il s'agit de fantômes de tous ces corps? Où même pire! Un dragon qui a survécu à ce massacre! Tu vas te faire brûler vif! 
Marshall: J'suis du même avis, allons-y avec lui pour qu'il ne soit pas seul au cas où!
Ewelein *furieuses*: Je n'ai pas dit non plus qu'il fallait qu'on sorte obligatoirement abruti! 
Asriel: Bon en attendant que vous, vous décidiez je m'en vais. 
Tous: ASRIEL MERDE!! 

Au final nous accourrions tous les trois derrière le blondinet qui avait l'arc déjà tendu, prêt à intercepter le moindre individu qui nous voudrait des craques. Par la vision de nuit du vampire, nous pûmes être dirigés sans être heurtés par des cadavres sur notre route. 
L'hybride ne me lâchait pas d'un centimètre, s'accrochant à mon bras désespérément. 
Au fur et à mesure que nous, nous approchions, les pleurs se faisaient de plus en plus distincts, ce n'était plus des pleurs anodins mais ceux d'un bébé où du moins d'un enfant. 

Marshall: Stop arrêtez-vous! J'crois qu'on y est... 

Le vampire avança à pas de loup mais recula d'un coup lorsqu'il se rendit compte que nous étions juste en face d'un corps de dragon énorme sur notre chemin. Avec attention, il inspecta le reptile, tournant et re-tournant autour de cette masse d'écailles jusqu'à ce qu'il s'agenouilla, soulevant la crinière énorme. 

Ewelein: Alors? 
Marshall: Vous n'allez pas me croire...

Il se releva avec quelque chose dans les bras et s'approcha de nous, nous montrant le fruit de sa découverte. Pressé contre son torse, nous vîmes un nourrisson dragon aussi gros qu'un chat dont les écailles étaient tâchées du sang de celui qui le cachait. 
Une espèce de dragon assez particulière que nous avions là, il n'avait pas l'apparence d'un venant d'occident mais plutôt de contrées asiatiques de par son corps très longs semblable à un serpentin, ses moustaches, ses cornes et son crâne pleins de poils et de plumes. Il était d'une couleur bleue claire, voir turquoise. 
Les yeux ronds, nous observions le nouveau-né si différent des nôtres, estomaqués et incapables de savoir quoi en faire. 

Kagura: C'est... C'est un bébé?! 
Asriel: Il a dû naître sur le champs de bataille, cette dépouille doit être sa mère. 
Ewelein: On est bien avancés! On va en faire quoi?
Marshall *fier*: MOI JE VAIS LE GARDER! 

Alors que nous étions affolés, l'air glorieux du brun nous arrêta illico. 

Ewelein: Tu plaisante j'espère? On ne peux pas faire ça, on est en plein pèlerinage Marshy! Et nous n'avons pas les capacités pour le garder avec nous! Ce n'est pas comme si tu adoptais un chat où un chien hein, on parle d'un PUTAIN de dragon! Tu sais, les bestiaux qui peuvent te tuer en un claquement de doigts parce que ta tête ne leur revient pas! 
Marshall *faisant claquer sa langue*: Et alors? Tu compte le laisser crever ici tout seul? Dragon où pas c'est avant tout un gamin et je ne supporte pas de voir des enfants livrés à eux même sans personne qui les surveille! 
Ewelein: Alors on le remettra à des spécialistes, des personnes qui ont étudié toute leur vie pour savoir comment s'en occuper! 
Marshall: Hors de question!! Je m'attache déjà à ce p'tit gars! 

J'étais très touchée que Marshy veuille s'occuper de cet enfant et je comprenais aisément que son enfance difficile y était pour beaucoup dans cette décision. Lui aussi a été orphelin et a du vivre sans personne qui ne l'ai protégé, sans nul doute qu'il doit se reconnaître en lui malgré cette épaisse couche d'écailles et de fourrure. Mais il était vraiment impensable qu'on le prenne en charge, surtout maintenant alors que nous sommes censés rentrer à Célestia au plus vite, et que dira monsieur Pandore s'il nous voit arriver avec ce nourrisson-machine-à-tuer? Oui, c'est un survivant! Et oui il mérite de quitter Finalo avant que d'autres sorciers ne le trouvent et le tue, mais c'est bien trop de responsabilités à avoir sur le dos! 
Deux camps se formaient entre nous, Asriel avait vite choisi celui du vampire car attendrit également par ce petit, mais Kagura s'affola aussitôt. 

Kagura: Ho...Hors de question qu'on le garde avec nous!! Tu entends?! Je ne veux pas de lui!
Marshall: Espèce d’égoïste! Toi ça te plaît bien de ne pas te soucier des petits problèmes des autres pas vrai? Toi ce qui t'intéresse c'est de vivre ta vie pépère sans problèmes! Rien à cirer je le garde! 
Kagura *affolée*: JE TE DIS QUE JE NE L'ACCEPTERAIS PAS AVEC NOUS ALORS ABANDONNE-LE ICI!! 

Je posais une main réconfortante sur son épaule, sentant qu'elle était en train de débloquer. 

Ewelein: Hey oh, calme-toi Kagu'! 
Kagura: JE N'EN VEUX PAS!! JE REFUSE, JE REFUSE, JE REFUSE, JE REFUSE!

On aurait dit une folle à ce moment là... Je ne la reconnaissais plus.
Je pensais qu'à tout moment elle allait prendre le bébé et le balancer au loin pour l'achever mais fort heureusement, Asriel lui avait donné un bon coup à la tête pour qu'elle puisse s'évanouir, ce qu'elle fit. 
Le silence revint sur la plaine, j'avais l'hybride entre mes bras et le bébé entre ceux de Marshy. 
Il fronça les sourcils, s'adressant à moi. 

Marshall: Ewy, je te demande juste de te mettre à sa place deux secondes... 
Ewelein: ... 
Marshall: ...
Ewelein: ...Alors ce sera TON gamin, s'il lui arrive malheur où s'il est question de lui nettoyer les écailles ce sera toi qui t'y collera.

A mes paroles, le petit reptile ce changea sous une lumière aveuglante, prenant son apparence de petit garçon. Il avait les cheveux aussi bleus ciel que ses écailles et à en soulever ses lèvres, ses crocs toujours aussi affûtés... Je ne tenais pas à voir ses yeux durant son sommeil mais quelque chose me dit que dans le genre impressionnant il ne doit pas être mal non plus. 
Le vampire jubilait, son visage s'était illuminé et son sourire s'élargissait tandis que nous prenions le chemin du retour vers La Cortana.

Marshall: AH-AH! Qui sait qui est papa maintenant? C'est Marshy! J'ai toujours rêvé d'avoir un gosse!
Asriel: Pourtant t'avais le choix en filles à l'Arborh pour en devenir un, et elles auraient été ravies... 
Marshall *tirant la tronche*: Tu me prend pour un fou où quoi? Réfléchi un peu aux conséquences mec. *changeant de sujet* Oh! Et tu sais quoi? Je vais lui donner un nom tout de suite! ... ... ... .... ... MUKO! Ouais ça, ça claque comme nom pour un p'tit gars comme lui! *s'adressant au bébé* hein Muko? 

Je soupirais mais quelque part le voir comme ça me faisait sourire, il avait vraiment l'air d'un jeune homme qui venait d'être papa, exhibant son petit devant tout le monde sous son air fier. 
Le petit "Muko" justement avait bien séché ses larmes depuis, il riait de par l'agitation et les sourires que lui faisaient le brun, voir enfin quelqu'un de vivant a du lui faire du bien... 
D'après ses caractéristiques il me semblait bien avoir deviné un dragon de vent, Muko le petit dragonneau de vent, c'est vrai que ça collait bien... 

------------------------------------


???: DE-BOUT, DE-BOUT! 

Après avoir récupéré Muko, nous l'avions couché avec nous à l'étage, passant le restant de la nuit en sa compagnie. Avoir un bébé entre nos coussins avait un quelque chose de mignon. 
Mais ce que nous venions de voir au petit matin nous avait cloué le bec... 

Muko: DE-BOUT! DE-BOUT! 

Le dragonneau qui hier, était un nourrisson...
Était devenu en l'espace de quelques heures un petit garçon de cinq où six ans... 
Sautant comme un petit fou sur nos couvertures, le petit tentait de nous réveiller, agitant les bras et criant son éternel: "de-bout, de-bout". Encore une fois, ce gamin nous réservais de belles surprises. 
Je mettais mes lunettes rangées alors dans ma sacoche et observait le gamin, médusée. 

Ewelein: J'étais au courant que les dragons avait une croissance disons... rapide, mais de là passer d'un bébé à un bambin en l'espace d'une nuit j'appelle ça de la sorcellerie... 
Marshall *pleurant de joie*: Qu'est-ce qu'il me rend fier mon Muko... 



Désormais en présence du petit Muko, un jeune dragon de vent, nos vagabonds se retrouvent au nombre de cinq et vont découvrir avec joie, où non le développement d'un enfant en jouant le rôle de parents temporaires pour l'avenir de cet enfant. 
Mais cette nouvelle venue ne réjouit pas les cœurs de tout le monde... 


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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Dim 13 Mar - 19:24
--Chapitre 8--
 
-Mila-
 
 
 
Marshall: Allez, on recommence?
Muko: Oui, oui!
Marshall: Le grand blond baraqué qui a la tête dans le cul c'est Asriel, A-s-r-i-e-l!
Ewelein: Marshall ne commence pas à lui dire des injures à ce pauvre petit!
Marshall *ironique*: Tiens ta mère va me reprendre souvent...
Ewelein *soupirant*: Je ne suis pas sa mère! 
 
Les étendues horribles de Finalo passées, nous avions atteint Mila le pays des loups-garous où nous profitions de notre avance considérable pour prendre une pause. Pour une fois c'était moi qui alimentait La Cortana en magie tandis que Marshy prenait en charge Muko en lui faisant apprendre nos noms tour à tour.
Je tendais l'oreille, curieuse de savoir le résultat de cette expérience pour le moins peu commune et méfiante de ce que pourrait dire le vampire. Devoir élever un jeune dragoneau, le pèlerinage nous réservait-il d'autres surprises aussi inattendues?
 
Marshall: Celle qui vient de parler s'appelle Ewelein et...
Muko *penchant la tête*: Ewe...Ewelay?
Marshall *riant*: Arf c'est celle qui le nom le plus galère! Allez répète après moi: E-we-lei-"neuh"!
Muko: Ewelein!
Marshall: Tu pige vite! C'est bien mon grand!
 
Je souriais en entendant toutes ces simples petites paroles, c'est un petit dragon très joyeux combien de fois l'avons-nous entendu rire aux éclats devant des trucs complètement cons? Il a les yeux constamment rieurs et pas une fois je ne l'ai entendu se plaindre que ce soit le fait qu'il est loin de ses pairs où qu'il n'a pas eu tel où tel chose, c'est un enfant agréable.
Par ailleurs l'apprentissage du vampire me montrait la capacité d'assimilation très forte, chaque fois qu'il lui inculquait une description d'objet, d'animal où d'être humains le petit apprenais en un instant.
J'avais eu vent que les dragons étaient des êtres très intelligents, peut être même aussi malins que nous autres bookmans! Plus d'un parmi mon peuple aurait reçu cette affirmation comme un coup de poignard dans le cœur mais c'est un fait.
 
Il faisait bon vivre, mais hélas la joie retomba de manière virulente lorsque nous vîmes les pas lents de Kagura descendre de l'étage. Elle a encore passé sa journée au lit...
Aussi fatiguée et déterrée que les autres fois, elle se passa une main devant les yeux et les plissa lorsqu'elle découvrit l'enfant assis sur le sol l'observant de ses grands yeux.
Sans un mot, elle s'avança vers la cuisine tout en se passant de l'eau sur le visage, l'eau coulait encore lorsqu'elle soupira doucement.
 
Kagura *froidement*: Vous comptez le garder pour toujours?
Marshall *faisant la moue*: Qu'est-ce que ça peut te foutre? Tu ne t'en occupe jamais!
Kagura *menaçante*: Je n'avais pas besoin de ton avis à toi, c'est aux autres que je m'adresse.
 
Sursaut général, l'hybride avait une expression menaçante, froide, prête à sauter à la gorge du brun pour le faire taire. Pris au dépourvu avec ce ravalement de personnalité impressionnant, son interlocuteur ne su même pas quoi répondre, restant figé et vexé dans son élan.
Asriel qui était dans son coin à, comme moi, écouter les deux tourna la tête, moi de même.
 
Ewelein *soupirante*: Kagura, on ne pourra pas le garder éternellement, c'est un dragon tôt où tard il finira par grandir. Il ne pourra pas se développer sainement s'il ne reste pas à proximité d'autres dragons, une bête comme ça à besoin de grands espaces, d'une montagne de nourriture à chaque repas, d'exercices spécifiques et d'une culture riche.
Marshall: Hé mais t'es de quel côté toi?!
Ewelein: On en a déjà parlé Marshy, c'est impossible pour nous d'avoir cette tâche aussi importante sur nos épaules, j'ai accepté a ce que tu le prenne en charge personnellement de manière temporaire mais j'ajoute à notre contrat une nouvelle condition: une fois que nous auront atteint Célestia et que le pèlerinage sera alors fini, tu le remettra à des spécialistes qui se chargeront de lui trouver un cadre bien meilleur!
 
Là encore il resta bloqué, incapable de trouver quoi riposter. Asriel sorti de son silence habituel pour rejoindre ma cause.
 
Asriel: Ewelein a raison, et je soutient ses dires. J'ai aussi de l'affection pour Muko mais comment pouvons-nous l'aider à grandir de cette façon? Impossible, nous devrons lui dire adieu à la fin de ce voyage.
 
Le petit jeta un regard inquiet vers son père adoptif qui grinçait des dents, d'une certaine façon on pouvait dire que Muko était plus en train de rassurer Marshall que l'inverse.
 
Kagura: ...
Ewelein: Kagura?
Kagura: C'est... trop long... Il ne peux pas rester jusqu'ici...
Marshall*penchant la tête*: Mais qu'est-ce que tu lui reproche à la fin?!
 
Elle tourna la tête, de son visage inquiet elle inspecta nos quatre visages inquiets et/où méfiants.
Elle trembla, ne voulant plus avoir à affronter nos yeux impitoyables et se dépêcha d'enrouler autr de son cou son châle posé sur une banquette, dans son élan elle quitta le van d'un pas précipité.
 
Kagura: Je vais prendre l'air excusez moi...
 
La couleuvre partie, un malaise persistait tout de même nous laissant dans l'interrogation la plus totale, le vampire râla un coup donnant un coup de pied dans un meuble.
 
Marshall: J'en ai ras la couenne de ses sautes d'humeur! Du jour au lendemain elle passe de la gamine faiblarde à une putain de reine des glaces!
Ewelein: Marshy, pas de gros mots devant Muko...
Marshall: Ah oui pardon.
 
Il s'affala sur la banquette, suivi par le dragoneau qui s’asseyait sur ses genoux, calme et attentif à la conversation. Je croisais les bras en soupirant.
 
Ewelein: Laisse-là un peu tu veux? Elle a juste... quelques problèmes c'est tout.
Marshall: Des "problèmes"? Si tu veux mon avis elle couve quelque chose, elle ne nous donne jamais d'explications je te rappelle! J'en ai marre!
 
Assez agacée de ses plaintes je fronce les sourcils.
 
Ewelein: Elle est en droit de ne rien dire, qui sommes-nous pour lui demander des comptes?
Marshall: Ses amis peut être?
Ewelein: Parce que tu te considère comme étant son ami?
Marshall: Elle me tape peut être sur les nerfs par moment mais je ne suis pas un enfoiré qui ne peux même pas la mettre sur la première marche de l'amitié! On a quand même partagé des trucs depuis Anastasia non?
Ewelein: L'amitié est peut être quelque chose de facile pour toi mais ce concept ne marche pas de la manière exacte chez tout le monde, elle nous considère sûrement comme des étrangers.
 
Par mes dernières paroles je mettais un terme à cette discussion et décide de sortir rejoindre l'hybride qui est encore partie je-ne-sais-où pour pleurer.
Nous avions atterri dans une forêt proche d'un village de loups-garous. Parcourant le petit bois, j'appelais la couleuvre en espérant qu'elle me donne signe de vie, où même n'importe quel signe.
Ma surprise fut haute lorsqu'en m'arrêtant je devinais la petit phrase fluette: "Je suis ici..."
Levant la tête, je vis alors Kagura qui avait pris sa forme de serpent, enroulée autour d'une branche.
Je me retrouvais à converser avec un animal vénéneux potentiellement mortel...
 
Ewelein: Kagu'... Il ne faut pas partir comme ça, et ne tiens pas compte de ce que dit Marshall d'accord? On se fait du soucis pour toi en ce moment ma grande, pourquoi rejette-tu Muko en bloc?
 
La couleuvre fit frétiller sa langue fourchue en détournant les yeux, dans un sens je trouvais cela mignon comme cadre: une jeune femme qui essaie de résonner un serpent qui boude.
Je m'assoie au pied de l'arbre et continue la discussion.
 
Ewelein: On le voit bien que tu as peur de quelque chose, on veux t'aider mais nous devons comprendre pourquoi, tu vois ce que je veux dire?
Kagura: Même avec toute la meilleure volonté du monde vous ne pourriez m'aider.
Ewelein *souriante*: Et pourquoi pas?
Kagura *hésitante*: Est-ce que... tu te souviens à Parta quand tu m'as vue... différente?
 
Un tas d'images me revenaient alors en tête rapport à ce terrible moment, mais celle de la Kagura "différente" comme elle souligne si bien dominait mon esprit.
Plus douce et sérieuse, je lui hochais la tête.
 
Kagura: Je t'ai dit après à Pandore que j'aurais pu vous tuer, je ne mentais pas...
Ewelein: Pourquoi ferais-tu cela?
Kagura: Parce que...
 
Alors pleine d'entrain pour répondre, elle resta en suspens sur cette phrase.
 
Kagura: Parce que...
 
Elle se retenait de parler. Malgré mon ardent désir de lui demander d'en dire plus je me tut.
Chacun à ses secrets, ses démons dont on ne veux pas en parler, les miens resterons collés à ma peau pour le restant de ma vie, les siens aussi...
 
Ewelein: Allez descends de là.
 
Je lui tendait mon bras, elle quitta sa branche pour s'enrouler autour du perchoir qui s'avançait vers elle. Ce long corps écailleux et froid, j'avais la sensation d'être entravée par cette bestiole qui s'apprêtait à m'étouffer pour me dévorer, un frisson me parcourra l'échine.
Malgré mes tremblements, je lui souriait à ce reptile.
Le dernier sourire que je lui offrais...
 
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Non désireux de passer la nuit dans le bois, nous avions rejoins le village où très vite la question de trouver un lieu où dormir fut résolue, avec les quelques économies qui nous restaient après l'achat de La Cortana, nous options pour une petite auberge sans prétention tenue par une famille de loups.
Les chambres réparties, je décidais d'aller faire un tour.
Le hameau était principalement habité par des familles de chasseurs, le lieu n'avait rien de prétentieux, on s'y sentait assez bien.
Au détour d'une rue je passais en face d'une église, par un rapide coup d'oeil à l'intérieur je constatais que la religion avait ici une place très importante, si les rues n'étaient pas bien remplies, la population s'était réunie dans le bâtiment pour y prier, c'est alors qu'un religieux loup garou passant le balai devant la bâtisse me remarqua. Souriant, il s'avança.
 
Prêtre: Bonsoir ma fille, vous n'êtes pas d'ici. Voulez-vous entrer?
Ewelein *souriante*: Je vous remercie mais je n'ai pas ma place à l'intérieur.
Prêtre: Avez-vous péché?
 
Je soupirais, baissant les yeux.
 
Ewelein: Il y a de cela oui hélas... Mais je ne crois pas non plus.
Prêtre: Vous croyez peut être en quelque chose d'autre? Où quelqu'un?
Ewelein: En la science mon père.
 
Le vieux loup hocha la tête, toujours aussi lumineux il me montrait par sa simple expression qu'il respectait mon choix. Il portait sur son visage que c'était un homme bon qui en a souffert toute sa vie, ses marques passées sonnaient comme des blessures aujourd'hui.
Il continua à balayer, prenant garde à ce que sa soutane ne soit pas salie tandis que je me décidais à m'asseoir sur les marches de pierre de l'entrée, entendant les chants religieux résonner à l'intérieur. Le vent discret du soir faisaient voler les feuilles mortes au sol et mes cheveux se balançaient sur ce même rythme, le vieil homme fit craquer son dos, fatigué de son effort.
 
Prêtre: Ah là là toutes ces feuilles... L'automne est une saison magnifiques mais elle me donne du travail à nettoyer davantage les alentours de l'église!
Ewelein: Déjà l'automne en effet... Malgré tout j'ai la sensation d'être dans un hiver glacial...
 
Le loup garou au pelage gris se posta près de moi, soupirant et observant le bois qui était en face. Le silence du soir avait une importance aujourd'hui. Le prêtre s'adressa à moi.
 
Prêtre: De mauvais présages s'annoncent cette nuit ma fille.
Ewelein: Que voulez-vous dire?
Prêtre: Dieu m'informe que nous traverserons de dures épreuves... Vous aussi, soyez prudente.
 
Il me fit une courbette de la tête ainsi qu'un dernier sourire en guise d'adieu et entra dans l'église avec son balais. Je ne savais trop quoi penser, les personnes ayant la foie sont fascinantes, pendant des années je pensais que ce n'était qu'une bande de simples d'esprits qui se raccrochaient toujours à des histoires, des messages inventés de toutes pièces pour avoir des semblants de réponses à leurs questions universelles. Déjà toute jeune la foie me semblait stupide mais avec l'âge j'ai appris à respecter ces choix.
 
Ewelein: De dures épreuves hein...
 
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Non... Ne sort pas maintenant...
 
 
 
 
Pas tout de suite...
 
 
 
 
 
Laisse-moi tranquille s'il te plaît...
 
 
 
 
Je...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Je... J'ai mal au cœur...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Encore...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
J'ai... Mal... Encore une fois...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Quelqu'un... Que quelqu'un m'aide...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Non...
Non, arrête ça.
Arrête de me posséder sans arrêt.
Laisse mon corps être lui-même.
 
 
Aaah...
 
 
 
 
 
 
Aaaaaah merde!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
LAISSE-MOI SEULE, FOUS MOI LA PAIX, ARRÊTE DE ME POURRIR LA VIE!!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Le prêtre avait raison ce soir.
 
Loup garou: Dépêchez-vous de vous réfugier à l'église! Prenez les femmes et les enfants d'abord, les autres venez avec nous débusquer cette saloperie!
 
Réveillée par l'agitation en dehors, je me précipitais à la fenêtre, voyant les villageois loups courir en trombe vers le bâtiment religieux, les autres se transformaient, toutes griffes menaçantes, prêts à attaquer la créature qui perturbait leur sommeil.
J'étais estomaquée du paysage. A ma fenêtre je surplombais le hameau, voyant les gens paniqués et hurlants, au loin j'entendais des râles horribles. J'entendais des pas précipités se diriger vers ma chambre, Marshall l'ouvrit en trombe, aussi affolé que les loups-garous.
 
Marshall: Ewy, c'est la merde.
Ewelein *sérieuse*: J'ai vu, que s'est-il passé?
Marshall: J'en sais encore trop rien, mais y'en a deux qui manque à l'appel...
 
Asriel entra à son tour, son épée sortie de son fourreau avec une expression menaçante sur le visage.
 
Asriel: Muko et Kagura ne sont pas dans leurs chambres. Et les villageois se sont fait attaqués par une créature qui a déjà massacré une dizaine d'enfants loups...
 
J'eu un haut le cœur et le visage en sueur.
Au fond de moi, je sentais que quelque chose s'était brisé, une sensation inconnue qui me disait que plus rien ne serait comme avant... Une partie de moi s'était enfuie...
 
Ewelein: Je rentre dans une robe et j'arrive...
 
Le vampire et l'elfe s'en allèrent aussitôt, descendants immédiatement dehors vers la foule.
Quand à moi je jetais ma chemise de nuit, attrapant une longue chemise qui me venait en main, accrochée par une ceinture banale et une paire de bottes. Alors que je me dirigeais vers la porte, le haut miroir en face du mur me barra la vue, me montrant angoissée. Je déglutissait ma salive, j'avais peur mais je prenais mon livre du coeur fermement, certaine que cette nuit ma magie me sera d'une importance capitale.
Cette fois c'était la bonne, cette chose qui nous poursuit depuis Solar est avec nous...
Au même titre que les loups, je courais dans les rues, cherchant avec effarement les deux têtes blonde et brune familières et par espoir, l'hybride et le dragoneau.
Je me faisais pousser, bousculer, renverser par cet amas de gens sans fin, hurlant le nom de mes amis, mais en vain je n'en reconnaissais pas un.
A la place en revanche, un cortège qui ne m'était pas inconnu parlait aux loups...
 
???: Avez-vous compris? Nous recherchons cette personne et nous savons qu'elle se cache dans votre village actuellement. Vous n'êtes pas sans savoir depuis cette nuit qu'elle est d'une dangerosité extrême... Par ailleurs, ramenez-nous également ses complices ils sont sûrement au courant de son cas meurtrier!
 
Avec un peu de concentration, je reconnu finalement ces trois personnages...
Salem le chef de la garde rapprochée de Pandore, Svetlana celle en charge de la garde volante et Sirius celui aux commandes de la stratège étaient accompagnés d'énormément de gardes hybrides de toutes les espèces animales. Le chef primate était celui qui s'adressait aux villageois, sérieux et inflexible encadré par le tigre et la faucon tout aussi sévères.
 
Sirius: Nous venons de Pandore, et je peux vous assurer que le monstre qui s'en prend à vos familles en ce moment même est à prendre au sérieux, elle s'est également sauvagement attaqué à nos enfants. Nous avons le même but, protéger nos proches, laissez-nous participer à cette chasse groupée...
 
Les loups grognaient devant ces étrangers, peu aptes à recevoir la moindre communication, soudain le prêtre avec qui j'avais conversé se sépara de la foule qui le laissa passer sans broncher. Le vieillard fronça les sourcils parlant avec méfiance aux hybrides.
 
Prêtre: Retournez dans votre forteresse, hybrides la situation ne se prête guère à ce que vous, vous en mêliez! Cette histoire est l'affaire de Mila! Si notre roi vous savais en nos terres vous seriez déjà morts... *s'adressant à la population* Et vous bande de vauriens, n'avez-vous pas honte de prôner la violence? L'être humain ne doit pas se laisser entraîner dans la vengeance et l'amertume! Dieu vous protégera tous, laissez vos griffes et votre magie au service de la paix!
 
L'hybride stratège arqua les sourcils et prit alors le prêtre par le col de sa soutane, la foule grogna davantage à ce que l'on s'en prenne à l'un des leurs.
 
Sirius: Ecoutez-moi bien vieille branche au service d'un dieu qui n'existe pas, par votre pacifisme pathétique vous mettez des familles, des centaines d'enfants sur l'assiette de l'un des cinq démons les plus puissants de Black Rose! Est-ce ce que vous souhaitez voir la mort et les entrailles pourrir votre si beau pays de chiens galeux?! Je parle du démon Hakuja no Myojin, le démon responsable de la destruction de l'île des hybrides serpents!! Alors écoutez-moi bien, j'en ai absolument rien à foutre de vous et vos villageois car nous allons faire le ménage nous-même, quitte à brûler toutes les maisons de ce cet endroit pitoyable vous entendez?!
 
Et sur ses mots le primate jeta le vieux loup à quelques mètres plus loins, provocant au hurlement général des loups bien décidés à chasser ces étrangers de leurs terres. Perdue, je savais qu'ils nous recherchaient, nous les vagabonds qui venions d'arriver en ce village...
Affolée, je me dépêchais de sortir de cette foule de loups enragés qui se battaient férocement contre les gardes hybrides, les hurlements, les aboiements, et tous ces cris d'animaux se mélangeaient dans une bataille civile écœurante. Mais dans ma fuite, j'entendais l'accent slave de Svetlana qui me voyait partir de son regard perçant.
 
Svetlana: Là! Une des complices du démon s'enfuie!!
 
Le chaos déjà présent entre eux me permis de me faire voir par moins de personnes que je le pensais, dans ma fuite je passais entre chaque maisons, en chaque ruelles, je trébuchais sur un fossé qui me fit tomber comme un déchet dans un fossé du bois.
 
Ewelein: M...Merde...
 
Ma cheville avait pris un sacré choc, je me relevais le plus vite possible, prudente où j’essayais de me frayer un chemin entre les arbres.
 
Ewelein *grognant*: Mais c'est quoi ce bordel...
???: Tu es la complice d'une meurtrière, voilà ce qu'il en est.
 
Je me retournais avec crainte, découvrant entre l'obscurité des arbres la silhouette musclée de Salem, l'air grave et les griffes sorties tandis que j'étais appuyée et handicapée contre un chaîne.
Haletante, je l'observais dans ma faiblesse, sortant discrètement le livre de ma sacoche j'entamais des pour-parler pour ne pas l'alerter.
 
Ewelein: Salem... S'il te plaît ne fais pas de bêtises...
Salem: Une bêtise? Et le fait d'avoir massacré des personnes sans aucuns remords est donc aussi futile?
Ewelein: Je... ne vois pas de quoi tu parle, je te le promet je ne suis pas de cette histoire.
Salem: Ecoute ça ne me plaît pas de devoir faire cela mais je dois te tuer, toi et tes amis...
 
Le tigre fonça sur moi à une vitesse surhumaine, dans une rapide esquive je réussi à l'éviter, voyant le nombre d'arbres qui ont été coupés derrière moi par ces tranchantes. Il se retourna et me vit couchée au sol, le livre flottant, prête à envoyer un sort au moindre mouvement suspect.
 
Salem: Tu es blessée je le vois... Laisse-toi faire tu ne sentira plus rien.
Ewelein: Approche-toi encore une fois de moi... Et je te lancerais un sort dont tu t'en souviendra pendant des années...
 
Il baissa les yeux, m'observant complètement à sa merci, dans son rictus ses moustaches de félin se levèrent.
 
Salem: J'ai très rarement eu l'occasion de sortir de Pandore... J'ai toujours rêvé de me mesurer face à un mage où un bookman, voir ce que de la magie pouvait infliger à un corps comme le mien. J'aurais adoré me battre contre toi Ewelein, mais même si tu es une criminelle je ne m'abaisse pas à torturer les plus faibles que moi... Je vais t'achever maintenant.
Ewelein: Salem s'il te plaît!
 
Je reculais par réflexe et c'est alors que le sol sur lequel nous étions s'effondra, nous chutions de plusieurs mètres. C'est alors que je plongeais dans ce qui semblait être un point d'eau, sortant la tête avec inquiétude j'observais le lieu où je me retrouvais à présent, dans mon observation je vis avec effroi Salem qui avait eu moins de chance, transpercé par un pic.
Nous étions dans une grotte souterraine où l'eau coulait abondamment, sûrement de là d'où les villageois puisait l'eau de leur puis. Encore plus affolée, je me précipitais vers le félin qui ne bougeais plus.
 
Ewelein: Salem! Oh merde... SALEM!
 
Rien. Rien ne faisait frissonner ce chef que j'admirais tant à Pandore...
Je reculais, complètement perdue et dans mes grandes questions actuelles, une odeur abominable m’assaillait les narines...
Cette puanteur était si forte, si terrible que je vomissais immédiatement. Ce fut un espèce de mélange entre la senteur de cadavres qui pourrissaient et d'autre chose...
A tatillon, je m'appuyais contre les murs en jetant un dernier regard par-dessus mon épaule sur le corps du Pandorin qui avait passé sa vie entre des murs...
 
Mais je levais la tête, voyant dans les ténèbres de cette caverne humide une paire d'yeux jaunes énormes effrayants tournés vers le sol. La créature qui était en face de moi émettait des bruits répugnants lourds, rauques. J'entendais aussi de lourdes parties qui tombaient près de lui, lorsque je baissais les yeux je constatais avec effroi que mes bottes n'avaient pas seulement été mouillées par l'eau environnante...
Mais par du sang frais et épais qui progressait petit à petit...
Au fur et à mesure mes pupilles commencèrent à s'habituer aux ombres.
Je découvrit enfin, terrifiée, un monstre à l'apparence... répugnante, l'odeur qu'il émanait me donnait l'envie de vomir encore et encore, jusqu'à ne plus en finir...
Ce gros corps écailleux se tortillait lourdement tandis que ses mains crochues faisaient entrer dans cette gueule d'ogre des corps d'enfants loups-garous préalablement tués...
Le démon se délectait d'un appétit de Gargantua de chaque os, chaque membre, chaque entrailles qu'il ingurgitait, dans la pénombre je voyait les morceaux descendre le long de ce cou interminable.
Ce démon... Je le connaissais hélas...
 
 
[Musique d'ambiance!]
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Ewelein: Kagura...
 
La bête avala une dernière main d'enfant et pointa son regard vers moi, j'eus le coeur qui se serrait et la cervelle qui me lâchait.
J'étais une idiote, une grosse idiote oui, mais je lui parlais comme si l'hybride était tout à fait normale...
 
Ewelein: Pourquoi... Fais-tu cela? Pourquoi... Ne m'as-tu pas tout dit? Tu as tant de choses à me raconter, tant de problèmes dissimulés en toi... Et je suis ton amie, je suis prête à t'écouter...
 
L'hybride se fit glisser par ses deux maigres bras noirs vers moi, postant son énorme visage répugnant en face du bien. La peur, l'émotion, le dégoût me poussèrent à pleurer devant elle mais je ne fléchissait pas, au contraire ma voix ne faisait que se renforcer.
 
Ewelein: Kagura, je sais que c'est toi qui a tué les jeunes vampires à Solar, et le petit garçon dans le train de Rubis qui menait à Opale, et les enfants hybrides à Pandore... Quand je t'ai vu pour la première fois sous cette forme à Parta, j'avais très peur de toi, je croyais que tu allais me tuer... Mais le lendemain tu étais restée toute la matinée dans ton lit car tu te sentais coupable de t'être montrée ainsi face à moi... Tu croyais que j'allais t'abandonner, te juger, t'humilier, te dénoncer, peut être même tué... Je sais que tu ne fais pas exprès d'être ainsi, tu es possédée par un démon Kagura...
 
Le démon hurla, enroulant son corps de serpent autour du mien jusqu'à presque m'étouffer, je gémissais de douleur mais je ne fléchissais pas, au contraire ma voix ne faisait que se renforcer.
 
Ewelein: Je sais que tu vis un véritable Enfer Kagura... Tu as refusé de garder Muko parmi nous car tu ne voulais pas le tuer comme les autres enfants... A l'Arborh, lorsque tu te faisait harceler tu ne répondais jamais car tu te sentais coupable, tu te sentais coupable et tu a essayé de te suicider beaucoup, beaucoup de fois et tu en est devenue faible, tu en est devenue faible car tu a massacré contre ton gré ton peuple Kagura...
 
L'étreinte se resserrait encore plus, elle donna un violent coup de griffe à l'épaule, la douleur me parcourra le corps entier et je hurlais.
Mais je ne fléchissais pas, au contraire ma voix ne faisait que se renforcer.
 
Ewelein: Tu as massacré ton peuple, les hybrides serpents Kagura... Tu es la dernière hybride de cette espèce, le démon qui a pris possession de ton coeur t'a dévoré de l'intérieur et tu as tué tout ceux que tu chérissais, tes amis, tes voisins, tes parents...

Je sentais alors l'étreinte se desserrer au fur et à mesure, Kagura se détachait de moi et plaqua ses mains sur son visage monstrueux. Des larmes coulaient de ces énormes globes oculaires, le monstre gémissait.

Kagura: Uuuh... Uh...  
Ewelein: Kagura, regarde-moi ça va aller, on va traverser cela ensemble. 

L'apparence morbide de l'hybride s'estompait, laissant apparaître en face de moi une jeune femme enveloppée dans une masse noirâtre, pleurant et gémissant dans cette prison. Ses faibles mains s'étaient tellement incrustées dans son crâne qu'un filet de sang dégoulinait sur sa tempe. 

Ewelein: Viens avec moi... 

Je lui tendait les bras mais elle recula. 
Elle leva les yeux du sol et m'observa, ses yeux baignés de larmes, elle me parla de sa voix rauque. 

Kagura: Ewelein, je t'aime beaucoup trop... Toi, et aussi Asriel, Marshall et Muko... Je vous aime à la folie... Et je ne veux pas vous tuer, vous... vous comptez trop pour moi pour que je vous laisse m'approcher... Tôt où tard je vous dévorerais et ça, c'est la pire des choses que je souhaite... 

Ses mains se joignaient au miennes, dans un silence de mort elle me supplia...

Kagura: Ewelein... J'en ai assez de cette vie, tue-moi je t'en prie...
Ewelein *abasourdie*: Qu... Hors de question!! Je ne vais pas te tuer, tu es mon amie! 
Kagura: Ne rends pas les choses plus compliquées... Si tu ne le fais pas, alors je le ferais moi-même.

Elle se sépara de moi, prête à s'achever mais les cris des villageois et des gardes de Pandore se rapprochaient. Nous vîmes les torches rougeoyantes se profiler à l'horizon, nous entendîmes le bruit des pas qui accourrent, les menaces vociférées de toutes parts.  

"Tuez-la, ne lui laissez pas d'autres chances!"
"Abattez le démon! Brûlez-là sur un bûcher!"
"Faites-la souffrir autant qu'elle a pris du plaisir à assassiner mon enfant!" 

Kagura tremblait, elle me jeta un dernier sourire de pitié. 

Kagura: Adieu.

Son monstre fit un bond énorme, sortant de la caverne et disparut dans la pénombre sans fin de cette forêt.
Partie, pour toujours... 

Ewelein: ...Non, Kagura. 

Une autre partie de moi s'était brisée. Mon cœur, je ne le sentais plus. 
Je posais les genoux à terre, le regard au sol. 
Je pleurais, pleurais à outrance, pleurais à n'en plus finir. 
Dans mon désespoir égal au sien, je murmurais entre ces murs.

Ewelein: Pourquoi est-tu partie... 






























----





-Laissez passer!! S'il vous plaît laissez-moi passer tout le monde! 

Un homme aux cheveux verts et très bouclés, aux yeux jaunes à la pupille de reptile pédalait comme jamais sur son vélo, bousculant dans sa course les passants qui lui ressemblaient étrangement. 

-Hé bien Damon? Tu es bien pressé! 
-*haletant* Huff... J'ai reçu l'appel de la clinique... Ma femme est sur le point d'accoucher! 
-*riant aux éclats* Hahaha! Tous mes vœux de bonheur pour vous trois alors! Félicite Luja de ma part aussi!

L'homme hocha de la tête et continua sa route tout aussi effrénée. 
Son vélo le portait jusqu'à une colline de l'île où il habitait, le bâtiment se dressait face à lui, il entra en trombe, secouant la première infirmière qui se trouvait sur son chemin. 

-S'il vous plaît mademoiselle! La chambre de Luja Sôma!
-Euh... Premier étage, porte treize. 

Il courra, toujours plus vite, montant les escaliers quatre à quatre, bousculant encore le personnel et les patients qui grommelaient sur son passage. 
Enfin, la porte tant attendue était là, trébuchant sur sa jambe gauche, il arriva malheureusement d'une façon ridicule, tombant dans la chambre. 

-Bravo pour cette entrée magistrale! Heureusement qu'elle ne dormait pas. 
-"Elle"? 

Une femme aux cheveux verts, à la peau écailleuse et aux yeux reptiliens comme son mari souriais, allongée dans son lit. A ses bras elle tenait un nourrisson enroulé dans un lange. Damon se leva, ému, et vint voir en tremblant ce nouveau-né qu'il prit à son tour dans ses bras. 

-Voici ta fille. 
-*ému*: Elle... Elle a un nom? 
-Je t'attendais pour lui en donner un grand dadet! 
-Qu'est-ce qui te ferait plaisir? 

La jeune maman regarda avec amour sa fille qui avait les pupilles grandes ouvertes, observant le visage sensible de son père. Elle tendait les bras, tentant de lui attraper les quelques poils de sa barbe de trois jours. 

-Kagura, c'est un joli nom tu ne trouve pas? 
-N'importe quel nom lui ira à merveille *balbutiant comme un fragile* regarde comme elle est mignonne! Kagura... Ma p'tite Kagura... 



---


Kagura: Papaaaaa! Papaaa! 
Damon: Hum? Oui ma grande? 
Kagura: Je vais jouer sur la plage avec Yôga et Mana! 
Damon: Ce sont des amis à toi? Je ne m'en rappelle plus si tu nous a déjà parlé où pas...
Kagura *soufflant*: Mais siiiii... C'est l'hybride anaconda et vipère de l'école! Tu sais, ceux qui sont à côté de moi en classe! 
Damon *souriant*: Alors file! Sois prudente! 


La petite hybride fit un énorme sourire à son père et se dépêcha de dégringoler de la colline pour rejoindre ses copains sur le bord de mer. 
Cette île était par le passé celle qui abritait tous les hybrides de races serpents, il y faisait bon vivre, les hommes reptiles y coulaient de paisibles jours au bord de l'eau, loin des autres pays dangereux de Black Rose. Nul ne sait où se situe concrètement géographiquement cet endroit, ceux qui l'atteignent sont souvent des voyageurs en mer qui ont échoué sur cette terre inconnue. 
Damon Sôma était un hybride boa tandis que sa femme, Luja faisait partie des pythons. 
Leur fille, Kagura se trouvait être une couleuvre.
Cette famille de trois étaient situés sur un coin un peu plus reculé de l'île, au bord d'une falaise. 

Luja *s'avançant*: Le soleil ne vas tarder à se coucher, tu aurais du lui dire de rester...
Damon: J'irais la chercher le moment venu, ne t'inquiète pas pour ça. 
Luja: ...
Damon: Tu te demande si elle va encore...se métamorphoser cette nuit pas vrai? 
Luja: Je ne peux pas m'arrêter de m'inquiéter... Tu te souviens de ce que disais la sorcière du village? Elle est possédée par un démon d'une puissance incroyable, elle passe ses nuits à se blesser, on est obligés de barricader sa chambre tous les soirs! 
Damon *soupirant*: Nous n'avons pas le choix Luja, si nous commettons une erreur, elle serait capable d'aller dévorer un villageois! Et j'aime profondément ma fille, autant que toi, faire cela ne m'enchante pas. 


---


Kagura: Est-ce que le monstre va encore venir me voir? 
Luja: Je ne sais pas mon cœur... 

La petite couleuvre était dans son lit, tenant sa couverture de ses petites mains écailleuses et fébriles, sa mère était assise sur le bord, caressant la chevelure verte de son enfant en soupirant. Damon rangeait son ours en peluche près d'elle et lui souriait pour la rassurer. 

Damon: Monsieur Poilu va encore te garder à l'oeil cette nuit, chaque fois que le monstre viens te voir, il lui fronce les sourcils et lui dit *imitant l'ours d'une grosse voix*: "Laisse mon amie tranquille méchant! Laisse Kagura où tu auras affaire à moi!"

Kagura riait aux éclats par la pitrerie de son père, lui et Luja se levèrent finalement, embrassant sur le front une dernière fois la petite couleuvre. 
Alors qu'ils s'apprêtaient à sortir de la chambre, à poser le sceau magique pour l'empêcher de sortir, Kagura les arrêta, fébrile. 

Kagura: Papa, maman... Est-ce que vous m'aimez quand même alors que le monstre viens toujours? 
Luja: Kagura, nous sommes tes parents et quoi-qu'il arrive nous t'aimerons à jamais... 
Damon: Essaye de passer une bonne nuit pour une fois mon ange. 

Les deux parents hybrides fermèrent finalement la porte, laissant l'enfante dans le noir avec son ours qu'elle tenait fermement entre ses bras. Elle avait peur de ce "monstre" comme elle l'appelait, les enfants ont l'habitude de dire que la nuit ils peuplent leur chambre sous le lit, dans le placard où derrière la fenêtre, mais le sien de monstre était caché son propre cœur. 
Et celui-là n'avait rien d'imaginaire...

Luja: ...Damon? Damon, réveille-toi. 
Damon: Kagura a encore fait des siennes? 
Luja: Viens voir! 

Presque toutes les nuits ses parents se levaient aux petites heures par des bruits de coups, de grognements, d'objets brisés. Lorsqu'ils entrebâillaient la porte, ce n'était plus leur fille mais un démon hideux et répugnant qui se cognait à répétition contre les murs, escaladant les meubles et grimpant au plafond. 
Plus elle grandissait et plus les dégâts devenaient importants, de nombreuses fois ils trouvaient le matin la petite endormie en haut d'une commode avec un pyjama en lambeaux avec un souvenir vague de ce qu'il s'était produit. Ils avaient appelés tous les médecins de l'île et enfin la sorcière hybride qui leur avait annoncé à la suite d'un rituel avec les esprits que leur fille avait était maudite à la naissance par le démon serpent Hakuja no Myojin et que seul un exorciste ayant la puissance égale à celle d'un apôtre pouvait la sauver. 

Hélas, l'île étant très reculée de la civilisation de Black Rose, et le contact évidemment impossible des apôtres, Damon et Luja ne pouvaient que prier les dieux locaux. 
A ce moment précis de son histoire, Kagura avait sept ans, sept longues années laborieuses qui étaient passés comme des siècles sur cette île... 

Luja: Je n'entend plus rien... 
Damon: Regardons discrètement. 

Cette nuit cependant, le pouvoir de Kagura s'était sur développé, elle avait été capable de briser la barrière magique de son père pour s'enfuir. La fenêtre brisée, les rideaux blancs volaient comme des anges. 

Damon: Oh merde... Grouillons nous! Elle est sûrement en direction du village! 

Affolés, les deux serpents descendaient à toute allure les escaliers, quittant leur maison qui n'était pas fermée, ils sautèrent sur le vélo. Damon pédalais une fois de plus à toute allure, et pour la même raison qu'il y a sept ans: sa fille. 
Partout des cris se faisaient entendre, les serpents appelaient au secours, d'autres, les plus forts, avaient utilisé leur métamorphose, partant par groupes pour tuer cette créature qui leur ressemblait pourtant. 
Les maisons étaient tâchées des effusions de sang provoquées, des membres arrachés avaient été laissés comme des déchets dans les rues. Damon et Luja étaient estomaqués, incapables de savoir quelle décision prendre. Un hybride qui était prêt à sauter de sa fenêtre avait eu le visage dévoré à moitié, il appela les parents en pleurant. 

Hybride: Da...Damon, Luja... Aide-moi, mes enfants... Ils sont en train de mourir... 

Mais par un ultime effort en essayant de se mieux se faire voir, il chuta et mourus écrasé au sol. 

Luja: Oh seigneur... Kagura...

C'est alors que comme si sa voix était un appel, sa fille à l'apparence répugnante sorti d'une maison, les babines, la langue et les crocs peints de sang, fixant sa mère qui tremblait comme jamais, à la fois effrayée et incapable de faire le moindre mal à sa petite. 

Damon: LUJA, BOUGE!! 

Son mari la poussa quelques mètres plus loin tandis que Kagura l'attrapa dans sa gueule, croquant petit à petit l'homme, lui bouffant des pieds jusqu'au torse. Dans son horrible torture, il hurla sous les yeux impuissants et baignés de larmes de sa moitié. 

Damon: Ka...Kagura arrête! C'...Aaah! C'est moi, ton père! 
Kagura: Uuuaaaaaargh...! Ouaaah...
Luja: DAMON!

Dans un ultime coup de dents, le visage ensanglanté de Damon disparut au fond de l'estomac de sa propre fille. Luja s'effondra à terre, hurlant les deux noms qui lui sont si chers, Kagura son repas terminé rampa jusqu'à sa génitrice dont le visage était défiguré par la tristesse. 
La démone lui attrapa une jambe qu'elle engouffra dans sa gueule. 

Luja: Kagura... Ma petite fille, ma douce petite fille... 

Elle hurla, mais elle se tut par la suite, affichant un sourire humide à sa fille. 
Elle préférait lui donner comme dernière expression d'elle un sourire lumineux. 

Luja: Ma petite Kagura... Ton papa et ta maman, t'aimerons toujours... 





---














-Oh bordel, on nous avait pas mentis, t'a vu ce carnage? Y'a vraiment eu un monstre qui est passé sur cette île! 
-Attend... Regarde là-bas! On dirait qu'une gamine a survécu!
-Elle fait flipper! Elle est assise par terre en se tenant les jambes, balançant sa tête de haut en bas, elle a l'air de parler, toute seule...
-Attend elle nous regarde là! 
-Prévenons monsieur Pandore, comme les autres gamins qu'il a recueilli il va la mettre à l'Arbohr pour la surveiller et prendre soin d'elle...


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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Dim 24 Avr - 19:00
--Chapitre 9--
 
-Sasori-
 
 
 
Une agréable odeur fait titiller mes narines et une chaleur inconnue enrobe mon corps.
Quelle ironie de ressentir ça après ce que je viens de traverser... Je me sens vide et seule, Kagura est partie sans un mot, pour toujours qui sait? J'ai vu Salem se faire empaler, j'ai vu le sang, les corps, la panique.
Je me sens mal, j'ai l'impression d'être dans un désert sans fin sans personne à qui parler, c'est exactement ce que je ressentais autrefois et ça me fait peur.
Suis-je toujours dans cette caverne puant la mort? Non, loin de là même.
Lentement, je me relève d'un divan qui avait été préalablement garni de coussins colorés et de couvertures rembourrées de plumes d'oies. Je remarquais par ailleurs que mes vêtements avaient été échangés avec un haut orange à longues manches dont le décolleté laissait apparaître un micro débardeur blanc, un short haut en cuir marron et de longues chaussettes jarretelles n'ayant l'air en rien choquant. Mes cheveux n'avaient plus leur habituel ruban bleu qui les attachaient en vrac au bout d'une couette, ils étaient désormais tirés en arrière par un autre jaune laissant quelques mèches bouclées encadrer mon visage.
 
Plusieurs piles de livres sont disposées autour dans cette pièce qui semble être un petit salon et un feu crépite joyeusement dans la cheminée d'en face, les nombreuses étagères sont pleines à ras bord de bibelots en tout genres et au fond un autel de milles et une couleurs est habité par la photo d'un défunt.
Un peu déboussolée d'être ici, mes yeux parcourais la pièce à la recherche d'une quelconque personne qui aurait la bienveillance de me renseigner lorsque je découvrit un familier Plumobec, caché derrière quelques ouvrages m'observant de ses immenses yeux bleus, agitant frénétiquement sa longue queue à bout touffue.
 
De toute évidence ce familier avait un maître, propriétaire de ce lieu qui plus est.
Celui-ci justement commença à pousser de petits cris aigus lorsqu'il constata que je bougeais du divan, cherchant sûrement à appeler son maître. Je plaçais un index tremblant devant mes lèvres en le priant de se taire mais hélas cela ne fit pas retarder la venue du propriétaire.
 
???: Couché Jack, ne vas pas réveiller les dieux avec tes cris.
 
A l'entrée se tenait droite comme un piquet ce qui semblait être une loup-garou à la mine sérieuse. Elle avait de magnifiques yeux dorés et une peau aussi noire que du charbon, son pelage marron accordé avec ses longs cheveux raides lui glissaient le long du dos en plus de quelques-unes de ses mèches qui avaient été coiffées en nattes, à ses oreilles des anneaux d'or étaient visibles et elle était affublée d'une tunique violette à motif ethniques, comme moi elle portait un short haut en cuir et avait en plus de longues bottes à lacets de la même matière.
La louve s'agenouilla devant moi et tira une de mes chevilles de sous la couette en l'examinant, je découvrit alors qu'elle avait été recouverte d'un bandage.
 
???: Te fais-t-elle souffrir?
Ewelein: N...Non.
???: Bien, la poudre à régénération de Mistilla a fait son petit effet. Il faut que ton organisme se restaure après le choc traumatique que tu a vu, tu vas devoir te restaurer.
 
Quelque chose me chiffonna lorsqu'elle eut prononcé ces paroles, comment est-elle au courant de... "ce choc traumatique"? Était-elle parmi nous hier soir? 
Elle se sépara de ma cheville pour aller fouiller dans l'unes de ses nombreuses étagères si remplies qu'elles manquaient de s'effondrer par terre, elle en sorti un bocal à moitié rempli d'un tas de poussières étrange.
Elle tournait rapidement le couvercle, sorti une assiette creuse et en versa un peu, déposant l'assiette à la garniture inquiétante sur un plateau de bois, elle le déposa finalement sur la commode près de moi.
Je ne disais rien par consternation, avait'elle l'intention de me faire avaler ça?
 
???: Ne me regarde pas avec ces yeux-là, je ne vais pas te faire avaler de la cendre.
Ewelein: Ça m'en a tout l'air pourtant.
???: Observe et apprend.
 
Sur ses mots, la louve alla remplir une tasse d'eau et versa les quelques gouttes sur ce joli monticule.
Et à ma stupéfaction la plus totale, je constatais que les poussières se modelaient lentement en une forme sphérique et se colorait d'une belle couleur moutarde. La transformation abouti finalement à ce qui semble...
 
???: Une pomme de terre.
Ewelein: ...
???: C'est très consistant.
Ewelein: ...
???: Oh je te fais marcher! Tu ne vas pas te remplir la bedaine avec juste ça! Attend un peu.
 
Elle ne cacha pas son rire moqueur lorsqu'elle alla sortir des épices et une pièce de viande blanche, coupée avec une de ses griffes tranchantes. Je me décidais à être un peu plus loquace, notamment avec les nombreuses questions qui me brûlaient les lèvres.
 
Ewelein: Qui êtes-vous? Pourquoi avoir guéri ma blessure? Sommes-nous toujours à Mila? Où sont mes amis?
Toriel: Doucement ma grande, chaque chose en son temps. Je t'accorde que ne pas t'avoir donné mon nom en premier n'est pas des plus galant en effet: je me nomme Toriel et considère que ton bandage est un cadeau, j'étais en quête d'herbes médicinales en forêt quand je t'ai trouvée étendue dans une caverne souterraine avec un autre type qui as eu moins de chance que toi et des cadavres d'enfants...
Ewelein *songeant*: C'était Salem, le chef de la garde rapprochée à Pandore, et les enfants...
Toriel: Je sais, j'étais au courant des événements qui se sont déroulés.
 
Je baissais les yeux alors qu'elle posais la viande dans l'assiette avec les épices, saupoudrant le plat. Elle me tendit une fourchette, je dégustait ce drôle de repas.
Bien que la méthode de fabrication n'était pas des plus conventionnelles, le goût était délicieux, un concert de saveurs explosait dans ma gorge. Je réalisais alors que la faim me tenaillais depuis plus longtemps que je le pensais, je dévorait littéralement le contenu.
 
Toriel: Quand à tes autres questions, sache que nous sommes bien à Mila oui, mais loin du lieu où tu te trouvais, à vrai dire nous sommes si lointaines que Sasori n'est plus qu'à quelques pas.
Ewelein *manquant de s'étouffer*: S-SASORI?! Mais...Mes amis doivent être encore au village! Il faut que je parte les retrouver!
Toriel: Tout doux, les ghoules de ce pays n'attendent que cela d'avoir de la chair entre les dents, s'ils te voient aussi faible et appétissante ni une ni deux que tu finira au fond de leur gosier! Je te conseillerais plutôt de trouver une autre solution.
 
Déjà que Kagura m'a filé entre les doigts... Mais si en plus je suis séparée de Marshall, Asriel et Muko ça ne va pas aller. Et Muko d'ailleurs! Comment vas-t-il celui-là?! J'espère qu'il ne s'est pas fait dévoré par l'hybride! Je cogitais, effrayée, pensant aux pires catastrophes possibles, la louve qui m'observait en arquant un sourcils soupira.

 
Toriel: Tu ferais mieux de me raconter un peu ce qui t'es arrivé, je ne connaît même pas ton nom en plus.
 

Résignée je décidais d’obéir sans penser aux conséquences de mon acte, la louve acquiesçait à plusieurs reprises et m'écoutait curieusement avec beaucoup d'attention, son plumobec s'était hissé sur ses genoux, attendant une caresse où deux sur son dos. Elle poussa un soupir à la fin de mon monologue. 

Toriel: Voilà qui est ennuyeux, pour des pèlerins vous êtes particulièrement malchanceux. 
Ewelein: Je dois absolument les retrouver et le plus tôt possible. 
Toriel: Loin de moi l'idée de te retenir ici plus longtemps mais comme tu le sais l'extérieur est dangereux, je doute que tu puisse passer seule. 
Ewelein *baissant les yeux*: Alors que dois-je faire? 

Toriel jeta un oeil par sa fenêtre, observant les sombres nuages de Sasori et le paysage morbide qui se profilait à l'horizon. 

Toriel: Hélas je ne peux t'accompagner. J'ai une fonction très importante ici alors...

C'est alors que son petit "Jack" l'observa de ses immenses yeux azurs, fixant ceux de sa maîtresse avec insistance, le silence qui régnaient entre eux me laissait sous-entendre qu'ils se communiquaient un plan bien précis... Un large sourire se dessina alors sur le visage de la noirâtre. 

Toriel: Mais oui! Oh Jack tu es un génie! *s'adressant à moi* Ewelein, je vais te prêter un de mes familiers qui t'accompagnera le temps de ton périple mais fais bien attention à lui! Je sais exactement lequel je vais appeler tiens!

Elle tint son pouce et son index dans la bouche, sifflant longuement. 
C'est alors qu'une sorte de petite chauve-souris noire aux ailes de papillon virevolta de l'extérieur jusqu'à nous, il s'accrocha directement au bras de la louve. C'était un chestok si je ne m'abuse.

Toriel: Ruby tu vas devoir emmener cette jeune fille jusqu'à sa destination d'accord? Tu fais comme d'habitude si tu croise une ghoule. 

Le chestok hocha la tête et vint se poser sur mon épaule. 

Toriel: Tu sais comment marchent les familiers bien sûr? Ramène-le moi sain et sauf.
Ewelein: A l'Arborh ça fait plus de dix ans qu'ils nous apprennent à s'en occuper... 

Confiante, elle croisa les bras et m'indiqua la porte de son menton. 

Toriel: Je te souhaite bon courage. 
Ewelein: Je te remercie, je n'ai pas eu le temps de beaucoup te connaître mais j'espère que nous, nous reverrons! 

Décidée, équipée et le ventre maintenant bien rempli, je quittais la tanière saluant une dernière fois ma bienfaitrice aux yeux d'or et aux milles familiers. 
Marshall, Asriel, Muko attendez moi j'arrive...

------------


Ewelein: Ruby, ne vole pas trop loin sinon je n'arriverais pas à te suivre! 

Le petit chestok avait une sacré forme, faisant des tas de cabrioles dans les airs il regardait de manière assez répétitive à l'arrière. Toriel avait fait un bon choix en me prêtant celui-ci, ces familiers sont très sensibles à leur environnement, possédants des sens ultra-développés, c'est un excellent partenaire de voyage capable de détecter le moindre ennemi s'approchant, son intelligence est également remarquable on dit qu'il fait parti des rares familiers à comprendre le langage humain et peuvent même l'imiter. 

Grâce à lui nous pûmes éviter plusieurs contacts avec des ghoules environnantes, cherchant une proie facile.
Nous traversâmes maintes forêts sombres, repoussantes, mon coeur était chaque fois paralysé par la peur mais malgré cela je me donnais chaque fois plus de courage en repensant à mes amis, peut être que Ruby pouvait "sentir" leur présence si je lui donnais un objet avec leur odeur? 
Mais la petite chauve-souris hybride échappa un soupir aigu de son museau témoignant sa fatigue, après quelques battements d'ailes il s'allongea sur une branche d'arbre sec. 

Ewelein: L'inconvénient avec vous les chestok par contre c'est que vous, vous épuisez vite... Allez viens-là. 

Je lui donnais de l'eau avec les précautions de quantités suffisantes. Mais il fallait attendre qu'il se soit assez reposé pour continuer la route, je décidais alors de faire moi aussi une pause, m'asseyant au pieds de l'arbre qu'il avait choisi. J'avais au moins le privilège d'observer davantage cet hideux pays qui me rappela sans surprise la froideur de Solar. Je me sentais tout à coup beaucoup moins tranquille privée de partenaire, et j'avais raison...

???: En voilà un beau petit Chaperon Rouge qui s'est perdue dans les bois... 

Sortant de l'ombre, un bel homme à la peau porcelaine et aux cheveux améthystes d'une élégance rare avait le sourire jusqu'aux oreilles. 

Ewelein *désabusée*: Bonjour, je suppose que vous êtes le grand méchant loup alors...? 
???: C'est une façon peu courtoise de me qualifier ainsi mais soit, ce rôle m'incombe... 

Cette fois je n'étais plus blessée et mon livre était en ma possession, je pouvais me défendre cependant la crainte que cette ghoule se soit déplacée en meute me tiquait l'esprit, me poussant à jouer la carte de la prudence. L'homme ouvrit ses yeux d'un rouge sang, fondant sur moi, tous crocs dehors et prêt à me dévorer, fière de pouvoir enfin utiliser ma magie j'invoquait l'Aqua Regina que j'avais acheté quelques semaines plus tôt à Méphisto, la surprise fut grande sur le visage du bellâtre lorsqu'il constata que ses coups passaient totalement à travers de mon corps, son regard se porta alors sur mon livre. 

???: Et bien, une utilisatrice de magie hein? Bookman qui plus est, me voilà dans de beaux draps! J'aurais tant préféré une fragile humaine... 
Ewelein: A toi de voir, soit tu décide de débarrasser le plancher où soit je te réduis en poussières.
??? *esquissant un rictus*: Pfft! Je te trouve bien hautaine pour une érudit! Mais pas question de te laisser filer, cela fait trop longtemps que j'attend d'avoir quelque chose sous la dent! 

Son aspect élégant et courtois se changea du tout au tout à cet instant, devenant une bête assoiffée de sang, il finit par sortir son kagune et se défoula sur moi, augmentant la puissance et la sauvagerie de ses coups. Je sentait petit à petit la douleur, comprenant que le sortilège allait cesser et prit un gros risque en l'annulant d'un seul coup pour en utiliser un autre dans la folie meurtrière de la ghoule. 
Cela me vaut le prix d'une côte qui fut éraflée de plein fouet par le kagune mais grâce à cela je pus lancer un sort de feu, brûlant mon adversaire. La ghoule hurla de douleur mais se régénérait assez rapidement, ce petit détail me rendait la tâche bien plus chiante. 

Mais il n'abandonna pas, loin de là même, sa rage avait décuplé. Il profita du fait que je n'avais plus l'Aqua Regina pour me transpercer à grands coups par ses tentacules. 
Ça craint, je viens de me faire soigner je ne vais pas me re-blesser? 
C'est alors que Ruby se leva d'un bond après avoir entendu mes gémissements, repérant aussitôt le gourmet qui s'apprêtait à planter ses dents dans ma chair, le familier fronça les sourcils et fondit sur lui à grands battements d'ailes. La ghoule vit alors la chauve-souris foncer à toute allure vers lui un peu tardivement... 
Ruby ouvrit la gueule puis poussa un cris extrêmement strident mais uniquement nocif envers ces créatures. L'effet ne se tarda pas et mon adversaire me relâcha sur-le-champs, gardant ses mains sur ses oreilles. A genoux et souffrant, il me supplia de le faire taire. 

???: AaAaAAh! C...C'est insupportable! Qu'il se taise! 
Ewelein: Je suis d'humeur clémente et je ne veux pas créer de bruitage dans votre pays alors je l'arrêterais. Mais je veux bien sûr qu'en échange tu nous sois utile. 

La ghoule s'étrangla devant mon audace. 

???: Ah! ....Hahaha... Hahahahaha!! Plutôt mourir que d’obéir à une petite connasse qui se croit tout permis!
Ewelein: Dans ce cas adieu. 

Il s'effondra au sol sous le poids de sa souffrance, évanoui, sonné. Je tapotais le petit crâne du chestok pour lui demander d'arrêter, celui-ci pencha la tête en ma direction. 

Ewelein: Ne me regarde pas comme ça je n'allais pas le tuer, même s'il est certainement un assassin je ne baigne pas dans ce genre de justice incohérente  

Le chestok hocha la tête et continua son vol désormais remis sur pieds, quand à moi je lançais un dernier regard à mon prédateur étalé sur l'herbe jaunit par la sécheresse. A son poignet un bracelet en argent y était attaché où une petite plaque fine avait un nom de gravé: Tsukiya. S'il s'agit de son nom je m'en souviendrais.
Dans le fond ce pauvre gars avait juste faim ce n'est pas de sa faute d'être né ainsi. 
Cette réflexion me rappela Marshall avec sa nature, est-ce qu'il s'en sortait sans pourvoyeur de sang où avait-il déjà cédé à ses pulsions et bu celui d'une proie? Sans doute qu'Asriel le surveille... 
Mon cœur se serrait à nouveau en pensant à lui, Ruby vola sur place en m'observant de nouveau consterné. 

Ewelein *rougissante*: Arrête un peu de fixer ainsi! 
Ruby: D'accord. 
Ewelein: ...
Ruby: ...
Ewelein *abasourdie*: Tu... parles? 
Ruby: Oui Ruby pouvoir parler parce que Ruby être un chestok, Ewelein pas savoir? 
Ewelein: Ah oui suis-je bête... Comme tu n'as pas dit un mot depuis le début je trouvais ça normal à la fin.

Non mécontente de pouvoir communiquer, le familier et moi discutâmes de longs moments malgré son petit handicap de langage qui était cependant superflus. Ruby parlait notamment de sa maîtresse, ce qui me permit d'en apprendre un peu plus sur cette mystérieuse femme qui m'avait recueilli. 

Ruby: Dame Toriel avoir plus d'une centaine de familier chez elle, dame très populaire dans Geais et même autres continents car éleveuse reconnue dans Black Rose, elle surnommée "la mère des familiers". Beaucoup de gens venir la voir pour adopter un bon familier. 
Ewelein: Si je m'attendais à ça... 
Ruby: Elle devoir rester à frontière entre Mila et Sasori car punie par son père le roi de Mila. 

Je faillis tomber à la renverse devant l'affirmation du chestok. 

Ewelein: A...Attend là! T'es pas en train de me dire que Toriel est la princesse de Mila?!
Ruby: Une princesse parmi tant d'autres, roi de Mila avoir plus de quatre-vingts-dix enfants et héritiers. 
Ewelein: Ah ouais je vois... 

J'avais entendu parler de cette rumeur mais maintenant le doute n'est plus permis. 
Ruby s'immobilisa, battant doucement des ailes ses oreilles s’agitaient signifiant qu'il détectait quelque chose.

Ewelein: Une nouvelle ghoule? 
Ruby: Non, présence d'autres spécimens. 

Je m'emballais doucement, se pourrait-il qu'il s'agisse d'eux? Et si oui, où sont-ils? Sont-ils déjà à Sasori? 
Je lui tirais la queue avec précipitation pour l'interroger aussitôt mais s'échappa de ma légère étreinte pour voler à toute vitesse entre les arbres, je lui courait après mais l'avais déjà perdu de vue. 
Haletante et prudente qu'une ghoule ne m'attrape à cet instant je ne m'égarais pas plus, appelant le nom de mon partenaire à plusieurs reprises. En réponse, j'entendit son cris aigu si reconnaissable à quelques lieux qui m'invitait à le rejoindre au plus vite. 

Je m'enfonçait toujours plus, toujours plus loin commençant à m'inquiéter. 
Mais mes doutes furent balayés lorsque je reconnu entre l'obscurité de la végétation l'éclat d'une vitre et le timbre de voix si précises qui me rappelait des souvenirs. Ils m'avaient manqués, beaucoup trop... 

Marshall: Mais qu'est-ce qu'il a ce familier à nous tourner autour sérieux? 
Muko *pointant du doigt la forêt*: H-Hey! J'ai senti quelqu'un là-bas! C'est l'odeur d'Ewelein! 

Les trois garçons se figèrent lorsqu'ils me virent sortir du bois. 
Des larmes de joie me montaient aux yeux et ne perdit pas plus de temps pour foncer sur les trois pour les prendre dans mes bras sous leur indignation totale. 
Un moment passa ainsi jusqu'à ce que le petit dragon marmonna, le visage plongé dans ma poitrine. 

Muko: On croyait que t'étais partie! 
Marshall *murmurant*: On ne voulait pas lui dire que tu était peut être morte...
Ewelein: Je pensais la même chose pour vous! Je suis si contente de vous avoir retrouvés...

Asriel frotta une main apaisée sur mon crâne tandis que les deux autres éclataient de rire, moi également. Ruby se posa sur La Cortana après cette course folle et déclara enfin. 

Ruby: Ruby avoir fini mission, Ruby devoir rentrer. 
Ewelein *souriante*: Oui j'ai compris, merci pour tout et remercie encore Toriel de ma part. 

Le chestok hocha la tête et prit de nouveau son envol dans la direction opposée, parti pour de bon. 
Nous étions encore collés tous les quatre, ne sachant pas quoi faire de plus, le vampire trancha tristement.

Marshall: On doit y aller, sans Kagura cette fois pas vrai...? 
Ewelein: Vous... n'êtes pas au courant de ce qui s'est passé pas vrai? Et Muko, comment s'en est-il sorti? 
Asriel: Il a eu de la chance, avec sa nature de dragon il a pu échapper facilement de Kagura, nous l'avons trouvé complètement apeuré dans une ruelle du village et en ce qui concerne ce qui s'est déroulé nous n'avons pas eu de version bien construite, tu vas devoir nous aider là-dessus. 

Je soupirais, même si la joie m'illuminait d'avoir retrouvé mes amis, j'avais oublié le fait que je devais raconter cette tragédie une fois de plus. 
Le brun constata ma mine attristé et esquissa un large sourire qui fut communiqué par le petit dragon. 

Marshall: On en parlera après un verre de whisky! Allez Asri' c'est toi qui conduit cette fois! 
Asriel: Si ça peut te faire plaisir. 


Les vagabonds enfin réunis après un long périple, les quatre privés de Kagura se mettent en route pour leur prochaine destination, le continent suivant qui n'est autre que Diamant. La route sera longue et épineuse puisque qu'ils devront passer en premier dans le désert de glace tant redouté, Glacia. 
Mais leurs coeurs seront-ils assez bouillants pour le passer sans encombres...?


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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Jeu 28 Avr - 22:44
--Chapitre 10--
 
-Glacia-


 
 
La Cortana faisait bien peine à voir depuis que nous avons atteint Glacia.
Ses vitres gelées sont prêtes à se créer des fissures et son toit qui ne fait qu'accumuler des montagnes de grêlons nous fait frissonner à l'idée qu'il puisse se briser.
Le pays n'est autre qu'un gigantesque désert de neige et de glace interminable, la tombée de la nuit nous rends craintif. Au volant Asriel et Marshall qui furent côte à côte plissent les yeux espérant retrouver leur chemin malgré les flocons qui ne cessent de tomber.
Quand à moi je restais assise sur la banquette sous une couverture que nous avions acquis à Pandore, grelottant tout autant que moi, Muko était à mes côtés, lâchant des petites bouffées d'air froid.
 
Muko: J'ai froid...
Ewelein: C'est bête que tu sois un dragon de vent, si tu en avais été un de feu tu aurais pu te réchauffer, et nous aussi par la même occasion!
 
En guise de réponse je n'eu que l’éternuement bruyant du garçon, résonnant dans toute le van, le vampire dans son attitude râleuse eu tout de même le réflexe de lui sortir un: "à tes souhaits!".
Je lui frottais vigoureusement le dos espérant le réchauffer ne serait-ce que durant quelques secondes mais la morve continuait de lui couler du nez, ses reniflements étaient aussi mignons qu'insupportables.
J'avais eu beau utiliser ma magie de feu pour nous aider, celle-ci ne se faisait pas coopérative, ma magie provenant de mon livre et mon livre étant lié à mon corps, il était logique que la mauvaise condition de celui-ci ne permettait pas à mes sorts d'être d'une grande efficacité.
Le dragonneau regardait tristement la table basse d'en face qui lui offrait la vue de bocaux vides, il avait aussi faim, nos réserves de nourritures s'étaient épuisées depuis hier. Devoir trouver à manger dans un désert, c'était vraiment la dernière des choses qui devait nous arriver!
 
Ewelein *soupirant*: Il va falloir partir à la chasse... Espérons que Glacia est habité par quelques bêtes...
Asriel: La faune de ce pays est connue pour être absente, l'hiver règne toute l'année, les bêtes ont migré depuis des siècles vers les contrées alentours.
Ewelein: Mais... C'est bien le territoires des banshees ici, non? Comment font-elles pour se nourrir?
 
Aucun de pu me répondre.
La race des banshees est très secrète dans Black Rose, elles sont très souvent dissimulées au contraire d'autres qui se montrent beaucoup trop, rares nous possédons d'informations à leur sujet, on dit qu'elles vivent recluses à Glacia et ne cherchent en aucun cas à avoir de contact avec les autres races, c'est une espèce extrêmement solitaire. Les hybrides de Pandore ont du s’exiler à l'abris des regards des autres, leur décision était irréfutable, en revanche les banshees l'on fait par choix, pourquoi? Personne ne le sait.
Muko se hissa alors, sortant son crâne de sous la couette pour mieux observer quelque chose à l'extérieur, intrigué il me secoua le bras.
 
Muko: Ewelein, c'est quoi ça?
 
A mon tour je passais le regard et vit avec émerveillement des aurores boréales qui se profilaient à l'horizon.
 
Ewelein: Ce sont des aurores boréales mon grand, c'est beau pas vrai?
Muko: Est-ce que ça se mange?
Ewelein: Oh vous les dragons vous n'avez que le ventre à la place des yeux... Mais non voyons, il faut juste les regarder.
 
Le garçon avait les yeux pétillants et la bouche grande ouverte, il ne tarda pas à se coller le nez à la vitre pour voir le phénomène d'encore plus près. Je profitais de le laisser un peu seul pour aller voir du côté des garçons qui de toute évidence ne s'en sortaient pas.
 
Ewelein: Marshy ça doit faire des heures que tu conduit, tes réserves de magie ne sont pas encore à sec?
Marshall: J'en sais rien...
Ewelein: Laisse donc la place à Asriel, viens boire un peu.
Marshall: Tiens? Tu te laisse faire maintenant? Tu ne me prends plus pour un monstre assoiffé de sang?
Ewelein: Ça dépendra des quantités que tu me volera...
 
Sur un accord commun, nous, nous faisons comprendre mutuellement de ne pas se faire voir par Muko, c'est ainsi que nous montâmes à l'étage. Je soupirais lorsque je laissais dépasser mon épaule de mon haut, le brun lâcha également un soupir, regroupant ses cheveux dans une main pour ne pas être gêné.
 
Marshall: Tu tiens tant que cela à ce qu'il ne nous voit pas?
Ewelein: C'est un enfant, je cogite un peu sur sa réaction.
Marshall *esquissant un sourire*: J'y crois pas... Et c'est toi qui ne voulait pas t'en occuper! Alors que maintenant tu surveille tous tes faits et gestes pour ne pas le "choquer"?
Ewelein *rougissante*: Tais-toi et dépêche-toi.
 
Le vampire s’exécuta sans rechigner, le temps me parut interminable.
Lorsqu'il eut enfin fini, il se lécha les babines du sang frais qui coulait de ses lèvres,"nettoyait" proprement ma nuque pour ne pas gâcher le reste qui coulait encore et finissait son affaire par un baiser posé sur sa morsure. Je lui arquais les sourcils.
 
Marshall: Petite façon de me faire pardonner.
 
Mes forces me quittaient déjà, lentement il se sépara de moi tandis que je m'adossais au mur, attendant de récupérer. Le brun soupira et s'asseiya en tailleur face à moi, son regard se perdit à l'extérieur dans les montagnes de neiges.
 
Marshall: Alors c'était bien elle qui avait tué les gamins à Solar... J'avoue que je m'en doutais depuis longtemps mais quelque part je me refusais à le croire... Mon odorat me rappelait chaque fois à l'ordre.
 
L'explications que j'avais du fournir aux garçons ne les avaient pas tant surpris que ça en dehors de la mort de Salem que je dut leur dire. Asriel espionnais depuis un moment la couleuvre, il la trouvais déjà suspecte mais n'avais pas assez de preuves valables pour affirmer ses soupçons, lorsqu'il entendit mon histoire il se contenta de hocher la tête, croisant les bras. Lorsque j'eu finit, il ne lâcha qu'un: "Je vois..." puis s'est muré dans le silence jusqu'à la nuit tombée où il coucha seul sur le toit.
Marshall et Muko quand à eux restaient également dans leurs songes, sûrement à repenser au passé, le dragonneau a vraiment du être effrayé de l'apparence de l'hybride ce soir-là...
La vampire enroula ses bras autour de ses genoux, continuant son monologue.
 
Marshall: Je me suis senti tellement con, j'avais promis à l'aubergiste de tuer l'assassin de ces gamins mais à aucun moment je n'ai cessé d'hésiter, j'ai pas arrêté de me poser des questions à son sujet, surtout cette nuit lorsqu'elle s'est métamorphosé pour la première fois à Parta...
Ewelein *choquée*: Tu l'as vue?
Marshall: Un vampire est plus résistant qu'on ne le pense, ce n'est pas quelques petites tortures de mara qui allait me faire faillir.
 
Je m'apprêtais à continuer sur la discussion lorsque nous ressentîmes une violente secousse bousculer le van, assez vite le dragonneau qui avait le nez collé à la vitre nous appela d'en bas;
 
Muko: Marshy, Ewy! Y'a un truc dehors et ça fait bouger La Cortana!
 
"Un truc"? Serait-ce enfin une bestiole que nous pourrions chasser et cuisiner? Hélas rien de tout cela car il ne s'agissait ni plus ni moins qu'une tempête de neige s'étant accumulée avec le vent, les grêlons et flocons qui s'approchait dangereusement du véhicule. Le garçon s'agrippa au bras de son papa adoptif, tout paniqué, le pressant, sautillant. L'elfe qui était aux commandes se détacha immédiatement et attrapa son carquois et son épée posés au sol.
 
Muko: C'est quoi, c'est quoi, c'est quoi?! Y'a plus les aurores boréales!
Asriel: C'est une tempête de neige particulièrement violente, sa dangerosité n'est pas naturelle des résidus de magie doivent être au cœur de celle-ci, nous devons quitter le van et vite trouver un abris dehors!
Marshall *paniqué*: Attend t'es pas sérieux?! On va pas l'abandonner! On a galéré à en trouver un!
Asriel: On aura plus de chances de mourir gelé à l'intérieur que si nous, nous éloignons, allez tout le monde dehors!
 
[Musique d'ambiance!]
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Le chasseur se hâta d'ouvrir grand la porte, laissant rentrer les vents violents qui dérangèrent le mobilier, Muko trembla devant l'importance de la tempête, il en était pétrifié tant ses yeux azurs étaient fixés mais le vampire le porta aussitôt sur son dos. Tous groupés nous courrions de toutes nos forces menés par Asriel dont ses longs cheveux blonds volaient autour de sa carrure. La course était difficile par la neige qui nous montait jusqu'aux mollets, nous devions également ne pas céder à la panique face à l'immensité des dégâts qui se faisaient de plus en plus proches. Le petit dragon alors gelé jusqu'aux os et mort de faim ne put s'empêcher de pleurer de peur sur le dos du brun qui haletait sous le poids du garçon et la neige toujours plus agaçante.
 
Je serrais ma veste contre ma poitrine, alors seul rempart contre le froid. J’accélérais ma course pour atteindre le niveau d'Asriel qui cherchait de ses yeux océan un quelconque abri suffisant, je voyais dans son regard un chercheur désespéré, pas l'ombre d'une forêt où d'une caverne en vue pour le rassurer.
Muko gémissait répétant sans cesse son angoisse à celui-ci qui le portais comme sac-à-dos.
L'elfe me consulta, haussant la voix pour dépasser le son du vent.
 
Asriel: Ewelein peux-tu nous créer un abri?
Ewelein: Je veux bien essayer mais j'ai beaucoup trop froid, pas sûr que mon livre me fournisse assez de magie!
Marshall *agacé*: Ah mais c'est pas vrai d'être aussi godiche! J'vais t'en faire moi de la chaleur!
 
Le vampire arriva alors à notre niveau, gardant Muko avec lui, il le fit glisser de son dos jusqu'à ses bras et tira le mien pour me coller à lui. Ses bras nous enveloppant tous les deux, il faisait de son maximum pour nous apporter un minimum de tiédeur malgré son corps qui se faisait brutalisé par les grêlons, je pouvais entendre ses dents claquer, Asriel vint alors s'enrouler également pour prêter main forte à son ami, tous les quatre nous ressemblions alors à un œuf de tendresse.
Claquant à mon tour des dents, grelottante, je sortais mon livre de ma veste et je commençais et susurrer une formule d'abri, le bout de mes doigt brillaient d'une lumière verte et mon livre flottait.
Le bruit du vent embrigadant la tempête se faisait de plus en plus puissant, je criais ma formule en continue alors que mes compagnons me serraient encore plus, les larmes de Muko gelèrent sur-le-champ donnant des petits saphirs qui tombaient de ses yeux, je sentais son palpitant qui battait à toute allure.
 
Muko *hurlant*: J'veux pas mourir...!
Asriel: Tu ne mourra pas, on te le promet!
 
Nous vîmes La Cortana qui n'échappa pas à son destin, bousculée, gelée, brisée, le véhicule qui nous rendaient si fiers autrefois était désormais bon à la décharge, nous eûmes une triste pensée pour la petite Rioka à Opaline qui nous avait demandé de prendre soin de ce dernier souvenir qui lui restait de son père...
La tempête était alors tout prêt de nous, emportant les montagnes de neige sur sa route, le petit amas vivant qui se trouvait sur son passage n'était qu'une poussière pour cette force de la nature. Nos cheveux et vêtements volaient dans tous les sens, nos yeux étaient clos, attendant l'issue de cette aventure.
Enfin, ma formule terminée le grimoire échappa de ses pages un flot de magie nous entourant, formant une forme demi-sphérique qui nous protégea avec succès.
Sous notre protection magique, nous vîmes, haletants le carnage passant impitoyablement comme une armée pour raser le territoire. Le peu de chaleur que je reçu me permit de garder ce sort le temps que la tempête ne passe, passé ce délai je sentais ma magie qui s'affaiblissait puis annulait le sortilège, nous laissant à nouveau dans le froid polaire de ce pays.
 
Je poussais un dernier râle gelé avant de m'effondrer dans la neige, épuisée, congelée et affamée comme mes amis. A leur tour, leur corps était privé de leurs forces. Marshall serrait Muko contre lui.
Mes yeux se fermaient progressivement, allions-nous mourir ici? Alors que nous sommes encore si loin de Célestia? Alors que la vie a encore tant de choses à nous montrer?
C'est alors que mon faible regard repéra une bien curieuse situation: debout face à nous, une poignée de personnes vêtues de peaux de bêtes et dont leur visage fut dissimulé sous des masques tribaux nous observaient, armes en main.
 
???: ...
Ewelein *les yeux demi-clos*: ...
 
L'un d'entre eux soutint mon regard, remarquant le fait que je le scrutais également. Il s'adressa soudain à moi dans un langage que je ne pouvais comprendre, surtout dans la faiblesse actuelle où je suis.
Je n'en peux plus...
 
-----------------
 
 
 
 
 
Ce n'était qu'après mon éveil que mes neurones s'étaient connectés.
Attachée par des chaînes dans une cellule souterraine, j'étais emprisonné pour une raison inconnue. Fort heureusement je n'avais point été séparée de mes amis également attachés, Asriel était déjà levé, la mine grave.
 
Ewelein: Asri'!
 
L'elfe esquissa un léger sourire pour me rassurer de sa santé.
 
Ewelein: Tu pense à la même chose que moi...?
Asriel: J'en ai bien peur. On dirait que les banshees nous ont trouvé puis emmené dans leur village sur leur territoire...
Ewelein *soupirant*: C'est bien ce que je me disais... Je les aient aperçu lorsqu'elles nous ont trouvé dans la neige, mais je n'ai aucune idée de ce qu'elles peuvent bien vouloir de nous.
 
Race exclusivement féminine, on raconte qu'un homme naît tous les siècle et qu'il devient dès sa naissance le roi de Glacia. Je n'ai à ce jour jamais rencontré de banshee mais l'ont dit d'elles que leur apparence est très intimidante. Je suis curieuse de savoir où leur village est-il donc dissimulé dans l'immensité de ce désert neigeux qu'est Glacia, ce doit être l'un des plus vastes pays de Black Rose si ce n'est pas le premier! Pas étonnant que le contact avec cette espèce doit être difficile, surtout qu'ils ne sont pas très coopératifs sur la question des échanges extérieurs.
 
Nos visages se tournèrent alors, ayant entendus le bruit de pas se diriger en notre condition.
Là encore, d'autres visages cachés sous des masques tribaux et le même jargon incompréhensible qui se communiquait. L'un d'entre eux releva son accoutrement, dévoilant son visage étonnant.
Le visage blafard, des cheveux blancs, soyeux et surtout, des yeux entièrement noirs me firent frissonner, sa vue ressemblait en tous points à celui d'un fantôme, pas de doutes c'était bien des banshees.
Ses effrayants yeux charbons nous scrutaient un à un de haut en bas sans un mot, Asriel me murmurait.
 
Asriel: Elles doivent ignorer la présence des pèlerins sur leur territoire, elles nous prennent sûrement pour des envahisseurs de l'extérieur.
Ewelein: On est dans de beaux draps... Comment vas-t-on leur expliquer la situation? Comprennent-elles au moins notre langue?
 
Il haussa les épaules, la banshee nous parla, sûrement pour nous faire comprendre de cesser les messes basses en leur présence. Tournant la tête, elle repéra le vampire et le dragonneau encore dans les vapes et ouvrit la main droite où une énergie violette s'en dégagea, possédant le crâne de ces derniers.
La brume mauve n'était autre qu'un sort cérébral, les forçant à se réveiller, elle claqua juste des doigts pour que les deux se lèvent en sursaut, droits comme des piquets.
La tâche risquait d'être compliquée avec elles, ce peuple fait parti des plus sensibles à la magie en comptant également les maras, les bookmans, sorciers et incubes, leur puissance est tirée de leurs connaissances dans ce domaine et en sont donc passés maîtres dans l'art. Si je devais les affronter, pas sûr que je réussisse à les vaincre, surtout si elles restent groupées...
 
Marshall et Muko alors déboussolés d'avoir quitté les bras de Morphée aussi violemment observaient leur cellule d'un regard inquiet, le dragonneau remarqua alors la femme faucheuse qui ne décochait pas son regard de ces derniers, surpris il recula en hurlant.
 
Muko: WAAAH!! Qu-Qui c'est?! On est morts? C'est des anges? Des démons?!
Banshee: UKIMYA!
 
Elle frappa le mur hurlant envers le garçon qui resta pétrifié et remit son masque pour parler à ses comparses. Silencieux, nous prêtions l'oreille en espérant comprendre notre sort.
 
Banshee: Mfalme utakuwa radhi na offerings're hizi kuwapeleka medani.
Banshee: Kusikia...
 
Le vampire devint blême tandis que les banshees ouvraient la porte, attachant nos chaînes à leurs poignets pour nous tirer de là.
 
Marshall *apeuré*: On est dans la merde les gars, apparemment elles ont prévu de nous jeter en pâture dans une arène, et le roi est présent!
 
Nous, nous échangeons des regards interrogatifs et surtout...étonnés.
 
Ewelein: Depuis quand...tu comprends le banshee toi? T'es même pas capable de réciter un sort du premier coup et tu sais à peine lire et écrire!
Marshall *vexé*: Hé dis donc toi! J'suis sorti avec une banshee et elle m'a vaguement appris son langage.
Asriel *sifflant*: C'est sûrement un autre langage que tu as appris sans broncher...
Marshall: Mais vous allez arrêter de me faire chier comme ça ouais?!
Banshee: UKIMYA!!
Marshall: Okay, okay on va se taire...
 
Le petit cortège que nous formions passions le long couloir souterrain où nous pouvions voir les quelques détenus encore enchaînés. Notre petite marche débouchais finalement sur une lourde porte en acier gardée par deux autres gardes en peaux de bêtes, saluant ceux qui nous accompagnaient. Poussant avec force, la sortie nous était finalement découverte et nous découvrîmes alors, médusés la vérité de la bouche du vampire. Une immense arène de pierres souterraine était remplie de centaines, même de milliers de banshees, hurlantes et acclamant le spectacle qui allait se jouer devant elles, dans les gradins un balconnet de marbre avait été érigé et décoré de sculptures de glace.
 
En plissant les yeux je remarquais un spectateur bien différent de ses consœurs puisqu'il s'agissait tout simplement d'un jeune homme aux même caractéristiques physiques attribuées à cette race: cheveux blancs soyeux, même yeux entièrement noirs et peau d'une blancheur porcelaine...
Il était affublé d'un casque entièrement taillé dans la glace laissant son visage à découvert et portait un longs manteaux blanc laissant traîner neuf queues de renard derrière lui, était-ce le pelage d'un kitsuné qu'il avait dépecé? Je tremblais rien qu'en y pensant...
Je me rendais à l'évidence, nous étions bel en bien en présence du roi de Glacia, le roi des banshees...
Silencieux, il fit signe à sa foule de se taire, levant son bras, l'effet ne se fit pas attendre et pas une seule ne parlait, sa stature et son autorité étaient impressionnantes.
 
Roi de Glacia: Marafiki zangu, kwa mara nyingine tena admire hatima ya wavamizi Glacia, hakuna mtu epuka kwa sababu wale kuingia katika ufalme wetu wote watakufa ...
 
Nous, nous tournions vers le vampire qui fronçait les sourcils, peinant à comprendre le souverain qui parlait trop vite pour lui.
 
Marshall: Bla bla bla... Les envahisseurs doivent mourir... blabla... parce que c'est moi le plus fort et les autres races hors de Glacia sont des nazes, blablabla... *se tournant vers nous* En gros c'est ça quoi, on va crever parce qu'on est pas des banshees et qu'on aurait pas du mettre le nez dans le coin!
Asriel: Tu saurais répondre quelque chose? Leur expliquer qui nous sommes?
Marshall: Hey oh! J'ai juste appris deux trois trucs avec une copine okay? J'ai pas passé ma vie en cours!
Ewelein: Essaye toujours gros malin! Ça nous évitera peut être un arrêt de mort!
 
Le brun inspira fortement et eu un haut-le-cœur devant la hauteur de sa tâche.
Timidement, il s'exprima devant le souverain blanc.
 
Marshall: Euh...  Kubwa mfalme wa Glacia... heum... Nous, pas wavamizi, nous pèleri...
 
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase bancale qu'il se retrouva encerclé de poignards formés par la glace du sol, pointant leur lame sur le cou du vampire qui suait à grosses gouttes.
Le roi qui avait la main levée le dévisageait d'un regard sombre...
 
Roi de Glacia: Je n'apprécie guère que l'on se moque de moi petit vampire de pacotille...
 
Tous surpris de constater qu'il savait communiquer dans notre langue, nous en venions à la conclusion qu'il devait être loin d'un idiot et qu'à la différence de son peuple, lui savait de grandes choses en dehors de ses frontières...
Le roi relâcha la main, les poignards transpercèrent immédiatement le cou de Marshall.
 
Ewelein: MARSHALL!
 
Il s'effondra, posant genoux à terre alors que de multiples filets de sang coulait de ses lèvres et de son cou. Il haletait, crachant au sol, je m'agenouillais aussitôt à ses côtés prête à lui retirer les armes plantées dans la chair verdâtre du vampire mais il le fit lui-même, échappant quelques gémissements il balança les couteaux au loin et se releva, la mine ensanglantée il esquissa un sourire de amusé et provocateur au roi banshee.
 
Marshall: Et ben alors...? Qu'est-ce que tu crois mon grand, que j'allais crever avec tes cure-dents? J'suis un vampire de pacotille, t'as raison mon gars mais nous justement les suceurs de sang on est particulièrement chiants à tuer, tu n'imagines même pas...
 
Le visage du souverain devint animé d'une rage grondante, vexé de cet audace qu'avait ce jeune homme face à lui, lui l'impressionnant et craint roi de Glacia.
J'observais le brun qui gardait son sourire peint de son propre sang, encore une fois il m'avait prouvé qu'il était loin d'être un crétin immature, je souriais et lui posais une main sur son bras, il me hocha ma tête, retirant son sourire provocateur pour un autre qui me disait: "Ne t'inquiète pas...".
Muko pendant ce temps-là n'avait pas du tout apprécié que l'on fasse du mal à son père adoptif et fusillait roi des glaces d'un regard noir, grognant entre ses dents.
 
Muko: J'vais lui refaire le portrait à cette Reine des neige...
 
En tout cas on avait gagné le droit d'affronter le roi, celui-ci s'était levé de son trône et s'était crée un escalier de magie jusqu'au centre de l'arène pour nous rejoindre, dans sa marche il laissa tomber derrière lui son épais manteau de fourrure pour se mettre plus à l'aise,dévoilant sa silhouette musclée mais élégante et forma à son bras une lame de glace.
 
Roi de Glacia: Je vais vous faire le plus grand des privilèges grâce à l'arrogance de votre ami, je ne vous laisserai pas en pâture à mes redoutables tigres des neiges mais vous périrez par ma lame...
 
Aussitôt il s'élança vers Marshall et lui planta directement le bras au palpitant, faisant cracher davantage de sang à ce dernier mais son sourire provocateur refit surface, il empoigna le bras d'une main rouge.
 
Marshall: Allons, allons... Vous croyez vraiment pouvoir me tuer comme ça? Je crois que vous êtes resté trop longtemps dans votre royaume pour ignorer...
 
Il retira violemment la lame de son cœur et nous vîmes aussitôt que la blessure se reformait d'elle-même à une vitesse incroyable, l'organe, les os et la peau avaient été recollés d'un seul coup. C'est alors qu'en sautant il pris appui sur le crâne du souverain et le mordit en pleine nuque avant de se retirer à quelques mètres plus loin. Satisfait de lui avoir volé un bon litre de sang, il essuya ses lèvres avec son poignet alors que ses yeux rubis devinrent charbon...
 
Marshall: ...Comment fonctionnent les vampires?
 
Il se tourna vers nous trois, médusés, et prit une pose de gagnant pour bien nous impressionner.
 
Ewelein: Waw. T'as quand même de sacré boules pour oser faire ça au roi de Glacia...
Marshall: Et elles sont bien remplies!
 
Le roi devint furieux et nous attaqua tous dans sa colère aveugle, créant des tonnes de pics gelés qu'il envoya en notre direction mais furent stoppés par le vampire qui avait couru à toute allure pour nous protéger, prenant les dégâts à notre place mais encore une fois ses blessures disparaissaient en quelques secondes. L'un des pics furent coincés entre ses dents, il le jeta à ses pieds et posa une main sur sa hanche.
 
Marshall: Wop, hop, hop ne pense pas à blesser mes amis!
Asriel: Arrête de faire ton mariole, si tu ne veux pas te battre alors je le ferais à ta place.
Marshall: Asri' ne me vole pas mon heure de gloire putain!
 
L'elfe en avait assez de ne rien faire et empoigna alors son épée pour faire un duel avec le roi. Les deux lames s'entrechoquant dans une force impressionnante, le roi tenait déjà plus en estime Asriel qui ne parlait pas pour ne rien dire, se contentant juste de finir ce combat pour de bon.
Ces deux hommes maniaient si bien l'épée qu'en les observant on aurait dit une danse, le banshee attaquait sans cesse tandis que l'elfe utilisait plus sa garde pour éviter un accident. Cependant dans un petit excès de relâchement, il ne put contrer une attaque et se fit trancher les cheveux, lui laissant une coupe carré complètement asymétrique. Le souverain enchaîna, profitant de son inattention pour lui asséner un autre coup mais cette fois bien porté...

[Musique d'ambiance!]
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L'elfe hurla de douleur, reculant, défaillant, son épée en main était tremblante, l'autre main, ensanglantée était porté à son œil droit. Muko, Marshall et moi n'en revenions pas de cette scène...
 
Roi de Glacia: Tu n'en pas eu assez? Laisse-moi te corriger cette erreur...
Marshall: ASRI', BOUGE!!
 
Mais Asriel ne put esquiver la seconde attaque, alors encore déboussolé de sa blessure.
Deuxième hurlement, un autre filet de sang coulait sous sa frange. L'elfe déposa son épée avec fracas tandis que ses genoux la rejoignait, ses mains plaquées à son visage. Le bras givré du roi était teinté du sang coulant et encore chaud de sa victime gémissante au sol.
 
Oh Asriel... Mon dieu ne me dit pas... Ne me dit pas qu'il t'a crevé les yeux!
Ne nous dit pas qu'il ta rendu infirme!
Choqués, Marshall et moi ne sachions que faire, observant la scène, tétanisés, la foule de banshee hurlait plus fort encore, demandant toujours plus de sang, de souffrance, de cris...
Mais celui qui était encore plus traumatisé de ce spectacle était bien Muko...
Le petit avait les yeux fixés sur l'elfe tremblant.
 
Muko: Qu'est-ce qu'il a... Asriel...?
 
Le garçon détourna son regard effrayé pour se planter dans celui du vampire.
 
Muko: Est-ce qu'il va mourir?
 
C'est alors que l'elfe décolla sa figure du sol où nous pouvions constater le cruel résultat...
Ses yeux avaient été totalement explosés, une cicatrice saignante fut crée entre eux.
Le souverain blanc se délectait de nos expressions, esquissant un large sourire sadique soutenu par son peuple et publique qui l'acclamait dans les gradins.
Les applaudissements, les expressions de joie des banshees faisait gronder en nous une colère certaine.
Mais ce n'était rien comparable à celle de Muko...
 
Le garçon d'autrefois gai et insouciant rugissait, ses petites cornes cachées sous ses cheveux grandissaient à vue d'oeil, son visage prenait la forme d'un museau, ses pattes et son corps était sous une épaisse couche d'écailles tranchantes et les pupilles de ses yeux rétrécissaient. Une aura d'une puissance extraordinaire émanait de lui et très vite un début de tornade se répandait et l'enrobait.

Il avait pris sa forme de dragon sous le coup de la fureur, la fureur d'avoir vu son ami perdre la vue devant la sienne. Ses cris de bête terrifiaient la foule qui voyaient pour la première fois un dragon dans leur vie, ignorant la puissance notable de cet animal, le roi lui-même manifestait une grande surprise alors au sol près des pattes de la bête. 

Ewelein: Muko... 

Au sol nous n'étions que des mouches par rapport à lui malgré notre différence d'âge. 
Son long corps ondulant et ses pattes frappaient de plein fouet les gradins, tuant et blessant les banshees sur son passage, ses rugissements d'animal résonnaient dans toute l'arène et dans le village qui se trouvait aux alentours, les banshees guerrières se mobilisaient tant bien que mal pour abattre l'enfant par leur puissante magie mais la résistance imposante de celui-ci était inutile. 
Marshall grinçait des dents et me ramassa sur sa route, posant mon corps sur son épaule et couru ramasser Asriel agonisant, il couru de toutes ses forces pour atteindre les pattes de son "fils", grimpant sur ses écailles, atteignant petit à petit son dos où il nous déposa. 

Marshall: Allez mon grand on reste pas là, on se tire d'ici! Vole haut dans le ciel! 

Le reptile obéit et se hissa vers le haut plafond pour créer un trou et s'enfuir, mais les guerrières du bas jetaient toujours plus de sorts, d'armes au garçon pour le faire flancher. Le roi lui-même utilisa sa glace pour geler les pattes mais je n'allais pas les laisser faire. 
A mon tour je grinçais des dents car je n'approuvais pas ce que j'allais faire, mais au point où il en avait blessé mon ami il méritait bien une sale correction... 
J'ouvrais mon livre tandis que Muko frappait de plus en plus fort avec son crâne, rugissant par la douleur. 
Je finissais par lancer un puissant sort de feu contre le souverain qui stoppa immédiatement son attaque, hurlant à son tour par les flammes qui le faisait fondre comme une magnifique figure de cire... 
Ses gardiennes s'arrêtèrent également alors alarmés par l'état de leur roi, profitant de cet interstice Muko put se donner à pleine puissance et creusa finalement laissant apparaître le désert de neige dont celle-ci se pressait de remplir l'arène. 

Enfouies par la neige dans leur "cuve", les banshees nous maudissaient mais le dragon s'extirpait de cette cage souterraine avec nous accrochés à sa crinière bleutée. Je jetais un dernier regard par-derrière mon épaule lorsque je vit le corps complètement fondu du roi qui me jetait un regard noir, je pouvais l'entendre dans ce chaos... 

Roi de Glacia: Soyez maudits étrangers... Notre déesse vous tuera tous, subissez ses foudres lorsqu'elle verra son peuple agoniser par votre faute... 

Je n'y prêtais plus attention... 
Muko sorti des limbes de la Terre prit son envol de jeune dragon dans les nuages sombres de Glacia qui semblaient nous punir dans notre fuite... 



Fuyant Glacia, les vagabonds laisse derrière eux la vue de leur ami Asriel et leur innocence... 
Ils savaient désormais qu'ils n'étaient plus de simples pèlerins, 
ils avaient tués ce jour-là. 


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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Dim 8 Mai - 18:03
--Chapitre 11--
 
-Yuli-
 
 
 
Ewelein: Ne bouge pas s'il te plaît...
 
Encore une fois je réessayais.
Depuis combien de temps étions-nous ainsi? A espérer qu'Asriel retrouve l'usage de ses yeux?
La magie de mon livre ne me permettait jamais d'accomplir le travail en entier, souvent il en résultait des globes oculaires à moitiés reformés pour finalement disparaître dans un souffle.
L'elfe était assis en tailleur sur l'herbe, faisant preuve d'un grand sang-froid en attendant patiemment, son visage détruit ne traduisait aucune émotion.
 
Ewelein: Mais BORDEL!! J'ai suffisamment maîtrisé la magie pour faire ça alors POURQUOI ça ne veux pas?!
 
Asriel toujours muré dans son silence ne me répondait rien tandis que je grommelais d'autre injures en feuilletant mon ouvrage. Je me passais une main furieuse dans les cheveux alors que mes yeux lisaient à la vitesse de l'éclair les pages qui défilaient à toute allure, mes lunettes me tombaient du nez je les relevaient chaque fois avec énervement.
Résignée, je le fermais d'un seul coup tandis que je retirais d'une main mes lunettes. Je soupirais, observant le blondinet, je n'avais pas envie d'en arriver là mais les complications actuelles ne me permettaient pas d'autres options. Timidement, je lui prenais les main et lui parlait d'une voix rassurante.
 
Ewelein: Asriel... Ma magie n'arrive pas à analyser la source du problème pour te guérir, je vais être contrainte de t'examiner... personnellement. Est-tu d'accord?
 
Il hocha la tête, je lui offrait un sourire que hélas il ne put apercevoir.
 
Ewelein: Allonge-toi.
 
Il obéit et s'allongea lentement sur le gazon frais tandis que je dégageais ses cheveux de sa figure.
J'observais sa figure, on ne dirait pas ainsi mais Asriel est bel homme avec son apparence musclée, ses cheveux blonds aussi brillants que le soleil et ses pupilles bleues azurées. Sans m'en rendre compte je m'étais mise à le contempler mais son attente me fit rougir lorsque j'avais repris mes esprits.
Avec précautions, je commençais mon observation. Comme prévu les globes avaient été tranchés, mes doigts fébriles hésitaient à toucher cela. Une goutte de sueur coulait de mon front lorsque je me décidais à enfin chercher, mes doigts étaient trempés dans ce sang répugnant et je fouillais malgré mon dégoût.
Enfin je percutais quelque chose de coupant au niveau du fovéa, c'est alors que mon livre se ré-ouvrit de lui-même tournant les pages qui lui semblaient judicieuses de consulter, j'avais trouvé ce que je cherchais.
Mon index ensanglanté parcourait les lignes, laissant une trace immonde sur son passage.
 
Ewelein: J'ai trouvé.
Asriel: De quoi s'agit-il?
Ewelein *soupirant*: Tu n'es pas seulement infirme... Tu es lié à une malédiction lancée par le roi de Glacia, son épée était chargée de magie et pouvait maudire n'importe quel adversaire avec un tranchant, tu auras beau vouloir te guérir le sort qui te rendra la vue doit être aussi puissant que le lanceur. Ce que tu as c'est un éclat de magie noir...
 
J'étais prête à jeter mon livre au loin dans un excès de rage lorsque, comme s'il voulait me supplier de ne pas faire cela, me montra une certaine formule permettant de redonner provisoirement la vue.
Celle-ci mentionnait une alliance de magie blanche avec celle de la terre mais n'était pas donnée à tout le monde, il fallait un niveau adéquat et une grande confiance au bookman, sans quoi l'infirme ne pourrait jamais obtenir ce sort.
 
Ewelein: J'ai peut-être une solution, pas parfaite certes, mais s'en est-une. Asriel tu doit d'abord me promettre que tu as confiance en moi, et avec le cœur sinon tu seras cramé par mon livre.
 
Il releva la tête et afficha une mine impressionnée par ce remède, son visage s'était éclairé devant cette bonne nouvelle, de ses mains il me cherchait et tâtait finalement le haut de mon crâne.
 
Asriel: Ton cœur est noble et animé de valeurs héroïques, je respecte profondément les personnes comme toi. Je crois en toi et en ta magie Ewelein.
 
Le livre s'illumina, flottant à quelques mètres du sol à la suite des paroles de l'elfe. Je m'agenouillais en face pour commencer le sortilège. D'une main je manipulait la magie blanche environnante dans l'air de Yuli, de l'autre je modelait celle de la terre au sol, les deux forces me conféraient leur énergie dans les veines d'où mon bras droit brillait d'une étincelle blanche sous la peau et le gauche d'une lumière verte. Toutes deux montaient et passaient dans chaque veines de mon corps, en fermant les yeux j'entendait ces deux magie filaient à la vitesse de la lumière dans tous mes membres. Mon sang s'était changé en flux de magie et mon cœur ne battait plus qu'à la force de l'énergie, je goûtait à ce genre de cure prodigieuse qu'utilisent les grands sorciers de Black Rose.
 
Lorsque la connexion fut assez élevée, je me décidais à placer mes mains sur les yeux de l'elfe toujours allongé, ignorant de ce spectacle naturel. J'entendais par ses gémissements et je ressentais que le sortilège se faisait, passant les flux dans les pupilles du jeune homme, lorsque je ré-ouvrit les miennes je constatais le résultat, Asriel ne gémissait plus, il en était même apaisé, ses veines avaient été aussi illuminées par la connexion. Mon livre se fermait progressivement lorsque je comprit qu'il était temps pour moi de cesser, glissant mes mains progressivement de ses pupilles jusqu'à son torse.
L'énergie cessa de passer et revint dans son état naturel, la magie blanche s'envola dans l'air alors que la magie de la terre se planta dans le sol pour ne plus y revenir.
 
Je me penchais sur mon patient, désireuse de savoir l'issue et afficha un large sourire lorsque je vit les paupières se relever laissant place aux yeux couleur ciel.
Asriel les clignaient plusieurs fois de suite, estomaqué. Il mit un temps avant de se relever, préférant observer le ciel rosé. Il se tâta les paupières et en pleura une timide larme qui disparut aussi vite qu'elle était venue.
 
Ewelein: Jamais ta confiance en moi ne doit s'effriter, où tu risqueras de perdre une nouvelle fois la vue pour toujours. De plus ce sort ne peux être maintenu indéfiniment malheureusement, il se peut qu'à intervalles irrégulières tu en soit privé, tu devras aussitôt me rejoindre pour refaire le processus entendu?
Asriel: Compris, je te suis infiniment reconnaissant Ewelein.
 
Il se releva enfant de son lit de verdure, explorant de son nouveau regard ce nouvel environnement. Nous étions dans une clairière au milieu d'une dense forêt mais néanmoins rassurante par son aspect illuminé, le chant des oiseaux nous était proche.
 
Asriel: Où sommes-nous?
Ewelein: Muko a volé jusqu'à Yuli, nous, nous sommes posés dans un bois. Nous avons un peu fouillés les environs et il semblerait qu'il n'y rien à craindre, pas la moindre trace de races malveillantes... Muko et Marshall sont à la recherche d'animaux que nous pourrions manger.
Asriel: Et Kagura?
 
Je baissais les yeux, il se rendit compte de sa question et s'excusa.
 
Asriel: Désolé, c'est juste que je ne peux pas m'empêcher de me demander ce qu'elle devient...
Ewelein: Moi aussi. Moi aussi Asriel ne t'inquiète pas...
 
Dans un soupir je repensais tristement à la couleuvre et rangeais mon livre dans mon sac avec mes lunettes qui traînaient dans l'herbe.
 
Asriel: Où vas-tu?
Ewelein: J'ai repéré un point d'eau pas loin, ça fait une éternité que je n'ai pas pris de bain.
 
L'elfe hocha la tête et s'occupa de son côté tandis que je me dirigeais à l'extérieur de la clairière.
Le coin était dissimulé parmi plusieurs saules pleureurs qui semblaient faire office de "rideaux" pour les voyageurs qui voulaient se baigner, une cascade coulait plus loin.
Sans m'y attendre je jetait en boule les vêtements que m'avait offert Toriel et rentrait dans l'eau d'un vert jade. Des lotus environnants m'accompagnaient dans ce cadre agréable.
 
Je soupirais longuement alors adossée contre un rocher, le pèlerinage nous réservait des surprises aussi splendides que terrifiantes, je repensais à la conversation que nous avions Kagura et moi à Pandore et riait amusée de cette coïncidence: nous étions réellement des vagabonds passant du Paradis à l'Enfer...
Je tentais de me chasser ces sales idées en plongeant le crâne.
Mais une autre idée revint et me glaça le sang...
La prochaine fois nous iront à Siloure...
 
Ewelein: Non... je ne veux pas rentrer... Je ne veux pas... Miyabi je sais que tu attends que je rentre scélérat... Tu n'attends que ça de me passer à la guillotine avec les autres pas vrai?
 
Il faudra que je me fasse discrète...
 
???: Ewelein!
 
Surprise d'entendre une voix d'enfant ici, mes yeux se mirent à chercher aux alentours. Muko apparut, sortant des branches des saules, la mine embarrassée et les joues gonflées comme s'il boudait.
Je prenait soin de dissimuler mon corps sous l'eau.
 
Ewelein: Muko? Marshall n'est pas avec toi?
Muko: Noon... Un monsieur et une madame nous embêtaient alors Marshall leur parle.
 
Le mot "parler" est sûrement un euphémisme avec ce type, j'ai tout d'un coup peur pour eux et pour nous également. Je soupir et sors de l'eau tandis que le dragonneau s'asseyait sur l'herbe, enroulant ses bras autour de ses genoux. J'essorais mes cheveux mouillés tout en lui posant des questions.
 
Ewelein: Tu te souviens de ce que voulaient ses personnes? Elles avaient l'air méchantes?
Muko: Non ils voulaient me regarder de partout et me toucher aussi.
Ewelein *inquiète*: Euh... Comment ça?
 
Il haussa les épaules et fit la moue, pour ma part je ne cautionnais pas vraiment ces actes-là et de sombres pensées germaient dans ma cervelle. Je me hâtait d'enfiler mes vêtements et baissa au niveau du garçon.
 
Ewelein: Conduit moi à eux.
 
Le garçon hocha la tête et commença à trottiner de là où il était venu. Sans faire de grands efforts à le rattraper, je décidais d'aborder un sujet intéressant le concernant. Souriante je le félicitais.
 
Ewelein: Mais dis-moi c'est la première fois que tu as réussi à prendre ton apparence de dragon hier!
Muko: Oui, d'habitude je n'y arrive pas mais j'étais très en colère quand j'ai vu Asriel qui était blessé... Et ça s'est fait tout seul.
 
Il s'est ravisé, changeant sa moue pour une expression désespérée, il s'arrêta dans sa course un cours instant pour s'agripper à moi, suppliant et à les yeux aux bords des larmes.
 
Muko: Et d'ailleurs est-ce qu'il va mieux?! Il est guéri?
Ewelein: Oui mon grand il va mieux...
 
Il soupira de soulagement, je l'enlaçais pour le réconforter.
Je comprenait son inquiétude, Muko ne connaît que nous sur cette terre il est a peine né sur un champ de bataille que ses parents furent tués ainsi que les deux tiers de sa race. Nourrisson nous venions tout juste de le recueillir qu'il a du découvrir le monde à travers ce minuscule interstice en s'attachant à quelques personnes, en perdre une serait un déchirement pour lui, perdre Kagura lui a sûrement été déjà terrible. C'est un orphelin comme beaucoup sur Black Rose, comme Marshall qui fut contraint de survivre seul, comme moi qui dut me raccrocher au peu d'espoir que j'avais, comme Kagura qui devait tourner la page sur son passé pour recommencer une vie nouvelle non sans obstacles...
 
Et Asriel dans tout ça? Je ne peux m'empêcher d'être curieuse sur son histoire, peut être est-il un "chanceux" de ce monde en naissant dans une famille joyeuse qui continue de prospérer?
J'ai pensé à sa mystérieuse sœur qu'il recherche indéfiniment.
C'est alors que plusieurs voix s'enchevêtrant résonnaient entre les arbres, en plissant les yeux je reconnaissait le vampire face à, comme l'avais prévu le dragoneau, une femme et un homme.
Ceux-ci n'avaient pas de caractéristiques raciales particulières ce qui me mit la puce à l'oreille.
Tous deux étaient affublés de blouses de scientifiques et tenaient discrètement des matériaux spéciaux, la dame était coiffée d'un étrange couvre-chef noir à filets orné d'un corbeau, cachant ses cheveux blonds platines courts et bouclés, l'homme en avaient les mêmes mais était moins extravagant que sa partenaire en optant pour un simple chapeau melon, sans doute qu'ils étaient jumeaux.
Leurs regards étaient froids comme la glace au contraire du vampire qui bouillait de l'intérieur.
 
???: Nous, ne nous répéterons pas une seconde fois alors tâchez de nous répondre.
???: Où se trouve le dragon?
Marshall: Mais allez vous faire voir! Vous êtes trop bizarres je vais pas vous laisser le toucher comme ça!
 
Alors qu'ils invoquaient de la paume de leur main une baguette magique, prêts à le faire parler, l'homme tourna la tête aussitôt, repérant Muko qui était avec moi quelques mètres plus loin et fit signe à sa sœur de cesser.
 
???: Le voici, Shiny.
???: En effet, Berry.
 
Les jumeaux ne perdaient plus de temps et volèrent aussitôt vers le garçon qui se cacha derrière moi par peur. Je reconnaissais soudain l'insigne en forme de cerf sur la poitrine de leur blouse.
 
Ewelein: Etudiants à l'académie de médecine Cochléa à Anastasia je présume?
Berry: C'est le cas bookman, livre nous le garçon dragon et il ne te sera fait aucun mal.
Ewelein: Un petit duel de magie ne vous serrait pas de trop pour le mériter vous ne pensez pas?
 
Les jumeaux se jugèrent d'un regard hautain, un sourire moqueur se dessina sur leurs visages. Muko quand à lui avait la bouche à six mètres de long, stupéfait de mes paroles, bientôt rejoint par Marshall qui avait accouru. Furieux, il me prit à part.
 
Marshall: Tu ne pense à pas faire ça?! Espèce de sang coeur! Je savais que tu voulais l’abandonner mais d'une manière aussi vile tu me déçois! 
Ewelein: Idiot, premièrement je n'ai jamais dit vouloir l'abandonner, ensuite laisse moi faire je sais exactement quoi faire avec ces gens-là...
 
Les jumeaux sorciers croisèrent les bras en arrière, droits comme des piquets.
 
Berry: Et bien bookman, choisis ton partenaire ce sera un duel à deux contre deux.
Ewelein: Et je l'ai fait, je ferais équipe avec le dragon ici présent.
Shiny: Soit. S'il avait été adulte ça n'aurait pas été très fair-play... Mais nous respectons ton choix, en garde!
 
Abasourdi, Marshall restait en arrière les yeux grands ouverts, hésitant à aller chercher Asriel au cas où cela dégénérerait. Les étudiants se placèrent face à nous, Muko me jeta des coups d'oeil inquiets, incapable de savoir quoi faire lors d'un duel de mages.
Ces deux-là sont bel et bien des sorciers, en tant que tel ils sont maîtres dans l'utilisation de la magie et sont capable d'utiliser tous les types, aussi bien l'occidentale que l'orientale. La tâche aurait était ardue si j'avais été seule contre eux, mais la présence de Muko me facilitait la tâche sur bien des points...
 
Le duel commença par Shiny lançant un sort psychique en ma direction que j'évitait de justesse, cependant Berry se plaçait juste en arrière pour me bloquer. Mon livre ouvert, j'utilisais un sort de foudre sur lui qu'il évita également, bondissant à plusieurs mètres de hauteurs et enchaînant avec des chaînes d'énergies qu'il parvint à m'accrocher aux poignets pour pomper ma magie, Shiny en profita pour me piéger dans une sphère aquatique. Enchaînée et privée d'air, j'appelais mon livre à la pensée pour les attaquer, sans qu'ils ne s'en rendent compte des sceaux de glace s'étaient accrochés à leurs ombres, les blessant sérieusement.
Muko qui n'avait encore rien fait était figé sur place, tétanisé face à cette succession infernale de sortilèges dangereux.
 
Néanmoins je remarquais quelque chose d'important et me réconfortait dans l'idée était parfait dans sa forme. Aucun des deux n'avaient touché à un seul cheveux de Muko, se contentant juste de me faire la peau à deux contre une... Quelle bande de rapaces ces sorciers! Voilà pourquoi les bookmans et les sorciers ne s'apprécient pas! Nous on privilégient l'honneur tandis que ces vautours ont le penchant pour les coups bas!
Je me sentais perdre progressivement l'air et jeta un faux regard désemparé au garçon qui ne tarda pas à montrer les dents. Comme je l'avais prévu, celui-ci entama sa transformation sous les yeux affolés des sorciers s'empressant de me libérer. 

Shiny *furieuse*: Pauvre folle! Tu ne te rends donc pas compte de la puissance d'un dragon lorsqu'il est en colère? Fais vite quelque chose! 
Berry: Petite soeur... Attend un instant! Tu pense à la même chose que moi? 

Le regard auparavant glacial du mage devint brillant de curiosités, suppliant sa soeur de laisser Muko se montrer ainsi devant eux. Il se fit vite rejoindre par celle-ci qui avait compris l'intention de son frère, tous deux ressemblaient à présent à des enfants ne demandant qu'une chose: nourrir leurs interrogations. 
Muko se calma lorsqu'il me vit délivrée et la tension retomba, sa métamorphose disparu aussitôt mais les jumeaux dans leur patience se relevèrent furieux et tapants du pieds. 

Berry: Mais qu'est-ce que tu as fait bon sang?! On aurait pu voir sa forme complète!!
Ewelein: Je m'en doutais... Vous êtes de la classe des chercheurs à Cochléa, qui plus est étant de la race des sorciers votre curiosité est immense lorsqu'il s'agit de choses rares en ce monde. 
Shiny *sifflant*: Tsss... Peut être et alors? On ne fait que notre travail c'est tout! 
Ewelein *souriante*: Allons considérons cette petite altercation comme un salut, ne nous faisons pas la guerre entre camarades d'universités! Et si vous veniez boire un verre avec nous? Avec le dragon bien sûr...

La proposition leur était alléchante, étudier le dragonneau tout en sirotant un verre d'alcool, ils n'étaient pas prêts de refuser surtout que cette race est friande en travaux d'équipes contrairement à certains qui préfèrent travailler en solitaires. Sur un accord commun, le frère et la sœur, après s'être entendus d'un simple regard, rangèrent leur baguette. 


--------------------


Berry: Mon nom est Berry Harrison, et voici ma soeur Shiny. Nous sommes désolés du dérangement occasionné, notre école est en pleine préparation de notre pèlerinage nous étions en route pour Siloure pour le terminer et nous avons trouvé par hasard ce jeune dragon. Naturellement notre travail étant la récolte d'informations nous ne pouvions passer à côté d'une telle trouvaille. 
Ewelein: Je comprends, j'ignorais que Cochléa organisait également son propre pèlerinage cependant. 
Berry: Et nous partageons cette surprise d'où notre méfiance à votre égard, l'Arborh impose-t-elle également à ses étudiants la récolte d'informations? 
Ewelein *secouant la tête*: Pas vraiment non, nous avons plutôt l'objectif d'arriver vivants à destination... 
Berry: Une école qui met en avant la débrouillardise, Anastasia regorge d'écoles dont les buts divergent. 

Assis en cercle, nous faisions connaissance de nos nouveaux camarades. L'aîné, Berry sirotait tranquillement son modeste verre de whisky arraché de force au radin vampire, sa cadette courait après Muko pour lui soutirer des informations, leur course fit une pause lorsque ce dernier grimpa à un arbre comme un chat. 

Shiny: Mais vas-tu cesser de fuir?! Ta coopération sera une découverte capitale pour notre école! 
Muko *sifflant*: Nan! T'es trop bizarre j'te fais pas confiance! 
Ewelein: Muko elle veut juste t’examiner elle ne te fera pas de mal, descends. 

L'elfe qui écoutait patiemment la conversation à nos côtés se leva et attrapa facilement le garçon perché qui se fit vite embarqué par la jeune sorcière, ravie. Il se débattait avec une hargne féroce mais l'étreinte passionnée de sa kidnappeuse lui fit comprendre que toutes résistances étaient inutiles. 
Elle commença son expérience, faisant asseoir le garçon et ouvrant son sac pour y fouiller divers matériaux. Alors qu'elle inspectait les yeux, oreilles, cornes et autres éléments elle se permit de nous poser des questions. 

Shiny: Je ne vois pas de traces de quelconques apparition d'ailes néanmoins il semble avoir une excroissance de queue à l'arrière. Serait-il d'une origine différente? 
Ewelein: En effet, nous supposons qu'il s'agit d'un dragon de type "asiatique". 
Shiny *se frottant les mains*: Ces cas-là sont rarissimes à Black Rose!! La majorité d'entre eux sont d'occidentaux! 
Ewelein: Serait-il originaire du monde moderne alors? 

L'aîné finit son verre et prit la peine de m'expliquer pendant que sa cadette continuait son activité. 

Berry: Nous avons une théorie intéressante dont nos chercheurs s'y penchent depuis quelques années à ce sujet. Beaucoup pensent qu'autrefois le Monde Moderne et celui de Black Rose n'étaient qu'un dans notre univers mais qu'il fut divisé lorsqu'une partie de la population a cessé de croire aux mythes et légendes, en l'existence même de la magie. Ainsi leurs croyances disparues il devinrent de simples humains et se séparèrent des autres. Pour l'explication des dragons nous pouvons supposer à cela que par le passé les dragons étaient présents sur tous les continents du Monde Moderne leur donnant des origines différentes mais que chassés par les humains ils ont du vivre parmi la population "magique". 

Perdu dans ce monologue qui lui était incompréhensible, Marshall ouvrit de grands yeux. 

Marshall: Euh... C'est quoi le "Monde Moderne"? 
Ewelein: Un monde parallèle au nôtre dépourvu de magie, les échanges entre celui-ci et le nôtres sont exclusifs, on dit que seuls les empereurs peuvent se permettre de dialoguer avec eux. 

Il leva les yeux au ciel. Berry continua sur un ton plus léger. 

Berry: Enfin bref... Qu'allez-vous faire à présent? 
Ewelein: Continuer notre route jusqu'à Siloure. 
Berry: Non pas que l'on vous trouve antipathique mais malheureusement ma sœur et moi préférons poursuivre seuls. 

Je hochais la tête en souriant mais à l'intérieur je repensais à ma réponse et manquais de m'étouffer. 
La sorcière venait enfin de libérer Muko qui se dépêcha de se cacher derrière son père adoptif, il ressemblait à un chaton qui hérissait le poil, elle était aux anges montrant fièrement à son aîné toutes les notes qu'elle a prise dans son carnet. Le sorcier releva et nous tira son chapeau. 

Berry: Chers amis, il est temps pour nous de quitter Yuli. Nous vous souhaitons bien du courage pour la suite de votre pèlerinage, au plaisir de vous croiser à nouveau dans l'avenir. 
Shiny: A plus! *faisant un clin d'oeil à Muko* Au revoir mon choupinou! 

Les deux s'élevèrent dans les airs et volèrent jusqu'à leur prochaine destination, suivis par nos regards. 
Ce sera notre tour de partir là-bas. 
Je ne veux pas rentrer à la maison. 
Je ne veux pas... 
Père, mère, mes chers frères et soeurs c'est une insulte envers vous de revenir sur la terre où repose vos cadavres, vous que j'ai fuis, ce pays que j'ai laissé à sa merci...
Je ne veux pas rentrer...


                                  Ayants fait la rencontre des jumeaux sorciers Berry et Shiny, les vagabonds ont étoffé leur carnet de connaissances et s'apprêtent à entrer à Siloure, pays sous dictature et crainte suprême de la jeune bookman. Cette épreuve en sera la plus dure pour elle...


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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Dim 15 Mai - 0:05
--Chapitre 12--
 
-Siloure-
 
 
 
Chaque pas que nous faisons résonnent comme des coups de poignard dans mon cœur, le chemin menant à Siloure se rapetisse au fur et à mesure. Je restais en arrière du groupe de crainte que l'on s'aperçoive de ma peur sur mon visage, ils n'ont pas une seule idée de ce que je peux ressentir envers ce pays qui est pourtant ma terre natale, le pays des bookmans.
Je ne sais que sentir lorsque je vois le visage souriant de Muko, l'air assuré d'Asriel et la nonchalance habituelle de Marshall...
De nombreux flash-back que j'ai enterré dans ma cervelle depuis des années refont surface.
Oh Dieu, sera-tu te montrer clément envers moi lorsque je pénétrerais dans cette ville? Quelle ironie de lui demander cela maintenant, lui que je n'ai jamais cru.
Le vampire tourna la tête en arrière et ralenti pour discuter à mes côtés, de sa poche il en sorti une énième cigarette et m'en tendis une seconde que je pris volontiers.
 
Marshall: De quoi as-tu peur?
Ewelein *surprise*: ...! J-je n'ai peur de rien!
Marshall: Menteuse, tu suintes littéralement de couardise je peux le sentir.
 
J'avais oublié la sensibilité particulière de cette race pour capter les sentiments négatifs, en particulier la frayeur et le désir. Il devait absorber depuis des heures mes frissonnements sans le faire exprès, ce doit être un poids réellement pénible a supporter continuellement.
Il abhorra un sourire lumineux sûrement pour me rassurer.
 
Marshall: Tu as pourtant dit que tu allais revoir ta famille au pays non? C'est cool ça!
Ewelein: Oui c'est sûr...
Marshall: Oh allez ils ne sont pas si terribles au point d'en être effrayé! Si?
 
C'est alors que je me ravisa, quelle peste je suis de tirer la tronche dans ces circonstances alors que lui était orphelin? Il n'a pas eu la chance d'être recueilli par la suite.  
Je décidais de faire volte-face en lui rendant son sourire.
 
Ewelein: Oh non ils sont adorables!
Marshall: Où habitent-ils? On peux peut être leur claquer une bise sur la route? C'est pas tous les jours qu'on peux revoir ses parents, surtout lorsqu'on est à Anastasia!
Muko *sautillant*: Oh oui je veux voir le papa et la maman d'Ewelein!!
 
Je soupirais, je n'avais pas vraiment l'intention de les déranger à la ferme mais le moment semblait choisi pour nous revoir. Et puis l'enthousiasme de Muko qui s'invita dans la conversation ne put me faire changer d'avis. Je jetais un œil sur Asriel qui hocha la tête en souriant, je haussais finalement les épaules alors gagnée face à l'approbation générale...
 
 
----------
 
 
???: COMMENT CA LE LAIT N'A PAS ÉTÉ LIVRÉ?! MAIS QUEL FENEANT CE TYPE! ET TOI AU LIEU DE GLANDOUILLER VIENS DONC M'AIDER POUR LE CHAMPS!!
???: JE M'OCCUPE DÉJÀ DU BOIS!!
 
Tous les quatre postés droits comme des piquets derrière la porte de la chaumière, mes compagnons de route m'affichaient de regards bien... consternés en entendant le spectacle qui devait avoir lieu à l'intérieur.
Je soupirais, le poing encore levé pour toquer, d'après ce que je peux entendre ça n'a pas changé ici, toujours aussi bruyants...
 
???: Y'A QUELQU'UN QUI TOQUE!! VA OUVRIR!
 
Engloutissement de salive général, les garçons firent un pas en arrière pensant qu'une bête féroce allait surgir. Ils devaient penser que j'étais en vérité la fille d'un ogre, où de quelque chose comme ça...
La porte s'ouvrit brusquement dévoilant un costaud bookman au visage marqué par ses quarante-huit années d'existences. Son regard se baissa sur la petite troupe agglutinée devant chez lui, il arqua un sourcil.
 
???: Qu'est-ce que vous voulez?
Ewelein: Bonjour Caleb, c'est moi Ewelein.
 
La figure méfiante de celui-ci se dégagea pour faire place à une tête de six pieds de longs, m'observant de haut en bas puis de bas en haut et continuant de s'étonner toujours plus. On entendit sa femme qui arrivait, le ton impatient.
 
???: Et bien? Qui est-ce?
Caleb: S-Sarada... Ewy est revenue...
 
Un bruit de pas accéléré résonna, une femme également dans la quarantaine se précipita aux côtés de son homme. Un large sourire se dessina sur son visage et elle en plaqua ses mains sur ses joues, le couple se jeta sur moi manquant de m'étouffer par leurs gestes affectueux, on entendit mon nom jusqu'au bout de la ferme.
 
Sarada: Mais qu'est-ce que tu as grandiiiiiiiiiiiiiiiiiiis!!! Par tous les dieux de Black Rose tu es devenue une véritable femme ma chouchoupinette!! Tu es même en âge de te marier!! Je ne pourrais plus jamais pincer tes adorables petites joues roses!!
Caleb: Et si en fait elle était ici pour présenter son époux, à NOUS, SA FAMILLE?!
Sarada: Oh attend, attend, attend laisse moi deviner de qui il s'agit mon cœur!
 
Ses yeux bleus examinaient minutieusement les trois garçons à l'arrière, confus de cette scène.
 
Sarada: Le petit chou là il est trop jeune pour toi et le grand blond est trop musclé pour tes standards, par contre le beau brun derrière c'est tout a fait ton style! T'as toujours eu un faible pour les rebelles!
 
Je devint rouge pivoine et Marshall blanc comme un linge devant le ton si direct de la quarantenaire. Caleb et elle joignaient leurs mains et une lumière semblait les éclairer depuis le ciel.
 
Caleb: Oh attends chéri et si en fait...
Sarada: Oui je vois de quoi tu veux parler mon chou...
Caleb et Sarada: Et s'il s'agissait de SA famille qu'elle a fondée?!
Ewelein: BON CA SUFFIT MAINTENANT OKAY?!
 
Cette fois j'étais furieuse, ils étaient à deux doigts de pleurer après que je les aient sermonnés. Je les adore ils comptent beaucoup pour moi mais leur attitude... excessive? Me mettait toujours sur les nerfs.
Mais je suis contente de les revoir, ils m'avaient manqués...
 
-------
 
 
Sarada: Et ben ça alors... Si on m'avait dit que tu viendrais nous passer le bonjour pendant ton pèlerinage je me serais préparée psychologiquement!
Ewelein *souriante*: Rien n'a changé ici visiblement!
Sarada: Ah si! Ton frère Isao s'est marié dès que tu as quitté la maison, avec un beau jeune homme qui plus est et tout à fait charmant! Il faut que tu ailles les voir à la ville!
Ewelein: Je n'y manquerais pas, promis.
 
Il était convenu que nous passions la nuit à la ferme, en contrepartie Caleb et Sarada ne s'étaient pas gênés pour demander de l'aide à nous tous. Je nourrissais les lapins, distribuant les légumes à chaque clapiers en me rappelant quelques rares doux souvenirs d'enfance. A la fenêtre je pouvais voir Asriel portant plusieurs bottes de paille sous les yeux ravis de Caleb content d'avoir une paire de bras costaude, Marshall se tenait en équilibre sur une échelle, concentré avec son marteau pour rafistoler la grange et me confirmait dans l'idée qu'il était un piètre magicien mais un vrai débrouillard dans tous les domaines. Muko quand à lui avait comme tâche d'arroser le potager et s'en amusait.
Sarada et moi discutions joyeusement, tantôt en caressant un lapin, tantôt en lui tendant une carotte. Elle voulait tout savoir de mes études, de mes amis, de mes coups de coeur et ne lambinait pas sur son côté bavard. Mais la paisible atmosphère retomba brusquement, je savais ce qu'elle allait me dire.
 
Sarada: ...Ce n'est vraiment pas de chance que tu sois obligée de passer par ce pays...
Ewelein: Je m'en étais préparée ne t'en fais pas...
 
Elle referma un clapier et soupira.
 
Sarada: Tu dois être au courant de ce qu'est devenu Siloure depuis le temps.
Ewelein: Une dictature.
Sarada: Une dictature certes mais aies au moins l'honnêteté de reconnaître que ta famille se comportait plus en tyran que Miyabi aujourd'hui.
 
Je baissais la tête, je déteste avoir tord à ce sujet. Elle poursuivi sans qu'elle n'attende une réponse de ma part.
 
Sarada: Jamais les rues n'avaient été aussi remplies d'espoir... Quelle ironie de dire qu'un apôtre du mal nous apporte ce cadeau. Depuis qu'il est monté au pouvoir on ne compte plus le nombre d'hommages qu'on lui offre, les bookmans ne s'étonnent plus de se faire gouvernés par un mara ils le considèrent comme l'un des leurs. Ma fille si tu décidais de monter sur le trône tu serais pendue en place publique par le peuple...
 
Elle posa une main maternelle sur mon épaule et me fit un large sourire comme elle a tant l'habitude d'en faire.
 
Sarada: Allez, allez, tes compagnons doivent être affamés et ils ont fait du bon boulot, ce soir on a du boeuf pour fêter ta visite!
Ewelein *ironique*: Quand je pense que tu ne me nourrissais qu'à la soupe avant...
 
 
-----------
 
 
Le repas fini nous fûmes séparés, je décidais de retrouver mon ancienne chambre à l'étage.
Rien n'avait bougé. Mon armoire qui me semblait immense petite prenait la poussière, à l'intérieur mes quelques jouets avaient été épargnés de la poubelle, rangés dans leur panier en osier, je prenait le premier en haut de la pile qui était une petite voiture en bois fabriquée par Isao et m'asseyait sur mon lit toujours impeccablement fait. La couette grattait encore, je passais des nuits infernale à cause d'elle. Les vieilles poutres en bois me terrifiaient la nuit je les prenaient pour des montres qui m'observaient au lit.
Le regard baissé, je faisais rouler la voiture dans les airs et me rappelait de ce jour où Isao me l'avait offert de bon coeur, moi petite peste à l'époque l'avait jetée à l'autre bout de la chambre en tapant du pied disant que c'était un "jouet de paysan et que moi d'abord je ne joue qu'avec des poupées en porcelaine!".
 
Ewelein *soupirant*: Pfft...
 
Je me laissais tomber en arrière, observant le plafond. Mais au lieu de cela mon regard se tourna vers la fenêtre qui donnait sur le crépuscule de la nuit, les étoiles brillaient incroyablement fort ce soir, ça me poussais à m'y approcher. Seulement plot twist, Marshall apparu tête à l'envers le plus naturel du monde.
 
Marshall: Hey!
Ewelein: Je ne m'étonne même plus de tes entrées.
 
Le vampire ricana et entra d'un bond, s'installant confortablement à côté de moi.
 
Marshall: Ils sont sympas tes parents! Mais ils ne te ressemblent pas beaucoup...
Ewelein: Ce sont des parents adoptifs en fait.
Marshall *ouvrant de grands yeux*: Genre! T'a été adoptée!
 

Il ne savait pas vraiment comment réagir. Ses lèvres brûlaient de m'en demander la raison mais hélas je ne pouvais lui offrir ce privilège. Je me sentais soudainement mélancolique car je savais ce que j'avais à faire cette nuit, la pensée de devoir les abandonner durant ce temps me paralysa. Cela fait peu de temps que nous sommes ensemble, nous n'avons jamais rien partagé à l'Arborh et pourtant j'avais le sentiment que nous étions amis depuis des années. 
J'aurais aimé faire leur connaissance plus tôt, aider Marshall aux cours et Kagura face aux racailles de l'école qui s'amusaient à l'emmerder, j'aurais aimé être avec Asriel lorsqu'il se sentait seul. 

Ewelein: Je vais me coucher, je suis éreintée. 
Marshall: D'acc. 
Ewelein: Et j'entend par là que tu dois t'en aller en fait... 
Marshall: T'inquiète je serais discret, regarde! 

Il s'accrocha à une poutre au-dessus du lit et s'y installa en mode "chauve-souris", la tête en bas et les mains croisées sur le torse. J'arquais un sourcil, il éclata de rire. 

Marshall: Tu ne croyais quand même pas que je dors comme ça? Y'a que les mabouls comme Dracula qui s'amusent à faire les monstres de roman! 

Encore la tête en bas, il passa une main derrière mon cou pour rapprocher ma tête à la sienne et m'embrassa en coup de vent avant de s'enfuir par la fenêtre me laissant seule et médusée. 
Mais je ne m'attardais pas à cela, plus tard les états d'âme...
Déterminée, j'enfilais des vêtements adaptées à ma virée nocturne. Je fouillais dans la commode et trouvais quelques vêtements de ferme idéaux: un pantalon sarouel, un haut ample blanc ouvert sur les épaules et une une large capuche écharpe pouvant me recouvrir jusqu'aux mollets. A cela j'enfilais une paire de bottes en cuir à lanières et en daim et j'étais parfaite. 

Passant la tête en dehors de la fenêtre, j'explorais de mes yeux la ferme cherchant un individu encore levé, seul Caleb était devant la porte, fumant sa pipe du soir avant d'aller se coucher. 
Je passais le bout de mon écharpe à l'arrière de mon épaule et décida d'y aller pour de bon, prenant bien soin de fermer ma chambre derrière moi je passais avec prudence sur le toit du bâtiment. 
Je ressemblais à une voleuse qui s'apprêtais à harponner mais loin de là, je devait fuir ailleurs.
Caleb bailla et rentra enfin. J'en profitais pour réciter ma formule et dit d'une voix basse:

Ewelein: Viens, Suniko...

Une lueur blanche apparue au loin et s'approcha. Battant ses quatre ailes ivoires, un familier sowige venait à ma rencontre et se posa sur une cheminée, il me fit un grand salut.

Suniko: Maîtresse Dianthéa, que puis-je faire pour satisfaire vos désirs? 
Ewelein: Je veux que tu m'emmène là où repose ma famille. 
Suniko: Comme il vous plaira.


La chouette aux deux paires d'ailes échappa de son bec en or un souffle glacé qui m'enveloppa et me fit progressivement disparaître de la ferme. 
Le sowige m'accompagna dans mon voyage élémentaire où nous volions portés par la brise du soir, invisibles aux autres. Pardonne-moi Suniko, tu as du être terriblement inquiète à mon sujet depuis tout ce temps et voilà que je t'appelle de nulle part sans te donner aucunes explications.
A l'horizon se profilait le palais et la ville tout autour. 

Suniko: N'ayez craintes maîtresse, ma magie vous dissimulera des regards des gardes de Miyabi. 

Je lui hochais la tête tandis que son souffle me portait entre les rues désertes de la citadelle. Le couvre-feu avait été lancé depuis un moment, seuls les gardes marchaient, surveillaient aux alentours. 
Une douleur me faisait mal à la poitrine en revoyant ces rues que pourtant je ne visitais jamais, je restais cloîtrée à la résidence sans contact avec le monde extérieur. 
Nous arrivions enfin, Suniko me posa derrière le muret du cimetière pour me rendre mon corps, je remettais correctement l'écharpe de sorte à être bien camouflée alors que la chouette inspecta les environs sur mon épaule de sa vue perçante. Prudente, je m'avançais entre les tombes. 

Suniko: Prenez garde maîtresse.
Ewelein: Oui...

A l'inverse des chestok qui repèrent les individus à leur ouïe affûtée, les sowige les identifient a leur vue incroyable, je pouvais compter sur Suniko qui m'avait servie de nombreuses foies. 
Les noms des bookmans morts entre ces murs s'alignaient à chacun de mes pas éclairés par la clarté de la lune blanche, la brise me donnait des frissons et les sépultures également. 
La sowige me fit signe que j'étais bien arrivée et se posta sur une pierre tombale, en face de moi se tenait une construction interdite et scellée par plusieurs cadenas, ajoutant à cela des sceaux magiques sûrement posés par Miyabi pour ne pas que certains "fidèles" récupèrent les reliques. 
Agenouillée, je posais une main sur la porte en soupirant. 

Ewelein: ...

Enfin j'étais de nouveau auprès de ma famille après tout ce temps...
Vingts longues années sont passées mes chers parents, mes frères et sœurs. 
Vos têtes tranchées par la guillotine doivent être conservées bien piteusement dans cette bâtisse froide. 
La sowige prit sa forme humaine de belle femme hybride-chouette aux longs cheveux blancs et s'agenouilla à mes côtés, me caressant la dos d'une main rassurante. 

Suniko: Maîtresse... Vous m'avez tant inquiétée je pensais vous avoir perdue également, toutes ces années je les aient passées à vous chercher à Siloure pardonnez-moi... 
Ewelein *prenant sa main*: C'est à moi de m'excuser Suniko, je n'ai pas eu l'occasion de t'appeler... 
???: Et je n'ai pas eu ce plaisir également...


[Musique d'ambiance!]
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Cette voix, je la reconnaissait entre milles...
Vive, Suniko fondit vers l'ombre noire dissimulée dans l'obscurité et les sépultures et prépara ses griffes tranchantes en un éclair mais celui-ci se montra plus rapide que la chouette, levant son bras il lui asséna une fulgurante attaque. Celle-ci tomba littéralement dans son piège en fonçant tête baissée, elle se retrouva consumée par un brasier noir, sa gorge montrait ses hurlements mais aucuns sons n'en sortaient, elle souffrait en silence. Il lui avait en prime retiré la voix pour ne pas qu'elle alerte les civils...

Ewelein: Miyabi!
Miyabi: Dianthéa...

Je savais ce combat perdu d'avance mais je ne pouvais abandonner mon familier alors que nous venions tout juste de nous revoir. Je sortais mon livre caché à l'intérieur de mon haut et l'ouvrit à toute vitesse pour déchaîner mes sortilèges. Sous l'épais nuage crée, l'apôtre en sortais le plus calme du monde comme si aucune de mes attaques ne l'avaient touché, je grinçais des dents, soudain la voix de Suniko me parvint par la pensée. "Utilisez-moi maîtresse!" Se tuait-elle à me faire parvenir. 
Mon livre en sorti de sa couverture un large katana en ivoire et cristal dont le manche était de feuilles dorées, je me précipitais vers l'apôtre où celui-ci invoqua également son arme, une faux gigantesque respirant l'énergie noire. Suniko s'était échappée de son sortilège pour être invoquée en tant qu'arme de mon livre. Elle est le familier qui fut écrit dans mon ouvrage à ma naissance, celle qui peut revêtir les trois formes possible pour un familier et sans aucun doute la plus puissante sur les terres de Siloure...

Miyabi: Ce combat est futile et tu le sais Dianthéa. 
Ewelein: J'aurais au moins eu la satisfaction de croiser le fer avec le meurtrier que tu es!

Suniko était rapide et efficace, assénant de puissant coups, rapide et précis qui visaient les points faibles mais hélas le mara se montrait toujours plus rapide, parant chacun de mes coups avec une facilité déconcertante et rageante. 
Il reculait stratégiquement pour me laisser une lueur d'espoir, notre lutte se passait entre les morts... 

Miyabi: Ne t'ai-je pas déjà prévenu de ne jamais revenir en ces terres? Aurait-tu perdu la mémoire? Où la raison? Es-tu folle où stupide? Réponds-moi Dianthéa je veux tout savoir...
Ewelein: Je n'ai rien à te dire!! 

Agacé que je lui réponde sur ce ton, il brisa mon katana d'un seul puissant coup de faux, les morceaux au sol se recollèrent dans une lumière blanchâtre où le corps du familier gisait à terre. 
Déboussolée, je ne pouvais plus faire un pas. Le mara plaça sa lame derrière ma nuque et me parla d'une voix très sérieuse, effrayante...

Miyabi: J'accorde toujours une seconde chance à mes ennemis... Mais jamais de troisième... 
Ewelein: ...
Miyabi: La mort n'est qu'une chance, tu mérite la torture ma pauvre Dianthéa...















Alors subis ton jugement.
Dianthéa Vitanova...

















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Miyabi tu es vraiment le plus cruel tu sais? 
Laisse moi donc avec les crânes de mes parents et frères et soeurs si cela t'amuse...
Je te hais tellement...
















[A suivre dans la partie 2- "Siloure-une famille tyranique"]


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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Sam 21 Mai - 23:42
--Chapitre 13--
 
-Siloure partie 2: Une famille tyrannique-
 


 
 
J'entends des bruits de pas s'approchant de la cellule où je croupis enchaînée et face sept crânes tranchés, le mien est baissé observant depuis des heures ces morceaux de cadavres qui semblaient me juger de leurs yeux sans vie. La porte en fer s'ouvrit, mes yeux se levèrent puis revenaient à leur stade originel.
Miyabi contemplait ce spectacle morbide de sa hauteur et n'en disait rien.
La pièce plongée dans le noir, il alluma la mèche d'une bougie en mauvaise état.
Il baissa les yeux sur le sol humide sous mon visage et reporta son attention sur moi.
 
Miyabi: Tu savais pourtant ce qui t'attendais en me provoquant en revenant ici.
Ewelein: ...
Miyabi: Stupide enfant, tu étais plus intelligente il y a vingts ans quand tu as choisi la fuite...
 
De sa magie il créa un fauteuil face à moi et s'en assit, croisant les mains.
J'avais tant pleuré que je ne montrais plus aucune expression, il se baissa et prit mon menton entre ses doigts pour prendre connaissance de mon visage. Il ne fut pas surpris du résultat, captant son regard au mien il continuait son monologue.
 
Miyabi: Je ne suis pas un homme mauvais, si je n'avais pas arraché ton père du trône de Siloure il aurait sûrement exterminé ta race à l'usure. Ton peuple hurlait dans les rues, ils avaient faim, ils étaient dominés et tués, ils étaient désespérés car personne ne pouvait les entendre. Et pendant ce temps là vous continuiez vos dépenses excessives et vos fêtes qui ne se terminaient jamais... Dianthéa est-ce là le rôle d'un souverain? Est-tu au moins descendue dans les rues pour voir les bookmans qui tombaient un à un? As-tu entendu les pleurs des familles qui maudissaient ta famille et Dieu qui les avaient abandonné?
 
Ne demandant qu'une réponse de ma part, où plus, le mara ne lâchait pas mon menton patientant. Ses yeux crevaient d'envie de me faire parler mais rien ne se passa. J'étais trop détruite.
 
Miyabi: Muette comme à ton habitude...
 
Il soupira et me lâcha, il fit disparaître son siège d'un claquement de doigts et tourna les talons mais il senti comme quelque chose d'humide sur sa chaussure qui le fit se retourner.
C'était un crachat que je lui avais lancé.
Je relevais la tête, le fixant d'un regard aussi noir que l'Enfer. Le mara fronça les sourcils, leva la main et me donna un coup sec à la joue avant de disparaître.
 
Miyabi: Prend cette gifle comme un avertissement Dianthéa, j'ai ton livre en ma possession ne l'oublie pas. Il  me suffit juste de le déchiqueter pour te voir t'écrouler morte...
 
De nouveau je me retrouvais seule, la bougie s'éteignit après le passage du mara. Le faible rayon de lumière qui sortait d'un trou entre les pierres ne me permettait que d'avoir une fois de plus l'horrible présence.
Je me souvenais de ce jour maudit lorsque j'étais parmi la foule à pleurer sous ma cape alors que défilaient sur l’échafaud mon père, ma mère mes frères et soeurs.
Dans ce moment présent mes doux souvenir d'enfance me faisaient surface, dans l'obscurité je souriais en repensant la chaleur d'entant qui régnait au palais...
Une douleur atroce me prenait à la poitrine et de nouveau les larmes me revenaient.
La folie prenait petit à petit possession de mon coeur, à mes côtés je voyais soudain ces sept visages qui m'entouraient et me souriaient mais ne disaient rien.
 
Ewelein *souriante*: Bonjour tout le monde...
 
 
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La très puissante famille Vitanova.
J'en faisait parti, mes parents, Jacob et Marjane Vitanova m'avaient donné comme prénom à ma naissance celui de Dianthéa car d'après la mythologie bookman, Dianthéa était une reine stratégique et intelligente.
J'étais la quatrième enfant après mon frère aîné Balthazar de seize ans, ma sœur Tomone de quatorze années, Camilla de dix et aînée d'Uriel mon petit frère de deux ans. J'en avais six à cette époque.
Les Vitanova était une famille prospère depuis des siècles ayant amassé au fil des époques des sommes d'argent colossales au cours de trafics et marchandages plus où moins légaux...
Nous étions une mafia, le commerce de notre famille se tournait vers la prostitution, la drogue, la vente d'armes et l'engagement de mercenaires. Nous étions d'ailleurs les seuls à Black Rose ayant eu le potentiel de marchander avec le Monde Moderne, les armes à feu qui étaient alors si inconnues en ce monde fut commercialisé à cause de nos activités. A l'origine une famille royale régnait sur Siloure mais écrasée par l'influence incroyable des Vitanova, ceux-ci furent chassés et nous prîmes les rênes du pays comme si nous avions organisé un coup d'Etat.
 
Petite fille je n'était évidemment pas consciente de ces activités, les domestiques me disaient que mon père et ma mère étaient de puissants bourgeois mais n'apportaient pas de détails à cela...
J'ai grandis dans le luxe, l'opulence des murs épais de notre demeure surplombant la ville dont j'ignorais tout du peuple qui y habitait.
 
J'avais tout les jouets que je désirait, les plus chers, les plus beaux.
Mon armoire n'était remplie que de magnifiques robes confectionnées par les tailleurs les plus reconnus de Black Rose, mes chaussures étaient les plus brillantes et mes bijoux les plus serties de diamants.
J'avais à mon service les domestiques les plus attentionnés, les plus talentueux, mes professeurs étaient tous reconnus dans les prestigieuses écoles d'Anastasia.
Mes frères et soeurs avaient également tous ce même traitement, notre père nous offrait chaque jour de nouveaux cadeaux accompagnés par son sourire chaleureux.
Nous n'avions aucun sang royal coulant dans nos veines, nous n'étions que des fils et filles de marchands mais nous, nous comportions comme des princes et princesses...
Quelque part dans ma petite tête d'enfant, je me doutais que quelque chose clochait entre mon père et le peuple mais je m'en moquais. Mes parents étaient heureux avec nous...
 
Dianthéa: Balthazaaaar! Camilla! Tomone! C'est plus drôle montrez-vous! La maison est trop grande je vais mettre la nuit à vous chercher! J'abandonne j'en ai marre d'être le chat!
Balthazar: Quelle mauvaise joueuse! Faut chercher un peu ma vieille!
Dianthéa: Mais vous faites que m'embêter parce que c'est vous les plus grands! Moi je trouve jamais de bonnes cachettes vous me trouvez tout le temps c'est pas juste!
Balthazar *soupirant*: Allons bon... Tu fais ta tête de boudin? Tu pleure?
Dianthéa: JE PLEURE PAS!!
 
Bien que nous avions une montagne de jouets à nos pieds, les jeux les plus simples nous suffisaient parfois amplement. Il nous arrivait de jouer à cache-cache dans toute la demeure et comme j'étais la plus jeune, je me faisais avoir par mes aînés qui se prenaient un malin plaisir à me taquiner.
 
Tomone: Oh arrête un peu de l'énerver! Elle va cafter aux parents en leur disant qu'on l'embête!
Balthazar: Pfft... Pauvre petite fille...
Dianthéa: ARRÊTE DE M’EMBÊTER!!
Tomone: Tu vois elle commence à pleurer? Elle n'aime pas perdre...
Camilla: Oh? C'est papa ici!
 
Camilla était la plus curieuse, je m'entendait bien avec elle parce qu'elle était celle qui me laissait le plus tranquille et aussi car son âge se rapprochait plus du mien. Balthazar qui était le plus grand se passait pour notre leader mais nous protégeait toujours en cas de soucis. Tomone était celle en revanche avec qui j'avais le moins d'affinités, constamment intéressée par son apparence et ses vêtements, elle passait son temps à courtiser les jeunes associés de papa et ne jouait presque jamais avec moi.
Uriel qui n'était qu'un bébé n'avais pas eu la chance de nous connaître longtemps...
Ce jour-là Camilla avait passé la tête dans l’entrebâillement de la porte où se déroulait une réunion entre notre paternel et ses associés.
 
 Balthazar: Woah! Attend Cami'! Père discute d'affaires là il faut le laisser!
Camilla: Il discute de quoi?
Balthazar: Et ben... de son travail tu sais.
Camilla: Et il vend quoi papa? Maman dis qu'il est toujours très occupé.
Balthazar: De trucs d'adultes! Ça ne te regarde pas!
 
De nous quatre il était le seul à être au courant des activités de papa, de part son âge avancé et sa prochaine affiliation au groupe, il devait y entrer définitivement à ses dix-sept ans et tenir les rênes de la compagnie aux côtés de notre père.
Mère marchait dans les couloirs lorsqu'elle nous aperçut toutes les trois agglutinées contre la porte avec notre frère qui tentait de nous dissuader de s'en aller. L'expression sur son visage vira vite à la colère.
 
Marjane: BALTHAZAR! Ne t'avais-je pas dit d'éloigner tes jeunes sœurs de votre père?!
 
Mère était sévère mais toujours juste. Elle était très à cheval sur les bonnes manières et tenait à nous tenir à l'écart de la vérité, elle avait chargé alors notre aîné de tout nous cacher et prenait soin de surveiller les domestiques un poil trop bavards...
 
Balthazar *gêné*: Mère... Pardonnez moi.
Marjane: Humph! Il suffit que je tourne les yeux deux minutes pour que tu te mette à faire l'imbécile... Quand à vous écoutez lorsque je donne un ordre!
 
Nous étions tête baissée. Des fois elle m'effrayait par sa sévérité excessive. J'ai appris plus tard qu'elle était en vérité rongée par la jalousie car père était en lien avec une prostituée d'une grande beauté, se sentant en concurrence elle passait son temps à lui ruiner la vie et nous commander de devenir toujours plus exemplaires. On me raconta qu'elle en était devenue paranoïaque et que pour ainsi dire elle était malade de jalousie, ne nous considérant même plus comme ses enfants.
 
Marjane: D'ailleurs nous allons passer à table, ne traînez pas et venez à la salle de banquet.
 
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Jacob: Bon appétit mes enfants.
Tous: Bon appétit père!
 
A l'immense table était garnie les plats les plus succulents et fins de nos cuisines, n'importe qui se serait jeté dessus mais mère nous gardait au coin de l’œil et n'allait pas se gêner pour nous piquer à la fourchette si l'un de nous s'y attardait comme un sauvage. Le petit Uriel se faisait nourrir par sa nourrice et était le seul à parler, lâchant des petits gémissements de bébé. Aucune mouche ne volait entre nous à par cela. Père aimait le silence mais ne tarda pas à le briser pour s'adresser à nous.
 
Jacob: Et bien, qu'avez-vous fait de votre journée?
Camilla: On a voulu te voir avec les monsieurs mais maman est arrivée et a grondé Balthazar!
Marjane: CAMILLA! Depuis quand prend-t-on sa mère en ces propos! Excuse toi!
Jacob *levant la main*: Assez Marjane vous ne les laissez pas assez d'air libre, ce sont des enfants! Tout Vitanova qu'ils sont, leur curiosité est prolifique pour leur futur...
 
Notre mère fit claquer sa langue, haussant les sourcils en continuant son assiette. Elle adorait nous rappeler à l'ordre mais détestais se faire réprimander à son tour par notre père sous nos yeux satisfaits. Il souriait et passa une main affectueuse dans la chevelure violette de la cadette.
 
Jacob: Mon enfant, le jour viendra où tu sera assez grande pour travailler avec moi.
Dianthéa: Et moi?
Jacob *souriant*: Bien sûr Dianthéa! Vous serez tous avec moi, et même Uriel! Mais il est bien petit... il devra attendre plusieurs années.
 
Père aimait profondément sa famille, il avait grandi également dans un cocon de chaleur dans son enfance ce qui n'était pas le cas de mère qui était fille de cruels aristocrates bookmans, ce qui expliquait son comportement en plus de sa jalousie. J'aimais mon père qui malgré, son égoïsme envers le peuple était un ange à nos côtés. Mère tapa des mains, toujours la façade grave.
 
Marjane: Assez, il est tant pour vous d'aller au lit. Regagnez vos chambres, Suniko veille à ce que Dianthéa n'oublie pas ses prières!
Suniko: Bien maîtresse...
 
La sowige prit son apparence humaine et me prit par la main pour m'emmener jusqu'à ma chambre, les autres suivaient sans broncher, nous savions que mère voulait être seule avec notre paternel pour continuer leurs éternelles disputes devenues monnaie courante dans notre quotidien.
Après m'être déshabillée et barbouillée pour la nuit, Suniko me laissa enfin seule dans mon immense chambre, calée entre plusieurs coussins en dentelle et ma poupée fétiche. J'entendais toquer à la porte, mon père entra, la mine peinée mais gardant toujours son sourire.
 
Jacob: Dianthéa excuse moi je ne t'ai pas dit bonsoir...
 
Il s'asseiya au bord, passant une main paternelle sur mon front. Assez fatiguée, mes yeux allaient se fermer mais quelque chose était manquant.
 
Dianthéa: Papa, refais les dessins avec tes mains.
Jacob: Le jeu des ombres? Bien sûr.
 
J'adorais quand il faisait ça, quand il faisait un lapin avec ses doigts à la lumière, lorsque je regardais le mur j'imaginais qu'il était magicien. Tous les soirs je lui demandait ça, c'était notre petit rituel à nous.
Il m'embrassa au front en signe d'adieu mais je lui tenait la main.
 
Dianthéa: Je veux être plus grande maintenant, je veux savoir pourquoi vous, vous disputez toi et maman et je veux t'aider dans ton travail. Tout le temps on me cache des trucs, même Suniko...
Jacob *le regard peiné*: Les enfants qui deviennent trop vites adultes dans leur tête deviennent fous et je ne veux pas que cela t'arrive, je veux que tu garde ta précieuse innocence jusqu'au moment venu.
Dianthéa: Et l'extérieur? Est-ce que je pourrais sortir un jour de la maison?
 
Son regard devint grave.
 
Jacob: Pourquoi cet intérêt soudain? N'es-tu pas heureuse chez toi?
Dianthéa: Si! Mais... J'aimerais savoir ce qu'il s'y passe, les domestiques ils en parlent et ils sont tristes...
Jacob: ...Les domestiques?
Dianthéa: Oui.
Jacob: Te souviens-tu de leurs noms?
 
Il en était presque agressif sur sa question.
 
Dianthéa: Il y avait... euh madame Yuhara et le palefrenier dont je sais pu' le nom.
Jacob: Rassure-toi mon enfant tu ne les entendra plus jamais... Maintenant dors, tu en as besoin.
 
Mais le lendemain ni l'un ni l'autre n'étaient trouvables...
Mon esprit de petite fille germait et l'ambiance au domaine familial changeait d'une drôle de façon. Les domestiques avaient le visage inquiet en permanence, mes parents se faisaient plus discrets et ils arrêtaient brusquement leurs activités, on ne voyaient plus les associés débouler dans les couloirs. Les murs étaient froids, silencieux, on n'entendait que le pas timide de quelques serviteurs qui venaient et repartaient. Nous avions même arrêtés nos jeux, nous penchant sur le sujet.
Balthazar était évidemment encore et toujours le seul à part et au courant de ce qui se tramait, il avait rejoint l'obscurité des adultes et ne jouait plus avec nous. Seules dans le jardin, nous, nous interrogions.
 
Dianthéa: Plus personne ne sourit... Et Balthazar est toujours collé avec papa maintenant.
Camilla: Peut être que quelqu'un est mort? Et les adultes sont en deuil?
Dianthéa: Dis pas ça!! Personne n'es mort!
 
Tomone était toujours de son côté, arrangeant ses cheveux et admirant son reflet devant l'étant. Elle soupira lorsqu'elle écouta notre conversation.
 
Tomone: Arrêtez d'être aussi ridicules! Si quelqu'un était mort ils me l'auraient dit!
Dianthéa *se fâchant*: Et pourquoi toi hein?!
Tomone: Parce que je suis la plus grande petite sotte!
 
Nous étions prêtes à nous bagarrer mais brutalement notre aîné fit irruption dans le jardin, les yeux au sol. Il s'effondra sur l'herbe, nous accourrions à ses côtés le bousculant et lui demandant ce qui n'allait pas. Ses yeux cachés derrière ses cheveux noirs, ils les affichaient vides, il tremblait.
 
Balthazar: On doit se casser d'ici, vite...
Tomone *arquant un sourcil*: Hein?
Balthazar: Une révolte éclate à l'extérieur, le peuple est en train de se lever contre nos gardes et avancent comme une armée vers le domaine Vitanova...
 
Tomone n'accepta absolument pas ces paroles et le secoua de toutes ses forces en lui hurlant à deux centimètres du visage.
 
Tomone: J'EN AI MA CLAQUE DE TES CONNERIES! ARRÊTE DE TE FOUTRE DE NOUS!
Balathazar: MAIS C'EST PAS DES CONNERIES PUTAIN!! ILS VONT TOUS NOUS BUTER JE TE DIS! REGARDE, REGARDE DEHORS SI TU CROIS QUE JE MENT!!
 

Il était si affolé, on ne le reconnaissait plus Camilla et moi, nous étions en retrait par rapport à nos deux aînés qui étaient à deux doigts de se manger les baignes de l'autre. Il nous entraîna de force vers le mur séparant le domaine de l'extérieur et nous aida à grimper avec précipitation. 
Nous n'en revenions pas, au loin à la ville des attroupements vociférantes, hurlantes de bookmans rameutaient de plus en plus de monde et s'avançaient en notre direction d'un pas déterminé. 
Notre père nous avais enfin trouvé après avoir cherché dans toute la demeure et ne nous laissèrent pas une minute pour nous embarquer avec lui sans un mot, prenant Camilla et moi sur ses deux épaules et Tomone et Balthazar par les bras. Nous avions si peur, jamais nous n'avions vu notre père aussi grave et nous n'avions aucune idée de ce que le peuple était capable de faire dans sa folie meurtrière... 
D'un pas allongé, rapide, il arriva enfin à la cour de derrière où notre mère était déjà avec le petit Uriel dans ses bras. Ce devait être la plus effrayée de nous tous, on aurait dit qu'elle allait hurler d'un moment à l'autre à Dieu pour l'implorer de l'épargner. 

Dianthéa: Papa... Les gens dehors ils...
Jacob *grave*: Je sais. 

Une discrète calèche était prête, notre géniteur nous lâcha d'un coup sec à l'intérieur et prit Uriel avec lui tandis que mère s'installait, tremblante et pour une fois, muette comme une tombe. 
La calèche démarra, le silence se fit entre nous. Nous avions le crâne qui allait exploser de questions mais la tension était si insupportable qu'on n'osa demander la moindre chose. Camilla commençait déjà à pleurer dans son coin, s'imaginant un tas de scénarios. 

Dianthéa *chuchotant*: Camilla arrête de pleurer s'il te plaît...
Camilla: Ils... Ils veulent nous tuer pas vrai? Pourquoi? On n'a rien fait de mal...

Notre père tiqua sur cette parole. Il devait penser à toutes les atrocités qu'il avait commis. 
Mère qui était de plus en plus effrayante sous ses longs cheveux noirs observais ma cadette et lui disait d'une voix sèche, coupante:

Marjane: Tu te tais Camilla. Si je t'entends parler encore tu recevra une gifle dont tu t'en souviendra durant des années. 

Uriel gémissait comme s'il défendait sa grande soeur, on n'entendais à présent que ses petites sautes d'humeur de nourrisson et les reniflements de Camilla qui se forçait à ne pas pleurer pour ne pas attiser la colère de sa génitrice. 
Quand à moi je regardais à la fenêtre le paysage filer à toute allure, peu rassurée mais plus courageuse que ma jeune aînée. C'est alors que je vit se profiler une curieuse silhouette noire devant la route de gravats, en me redressant je reconnaissait une allure masculine et adulte, les gémissements d'Uriel devinrent plus forts, il s'agitait et semblait effrayé, avait-il peur de quelque chose? 
Soudainement le toit de la calèche se fit trancher par une mystérieuse force, on entendit les cheveux qui agonisaient, souffrants de cette tranche, la véhicule tomba sur le côté et nous aussi. 
Debout devant nous se tenait un homme aux cheveux blancs et aux yeux verts luisants, à sa main une faux énorme avait été invoquée. Son apparence était musclée mais élégante, en le voyant il m'inspirait beaucoup de charisme mais aujourd'hui ce n'est qu'une enflure à mes yeux... 
Son regard était sérieux, en l'apercevant mon père se redressa aussitôt, sortant son livre prêt à lui livrer bataille de magie. 

Jacob: Toi... Tu es Miyabi, apôtre de Gabriel n'est-ce pas? 

"L'apôtre" en question brisa le reste de calèche en écrasant une énergie au creux de sa main. 

Miyabi: C'est exact, Jacob Vitanova. 
Jacob *furieux*: Alors pourquoi nous avoir arrêté?! Tu as sûrement vu l'émeute qui nous pourchasse! Gabriel et moi avons conclu un accort de protection! Je lui ai offert mes passages pour le Monde Moderne ainsi qu'un tiers de mes richesses pour son extension!! Si tu es au service de ton maître alors laisse-nous fuir! 
Miyabi: Malheureusement mon maître détient de nouveaux plans pour votre pays, messire Vitanova... 
Jacob *inquiet*: Que voulez-vous dire? 

Il s'approcha d'un pas lent, toujours la faux à la main, ne quittant pas mon père des yeux. 

Miyabi: Un souverain comme vous qui abandonne son peuple n'es pas digne de gouverner selon lui, et je rejoint son sentiment. Vous tuez à petit feu votre race à vous conduire comme des intouchables...
Jacob: Et que comptez-vous faire misérable? 

Il claqua des doigts et sous nos yeux ébahis, avait Uriel entre ses bras. Avant même que notre père ait à invoquer un sort pour le faire payer, le mara trancha la tête de mon petit frère d'un rapide coup de faux...
Médusés, nous observions, les yeux vides d'incompréhension le petit crâne du nouveau-né rouler à nos pieds.
Nous n'en revenions pas, incapables de savoir quoi dire, quoi faire, j'avais six ans et ne connaissait rien de l'extérieur du monde et voilà que je voyais mon petit frère de deux mois se faire tuer par cet homme dont j'ignorais tout. Qui était-il? Pourquoi avoir fait ça? Quelque chose se brisa en moi...
Ma mère était à terre et tenait le crâne de son enfant entre ses mains, traumatisée de cette scène elle gémissait dans sa folie... 

Marjane: U-Uriel...! N-Non pas toi... Non, non... 

Ivre de rage, elle ouvrit son livre et en sortit son arme du coeur, une hache et se précipita sur l'apôtre. 

Marjane: AAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!! 

Curieusement il ne la tua pas, se contentant juste de l'assommer pour lui faire perdre connaissance. Mais plus tard je savais qu'il la gardait pour la guillotine devant le peuple, il était calculateur et savait qu'il était capital qu'elle se fasse tuer sous leurs yeux, ce serait le symbole de la mort d'une reine. 
Le mara utilisa sa magie noire et enveloppa ma famille d'un nuage obscur et n'étaient plus en cette plaine... 
Tremblante, je regardais autour de moi en les cherchant des yeux mais vraiment aucune trace d'eux, ils avaient été avalés par cette magie qui m'était si inconnue... 
Le mara resta seul avec moi sur ce chemin de pierre au milieu de plaines, il m'observait de toute sa hauteur et faisait de même, les yeux larmoyants, j'étais persuadée qu'il allait me tuer et sans la présence de mes parents, cette pensée me fit mal au coeur... 

Miyabi: Ta famille a fait des choses terribles aux bookmans de ton pays. Ton peuple est enragée et demande le sang de tes géniteurs ainsi que leurs héritiers, ils ne veulent plus entendre parler des Vitanova. Mais toi, tu n'es pas corrompue par leurs sinistres méfaits, je t'accorde la vie sauve. Maintenant disparaît et ne revient plus jamais en Siloure... 

Je ne comprenais pas bien ce qu'il me racontait, mais une chose m'étais sûre: il me laissait la vie sauve au lieu du reste de ma famille et cela me mit dans une colère noire. 
Les yeux baignés de larmes, je courait vers l'apôtre lui tapait la jambe de mes petits poings, comme s'il voulait me laisser exprimer mes sentiments, il ne m'en empêcha pas. Il gardait un regard peiné au-dessus de moi et décida de me séparer de lui au bout de quelques minutes après que je me sois fatiguée et effondrée en larmes. 

Dianthéa: Je te déteste... Je te déteste! JE TE DÉTESTE! MÉCHANT! MÉCHANT, MÉCHANT!!  
Miyabi: Tu souhaite donc connaître le même destin qu'eux en les rejoignant? 

Il fit apparaître dans sa main une sphère magique où je vis avec effroi la scène qui se déroulait en ce moment même à la place publique où en ce même lieu mon père exécutait les "gêneurs" de son business. 
Je voyais avec dégoût mes frères et soeurs, mon père et ma mère passer les uns après les autre à la guillotine sous les yeux rieurs des bookmans qui en demandaient toujours plus. 
Mon coeur se déchira à chaque tête tranchée, Camilla hurlait à l'aide, pleurait tout comme Tomone. Blathazar, mère et père se taisaient et acceptaient malgré tout la fatalité. 
Le bourreau exposait fièrement les crânes ensanglantés à son public... 
Je m’effondrais au sol, pleurant de nouveau, l'apôtre me releva et posa de nouveau son regard impitoyable. 

Miyabi: Dianthéa, quitte ce pays et dissimule-toi des yeux du monde. Ne rentre pas où je te tuerais. 

Tout ce bousculait dans ma tête d'enfant mais malheureusement l'instinct de survie en pris le contrôle, le coeur meurtri, je courait vers l'horizon, bousculant Miyabi sur mon passage. Je n'avais aucune idée de l'endroit où je devais aller, peu m'importait je devais m'enfuir de cet homme et ce pays qui me faisait souffrir. L'orage se profilait et la pluie ne s'arrêtait pas de prendre possession de mon visage, je courais, je pleurais, je criais entre ces champs interminables... 

Par la suite je rencontrais Sarada, Caleb et leur fils Isao qui étaient employés à notre domaine familial, ils m'adoptèrent et m'élevèrent dans un nouveau milieu qui m'étais totalement étranger, celui de la ferme et de la pauvreté. J'étais si dure, si peste avec eux, je souffrais de l'absence de mes parents et déversais toutes mes colères sur leurs pauvres dos mais ils avaient énormément de peine pour moi et leur amour à mon égard ne faisait que se renforcer, ils m'avaient accepté comme leur fille adoptive dès le premier jour...
Mon quotidien était rythmé par l'occupation de la ferme, j'avais rattrapé mon retard sur le monde en le découvrant par moi-même, pour la première fois de ma vie je découvrais "la difficulté de la vie". 
Le soir je m'endormais en pleurant et le lendemain je nourrissais les lapins. 
Ce passage, cette transition furent douloureux pour moi mais je n'ai pas honte de dire qu'il m'a été bénéfique. J'ai grandis jusqu'à mes douze ans où je prit connaissance d'un certain établissement scolaire à Anastasia, du nom de l'Arborh. Je voulais y aller, découvrir encore le monde et devenir la meilleure pour pouvoir un jour revenir à Siloure la tête haute pour défier Miyabi... 


J'ai refusé mon nom en changeant de vie, je suis devenue Ewelein Ultear, fille de fermiers et bookman sans prétentions, je n'étais plus Dianthéa Vitanova l'héritière de cet empire économique. 
J'espérais le reprendre et avoir de nouveau la chance de me faire appeler ainsi, pouvoir défier Miyabi
Mais aujourd'hui ironiquement, je ne lui ai pas fait face... 


Mais maintenant ça m'est égal. 
Miyabi tue-moi si tu veux.
Je n'aurais juste pas eu la chance de mourir en tant que Vitanova... 
Plus rien ne me rattache en ce monde...



Adieu Black Rose.











































































Non... 
Mais qu'est-ce que je raconte? 
Pourquoi est-ce que je me dis ça? 
Des gens tiennent encore à moi... 




Sarada, Caleb et Isao vous êtes ma deuxième famille!


Et... Vous mes amis... 


Marshall, Asriel, Muko, Kagura je ne veux pas vous abandonner, il y a tant de choses que je dois voir avec vous, tant de choses que je dois faire pour vous aider! 


Je ne peux pas me laisser aller, je veux vous revoir!
Je n'abandonnerais pas. 













[A suivre dans la partie 3-"Siloure-La relève]


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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Mer 25 Mai - 15:29
--Chapitre 14--
 
-Siloure partie 3: La relève-
 
 
 
Asriel: Hey.
 
Je venais de passer une bonne nuit de sommeil, le lit ne valait pas ceux de l'internat à l'Arborh mais le matelas était toujours mieux que les poubelles sur lesquelles je ronflais plus jeune. Alors que j'ouvrais progressivement les yeux, je voyais l'elfe droit et déjà tout préparé alors que je faisais ma grasse matinée, quelle heure était-il? Il ne doit pas être loin de dix heures.
 
Asriel: Où est Ewelein?
Marshall: Hein?
Asriel: Où est-elle?
 
Je me grattais la tête, encore peu éveillé et levais les épaules d'incompréhension.
 
Marshall: Qu'est-ce que j'en sais? Pourquoi tu me pose la question?
Asriel *fronçant les sourcils*: ...
Marshall: Hep me regarde pas comme ça! Je l'ai juste embrassé et c'est pas allé plus loin! Eeeeeet puis d'abord comment t'es au courant de ça? Tu nous espionnais où quoi?
Asriel: Les oreilles des elfes portent loin...
 
Je grognais. L'elfe sortit de la pièce et m'y invita à le rejoindre lorsque je serais prêt. Sur le panier en osier posé à côté de moi étaient présentés de nouveaux vêtements, ma chemise et mon jean commençaient à me lasser, c'est donc avec plaisir que je m'habilla. L'ensemble était composé d'une chemise blanche dont je retroussais les manches jusqu'aux coudes et d'un veston que je laissais ouvert, un pantalon en toile et d'une paire de bottes à sangles. La mère d'Ewelein devait penser que mes précédents fichus étaient bien sales pour s'en être emparé à mon insu... J'espère qu'elle ne les a pas brûlé tout de même...
Enfin prêt, je m'engageais d'un pas décidé à sortir mais me fit brutalement arrêté par une glace sur le côté qui me rappela mes cheveux dans un triste état, un rapide coup en arrière me fit changer d'idées.
En sortant je découvris Muko a table avec une tartine à la confiture au coin des lèvres et un bol de chocolat chaud entre ses mains, il m'avait l'air brûlant mais le dragon ne devait pas s'en apercevoir...
Sarada faisait le tour de sa cuisine, tournant et re-tournant dans le même sens, affolée. Caleb la priait de se calmer.
 
Sarada: Et si elle ne nous aimait plus?! Et si elle s'était enfuie? ET SI ELLE FAISAIT UNE FUGUE AMOUREUSE?!
Caleb: Calme toi chérie je ne pense pas que ce soit le cas, c'est une grande fille elle doit être juste occupée.
 
Pris dans la tempête, je décidais de me faire discret et m’asseyais près du dragonneau qui observait la scène silencieux, croquant dans sa tartine.
 
Muko: Bonjour Marshy!
Marshall: Salut gamin, qu'est-ce qui se trame?
Muko: Ewelein a disparu de la maison et personne ne sait où elle est. Monsieur!! Je peux avoir encore des tartines s'vouplaît?
Caleb: Si tu veux mais ça fait quand même la trente-deuxième.
Marshall: Cherchez pas il a l'appétit facile.
 
Le père de famille bookman ressorti une nouvelle fois le pot à confiture et une baguette et en garnit copieusement le pain avant de la donner au bestiau qui l'engloutit comme un ogre sous nos yeux médusés.
Je savais que les dragons mangeaient beaucoup mais là... ça tient de du mythe, limite.
La bookman s'effondra sur le banc, plongeant sa tête entre ses bras croisés posés sur la table en bois, confus nous ne savions trop quoi lui dire mais des mots discrets s'échappèrent de ses lèvres.
 
Sarada: Pourquoi est-elle venue... Je suis sûre qu'elle s'est faite avoir par les hommes de Miyabi.
Caleb *soupirant*: Chérie...
Asriel: Vous avez dit... Miyabi?
 
L'elfe qui se tenait silencieusement à l'écart de la scène, adossé contre une poutre en bois à l'entrée tiqua, il semblait intéressé et voulait en savoir plus. Les bookmans baissèrent la tête.
Je n'avais aucune idée de qui était ce "Miyabi", après tout je suis tellement idiot que je doit connaître un quart au mieux des choses de ce monde et Muko était pire que moi, à peine sorti de l'oeuf que tout lui explose à la gueule.
 
Asriel: Excusez-moi mais parlez-vous bien de Miyabi Fujisaki le mara apôtre de l'empereur Gabriel?
Caleb: C'est bien lui...
Asriel: En quoi cet homme est-il en lien avec Ewelein?
 
Le couple s'échangèrent des regards hésitants, j'ignorais ce dont ils pensaient. Mais Sarada soupira longuement et retira son crâne de ses bras, gardant les yeux fixés à la table comme si elle s'apprêtait à avouer une connerie et déballa ce qu'elle avait sur le coeur.
 
Sarada: Vous êtes des gens bien, vous devez être les seuls amis que notre fille a réellement eu depuis toutes ces années. Je pense qu'au stade où en est votre relation avec elle il est temps d'avouer...
Caleb *posant une main sur le bras de Sarada*: Sarada...! Tu es sûre?
Sarada: Il le faut. J'en ai assez de garder ces secrets entre nous.
 
Elle détacha doucement la main attentionnée de son mari et nous raconta enfin tout.
 
Sarada: Ewelein que vous, vous obstinez d'appeler ainsi n'a eu ce prénom d'adoption que depuis que nous l'avons adopté pour cacher sa véritable identité, son vrai nom est Dianthéa Vitanova. Il y a vingts ans la famille Vitanova gouvernait Siloure avec égoïsme et cruauté mais elle fut renversée par une révolte décisive des bookmans qui mouraient de faim, orchestrée de toutes pièces par Miyabi qui désirait un pays où s'implanter. Son maître Gabriel lui ayant donné son accord, celui-ci prit le trône et fit décapiter à la guillotine tous les membres de la famille Vitanova et recommença une nouvelle ère florissante pour les bookmans qui étaient désespérés.
Asriel: Dans ce cas pourquoi a-t-il épargné Ewele... Pardon, Dianthéa?
Sarada: Je l'ignore, d'après les souvenirs de celle-ci Miyabi a jugé inutile de la tuer alors qu'elle aussi jeune et inconsciente des activités des Vitanova. Où peut-être a-t-il décelé un potentiel trop faible en elle pour le renverser de son trône? Je pense que l'apôtre gardera ce secret jusque dans sa tombe et Dieu sait qu'il ne va pas la voir avant plusieurs siècles! Ils sont résistants les guerriers des empereurs!
 
A l'écoute de ce récit j'ai de suite pensé à une putain de blague.
Ewelein, une fille de dictateur? Oh allez les gars c'est juste une fille sympa qui a un goût un peu trop prononcé pour les cours et les livres! Elle n'a pas du tout la carrure de ce genre de nanas!
 
Marshall: Pfft! Votre Ewelein, où Dianthéa appellez-là comme vous voulez, elle n'est pas comme ça alors arrêtez votre chars!
Asriel *arquant un sourcil*: Tu remets en doute les paroles de ses parents?
Marshall: Mais c'est de la poudre je te dis! Sérieusement t'y crois deux secondes à ce tissus de mensonges?
 
L'elfe me toisait des yeux.
 
Asriel: Je ne sais pas où tu veux en venir Marshall mais ça ne me plaît pas...
Marshall: Mais elle me l'aurait dit putain! Je sais qu'elle ne me cacherais pas de choses sur elle!!
Asriel: Tu crois cela...?
 
Il décroisa ses bras et se releva de la poutre contre lequel il était adossé, on aurait dit qu'il cherchait à me défier. Je n'aimais pas cette attitude, en fait je déteste son air ultra-sûr et protecteur qu'il a toujours, genre ce mec se croit le maître du monde? Mais qu'il se réveille! C'est juste un crétin d'elfe avec une épée et qui se démerde pas mal avec c'est tout! Des types comme lui y'en a des milliers à Black Rose!
Je serrais les poings, grognant entre mes dents. Mes yeux prenaient petit à petit leur teinte noire lorsque je suis furieux, Muko nous observait tous les deux tour à tour avec inquiétude.
 
Asriel: Te souviens-tu de ce qu'elle disait sur toi à propos de Kagura lorsque nous étions à Mila? "L'amitié est peut être quelque chose de facile pour toi mais ce concept ne marche pas de la manière exacte chez tout le monde, elle nous considère sûrement comme des étrangers". Qui ne te dis pas que Dianthéa ne te considère pas comme un étranger...?
Marshall: Okay, là tu cherche la merde blondasse.
 
J'en avais rien à foutre de casser la maison, je m'étais jeté sur lui comme une bête, faisant dégringoler sur mon passage les bancs et les décos pendantes sur le mobilier, tous ce fracassait dans des bruits de porcelaine écrasées alors qu'Asriel et moi nous battions violemment au sol, puis contre les murs et les meubles. Une pluie de coups de poing, de crocs pleuvaient sur nous, malgré le fait qu'il n'avait plus son épée, il n'empêche qu'il était musclé et que je sentais bien ses coups passer, néanmoins j'avais le dessus sur lui par mes crocs qui n'attendaient que son cou et mes nombreuses bagarres au corps à corps qui m'avaient forgés durant ma jeunesse, de plus je me différenciais par ma vitesse plus notable.
 
Mes yeux noirs témoignaient ma colère, j'étais furieux de penser qu'elle m'avait caché des secrets sur elle et pourtant je m'en prenais comme un gamin sur quelqu'un d'autre, au fond je n'ai pas changé je suis toujours un gamin... Elle n'arrêtais pas de m'y reprendre là-dessus...
Mais au fait pourquoi étais-je si remonté pour ça? Parce que pour la première fois une fille me faisait rempart, à moi Marshall celui-ci pour qui toutes les gonzesses à l'Arborh se ruaient pour confier leurs sentiments alors que je m'en foutais. Et elle, m'étais mystérieuse...
J'avais mal au coeur, je la trouvais jolie mais chiante au début, puis je me suis confié a elle et m'a respecté, notre relation a continué sur une sorte de respect mutuel qui m'étais étranger auparavant, elle me prenait aussi pour un connard avant mais elle changé à mon égard, est devenue plus maternelle, protectrice et attentive à mon sujet. Les semaines sont passés à la vitesse de l'éclair et nos sentiments qui étaient un mélange d'amitié sincère et de romance timide et devenue plus profonde.
Je me suis rendu compte à quel point je serais détruit si elle partait après le pèlerinage.
Et cette disparition soudaine, et cette révélation que je prend comme une trahison.
Je lui ai tout dit sur moi! Et rien en retour! Je me suis même montré comme un abruti à Parta!
 
Je l'aime. Je l'aime à la folie, j'explose d'amour et de colère pour elle...
 
???: S'il vous plaît... Je vous en prie!
 
Une voix blanche que je ne connaissait pas nous interrompit, sur le bord de la fenêtre était posé, épuisé un familier ressemblant à une chouette avec deux paires d'ailes et des antennes en forme de lauriers dorés. Il avait vraiment l'air mal en point.
Sarada et Caleb combinèrent leur magie pour nous séparer de force, nous faisant léviter dans un halo bleu lumineux. Nous ne stoppions pas pour autant nos regards noirs.
 
Sarada: Qui est-tu?
Suniko: Je me nomme Suniko, familier de mademoiselle Dianthéa et ancienne servante dans le domaine des Vitanova...
Sarada: Qu...! Comment vas-t-elle? Comment va ma fille familier?!
Suniko: Pardonnez-moi j'ai échoué à la protéger de Miyabi, cet apôtre nous était trop puissant elle a succombé, il l'a emporté avec lui et la torture dans ses cellules, je ressens sa peine et sa tristesse...
 
Un silence fit place entre nous mais le doute persistait.
 
Caleb: Et qui ne nous dit pas que tu es une espionne de Miyabi lui-même?
Suniko: Je suis son familier relié à son livre, j'ai été écrite et dessiné pour la servir toute ma vie, voici ma marque qui me relie à elle...
 
Elle présenta sa patte où une armoirie fut inscrite, un symbole de V relié à un D par des ronces et des roses blanches, derrière un blason représentant sûrement la famille Vitanova était présent.
Je baissais la tête, alors on en est là hein? C'était pas du vent, évidemment...
Le champs de force magique qui m'entourait s'affaiblit, je marchais affirmé vers le familier qui était à deux doigts de tomber dans les pommes, il a du voler un moment. Je prit la parole volontairement.
 
Marshall: Je ne connaît pas ce Miyabi mais d'après ce que vous en dites ce type à l'air balèze. Mais ne t'inquiète pas j'irais la tirer de ce cauchemars quitte à ce que j'en crève!
Muko: Moi aussi je viens!!
Marshall *avec un sourire taquin*: Hé le mioche t'es peut être un dragon mais tu ne sais même pas maîtriser ta forme primaire! Mais je suppose que c'est peine perdue de te dire de rester tranquille ici pas vrai?
Muko: Evidemment!
 
Le dragonneau avait un sourire de défis et le regard vif, je lui passais une main dans sa tignasse bleue et tournait la tête vers Asriel, retirant mon sourire pour afficher une expression bien plus sérieuse. Lui était toujours coincé dans sa "prison" magique, je suppose qu'elle ne sers qu'à maintenir les colériques et qu'elles ne s'affaiblissent que lorsque la personne se calme enfin. Lui avait toujours l'oeil hautain mais devait se sentir bien ridicule dans sa position actuelle.
 
Marshall: J'ai pas l'intention de te casser la gueule alors desserre les poings, Dianthéa a besoin de nous. Si tu veux quand même me mettre au tapis, attends qu'on l'ai ramené et tu pourras te faire plaisir.
Asriel: ...
Marshall: Je suis désolé. Je me suis encore comporté comme un gamin...
 
Il posa enfin pieds à terre et releva la tête, il esquissa un sourire en coin et hocha la tête pour me faire signe qu'il acceptait mes excuses tout naturellement. Je m'adressais enfin à Suniko, déterminé.
 
Marshall: Maintenant emmène-nous chez ce fils de pute qu'on lui arrache notre Dianthéa de force.
 
 
 
 
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Plusieurs heures que j'étais restée captive à me battre contre mes souvenirs du passé, ironiquement cela me fit du bien de me remémorer toutes ces mémoires qui m'étaient enfouies au fond de mon cœur...
Mais désormais ce n'était plus la même, j'avais la haine, la rage de m'enfuir d'ici et si l'occasion vient, de tuer Miyabi une bonne fois pour toute.
Les pas se firent encore parvenir, je me dépêchais de chasser ces viles pensées, c'est un apôtre et un mara de surcroît, ce type était bien capable de lire mes pensées où les manipuler à sa guise.
Il entra, cette fois escorté par plusieurs de ses hommes qui me détachèrent et m'accrochèrent à de nouvelles menottes bien solides, reliées à eux. Je me levais et sentit le sang couler enfin dans les veines de mes jambes engourdies. Un garde s'occupa de ramasser, non sans un certain dégoût, les têtes des Vitanova et les conserva dans un coffret secret qu'il referma à clefs.
 
Dianthéa: ... Bonjour Miyabi.
Miyabi: Bonjour Dianthéa.
Dianthéa: Je suppose qu'il est temps pour moi de mourir n'est-ce pas?
Miyabi: Tu es perspicace. Je vais t'emmener à la guillotine, rejoindre les pas de ta famille. J'ai prévenu ton peuple qu'exceptionnellement je mettrais quelqu'un à mort sous leurs yeux mais je n'ai pas encore révélé ton nom. Il faut garder la surprise pour la fin n'est-ce pas?
 
Cet amusement qu'il exprimait en parlant de mon exécution me fit brutalement lever le voix.
 
Dianthéa: Alors pourquoi m'avoir épargné autrefois?! Pas une fois je suis venue te déranger! Pas une seule fois je n'ai cherché à reprendre les rênes de la compagnie Vitanova et maintenant tu veux me tuer?! Quitte à ce que tu sois un apôtre intelligent, soit donc logique pour une fois dans ta vie et dis-moi pourquoi!!
 
Il jeta un regard dédaigneux sur mon visage avant de clore cette discussion.
 
Miyabi: Tu es... pénible. Lorsque je te demande de parler tu es murée dans ton silence et lorsque je te somme de te taire tu parles à n'en plus finir.
 
Il tourna les talons, deux hommes m'encadrèrent sur les côtés, tenant chacun une chaîne à mes menottes, deux autres me suivaient à l'arrière. Nous quittâmes les froides prisons pour regagner le rez-de chaussée.
Mon sang se glaça lorsque je constatais que le "palais" de Miyabi n'étais autre que l'ancien palais des Vitanova. Je ne pouvais m'en rendre compte au sous-sol mais notre marche dans les couloirs me rappelèrent ces après-midis où je courait dans ces même corridors avec mes frères et soeurs à jouer à chat et à cache-cache. Autrefois bondés de serviteurs et des associés commerciaux de mon père, aujourd'hui ils étaient froids et presque vides. Cette impression me fit poser la question si cet apôtre avait de la famille, si non, cela expliquerait pourquoi cette froideur.
Pourquoi vivre dans cet immense domaine si l'on est seul? Et pourquoi vouloir gouverner un pays lorsqu'on a déjà Black Rose à sa botte par le biais de son empereur? Milles questions me taraudaient l'esprit dans un moment aussi critique, je n'avais pas abandonné, loin de là mais je me triturais les méninges pour trouver un moyen de m'échapper.
 
Par la même cour dans laquelle ma famille et moi nous échappions il y a vingts ans, Miyabi me fit embarquer dans un fourgon blindé, je remarquais la technologie du véhicule remarquable pour notre monde ce qui me mit la puce à l'oreille, il n'était clairement pas fait ici avec notre avancement en matière de mécanique néanmoins ce type de véhicule ressemblait davantage à ce que l'on pouvait trouver dans le monde moderne.
Est-ce qu'il avait en vérité l'intention de nous tuer pour s'emparer de nos portails sur le Monder Moderne? Et Gabriel a évidemment accepté pour mettre la main dessus et prendre petit à petit le contrôle d'un autre monde pour avoir de l'avance sur Mathaël...
Cette révélation me mit encore plus d'occasion à détester cet homme.
Et ma question se déterrait encore plus petit à petit, je commençais à comprendre. Je remarquais alors que nous ne prenions pas le chemin exact pour la ville.
 
Dianthéa: Nous n'allons pas sur la place publique.
Miyabi: En effet. J'ai changé mes plans à la dernière minute on dirait...
Dianthéa: Qu'est-ce que tu comptes faire salopard?
Miyabi: Tu auras assez de temps pour le savoir...
 
Nous entrâmes dans une sorte de hangar amélioré, annexe au domaine.
C'est ainsi que je découvris les trois portails qui appartenaient à mon père pour accéder au Monde Moderne, trois tourbillons de magie spatial menant à ce monde parallèle.
Miyabi sorti de son manteau mon livre du cœur et le feuilleta avec attention, ses hommes me lâchèrent.
 
Dianthéa: Et bien alors? Vas-tu me tuer?
Miyabi: Laisse-moi répondre à ta question...
 
Il fit signe aux autres de sortir pour nous laisser seuls. Je grinçais des dents, avant même qu'il ne prenne la parole je répondais déjà car je savais la vérité...
 
Dianthéa: Le trône de Siloure... Tu t'en moquais pas vrai? Tout ce qui t'intéressais c'était ces portails! Je ne veux pas savoir pourquoi ton maître et toi désirez ces aubaines mais tu t'en foutais du peuple depuis le début! Tes beaux discours sur le fait que tu étais un homme bon, que tu sermonnais ma famille d'être des égoïstes, tous ça c'était du vent! Tu as tué ma famille pour ces portails enfoiré!!
Miyabi: Tu es digne de ta race, intelligente et perspicace. Il y a un bookman qui fait également parti des rangs des apôtres, aussi rusé que tu l'es... Mais cela ne réponds pas à ta question principale.
Dianthéa: C'est là que j'attends la suite de ta version des faits...
 
Il marchais vers les fiers portails tourbillonnants, le bruits des pas de ses bottes se faisait entendre, il admirait ses biens vilement gagnés. Dans le silence, il ricana doucement.
 
Miyabi: Ton père était un homme intelligent. Avant sa mort il avait pris soin d'apposer un puissant sceau qui ne permettaient que les membres Vitanova d'utiliser ces portails. Je pensais qu'en les tuant le problème serait réglé et qu'ils seraient miens mais hélas j'ai découvert ce détail plus tard, il me fallait le sang d'un Vitanova. Je me suis hâté de récupérer le sang de leurs crânes avant qu'il ne coagule mais cela ne fut qu'un temps, je ne pouvais faire venir du Monde Moderne qu'un nombre d'objets limité... Mais avec le tiens Dianthéa, je pourrais les mettre à profit de nouveau!
 
Ma respiration se faisait haletante, il brandissait mon livre au-dessus de lui par menace. Il voulait me faire obéir en prenant mon livre en otage, s'il le brûlait je serais perdue...
 
Miyabi: Penses-y! Tu auras le privilège de recevoir les grâces de Gabriel! Grâce à toi il pourra enfin s'estimer supérieur à Mathaël! Tout ce que tu as à faire Dianthéa, c'est de te vider de ton sang jusqu'à la dernière goutte et lorsque nous te sentirons affaiblie, tu donnera un enfant, un héritier Vitanova qui endossera le même rôle que le tiens! Et ce jusqu'à ce que la guerre entre le juste et le bien soit terminée, peut être même après!
 
J'étais horrifiée de ce destin auquel il voulait m'attribuer, je ne trouve même pas les mots pour décrire cette machination qui était bien digne d'un apôtre de l'empereur du mal, l'incarnation même de Lucifer...
 
Dianthéa: Tu ne peux pas savoir à quel point je te hais...
Miyabi: Oh si je le sens! Ton coeur palpite de fureur, je le sens dans ton livre au creux de ma main... Et bien sûr compte sur moi pour le garder en lieu sûr, que je puisse te garder un oeil en toute tranquillité. Maintenant commençons ma petite pourvoyeuse de sang, cela fait trop longtemps que j'attends de revoir le Monde Moderne.
 
Il sorti une lame de son manteau et me blessa au cou pour en extraire un échantillon de sang, lorsqu'il versa le contenu sur le sceau son visage s'illumina en remarquant que celui-ci était de nouveau levé. C'était un test pour vérifier que sa théorie tenait debout et il était fier du résultat, le portail se ferma à nouveau en quelques secondes après avoir aspiré cette maigre goutte. Toujours affublé de son sourire, il se dirigea vers moi pour me faire une entaille plus profonde, plus saignante...
Mais soudain la dague de Miyabi se décrocha de sa main et vint se planter dans le mur, une flèche était plantée dans le manche en bois. Je me redressais, un sourire immense aux lèvres et me retournait précipitamment, à l'entrée se tenait Asriel, accroupi, l'arc tendu dans sa main et une autre flèche dans l'autre. Miyabi fronça les sourcils.
 
Miyabi: Qui est-tu elfe? Tu as interdiction de pénétrer en ces lieux sans mon autorisation.
Asriel: Je n'ai pas d'ordres à recevoir de toi, libère Dianthéa.
Miyabi: Tu es bien stupide pour me défier aussi impunément...
 
Le mara invoqua sa magie noire et s'élança vers l'elfe qui ne bougeait étrangement pas, un bruit sourds retenti alors avec comme... un hurlement de bête s'approchant.
 
???: VAS-Y MON GRAND DÉFONCE-LE!!
 
Le hangars trembla et se détruisit aussitôt, sur le dos de Muko sous sa forme primaire, Marshall le guidait par des rênes et hurlait à son fils adoptif de tout détruire sur son passage comme s'il se prenait pour un guerrier sur sa fière monture. Miyabi devint blanc devant cette soudaine apparition mais ne se démonta pas pour autant et préféra s'occuper de la bête en premier, sortant sa faux pour le trancher.
Le jeune dragon ondulait son long corps écailleux pour éviter ses attaques et lorsque le mara eu réussi à le toucher, il remarqua avec stupéfaction que pas une seule égratignure ne fut provoquée, le vampire riait à gorge déployée et prenait plaisir à se moquer de l'apôtre.
 
Marshall: Et ben alors?! T'espère que ton cure-dent puisse lui faire quelque chose? Mon gamin il a la peau dure!
 
Asriel profita de cet instant pour venir me détacher, j'étais enfin libre de mes mouvements. Mais hélas je n'étais pas "libre" pour autant, Miyabi tenait toujours mon livre.
 
Asriel: Tout vas bien? Il ne t'a pas fait mal?
Dianthéa: Oui, oui mais il détient mon livre je dois le récupérer!
Asriel *jetant un oeil sur les portails*: Et ces tourbillons de magie? Que représentent-ils?
Dianthéa: Ce sont des portails magiques menant au Monde Moderne, Miyabi ne doit pas se les approprier où il les fera livrer à Gabriel! *observant le combat* Ils n'y arriveront pas tous les deux contre lui, il faut les aider!
 
Il hocha la tête et me tendit mon katana, j'étais rassurée de voir que Suniko allait mieux, je l'entendais qui manifestait sa joie de me voir sur pieds. L'elfe sorti quand à lui sa large épée et s'adressa à moi, l'ai sérieux.
 
Asriel: Allons nous battre Dianthéa, ensemble.
Dianthéa: Oui!
 
Muko se posa à terre et poursuivit son affrontement avec le puissant mara qui grognait de ne pouvoir utiliser son arme fétiche sur cette bête, Marshall s'en sépara et allongea ses griffes et ses crocs pour prendre part également à la bataille, bondissant du dos du bestiau pour se jeter à son tour à corps perdu.
L'elfe et moi-même arrivions en renfort, le mara haletait doucement, assailli de tous les côtés par les lames, les griffes, les crocs et la magie. Si je n'avais pas une haine aussi ancrée envers lui je l'aurais pris en pitié.
Les coups pleuvaient et l'apôtre paraissait plus qu'il n'attaquait, mais une aide lui vint, Muko était épuisé de sa transformation et était effondré au sol dans son petit corps de garçon, le dragon en moins contre lui, il se donnait plus à la bataille contre nous. Mais qui étions-nous face à sa puissance démesurée? Nous n'étions que des moucherons face à lui malheureusement et désormais qu'il était plus libre de ses mouvements, ses attaques étaient plus fortes, plus douloureuses.
Asriel et moi formions un duo à l'épée remarquable, Suniko m'aidait de toutes ses forces sous sa forme d'arme et m'encourageait entre la dimension qui nous séparait. Nous déferlions nos lames dans une confrontation harmonieuse, j'étais si impressionnée de sa dextérité et de la mienne que j'enviais ce combat et que je me mettais à en souhaiter un nouveau dans le futur. Marshall était notre soutien, faisant ses coups bas à chaque ouverture du mara qui se concentrait un peu trop sur nous deux.
 
Miyabi avait le regard sombre, il commençait à perdre son sang-froid et à prendre notre combat un peu plus au sérieux, pensant que nous étions bien ennuyeux à lui faire perdre son temps ainsi.
Définitivement agacé, il grogna et fit exploser sa magie en nous faisant prendre de plein fouet cette onde de choc noirâtre qui nous brûlaient les veines. La douleur était indescriptible, je gémissais et les garçons aussi. Dans ma douleur j'entendais de nouveau Suniko qui me suppliait de me relever, qu'elle était prête à reprendre le combat.
L'apôtre lévitait entre nos trois corps jetés sur le bitume, un halo mauve l'entourait et une paire d'ailes squelettiques semblable à celles d'une chauve-souris étaient à son dos. Sa faux prenait une forme de squelette et ses yeux en étaient maintenant entièrement noirs comme ceux des banshees. Sa voix avait aussi changée, son ton nous effrayait et avait au creux de sa main mon livre qui tremblait par l'énergie ténébreuse qui prenait possession de lui.
Je ressentais une douleur atroce à l'intérieur de ma poitrine, j'avais l'impression qu'elle s'apprêtait à exploser, était-ce la souffrance que ressent une personne qui se fait maudire par un apôtre?
 

Miyabi: Vous me prenez donc pour un imbécile? Croyez-vous sincèrement que je ne suis pas en mesure de vous tuer? J'ai été trop gentil jusqu'à présent, *s'adressant à moi* et toi Dianthéa tant pis si tu meurs, je garderais ton livre pour qu'il fasse marcher les portails quitte à ce que je n'ai plus qu'un nombre limité d'échanges avec le Monde Moderne! J'aurais préféré que mon plan perdure pour plusieurs siècles mais tu as trop abusé de ma gentillesse...

Cette fois c'était peut être bien la fin de notre aventure, nous n'aurions sûrement jamais vu Célestia, nous n'aurions jamais terminé le pèlerinage. En même temps oser se frotter à un apôtre était bien stupide...
Mais soudainement il se redressa abandonna son visage haineux pour porter un nouveau, inquiet. 
Il ne disait plus rien, on aurait dit qu'il écoutait quelque chose avec attention. 

Miyabi: Cette magie qui se rapproche... Cela ne peux pas être lui! Pourtant il est le seul à maîtriser la magie spatiale... 

Ses paroles me tiquèrent, je pensais à une certaine personne qui, comme il le décrivait, était si puissante qu'elle était capable d'utiliser à sa guise l'une des énergies les moins faciles à maîtriser: la magie spatiale.
L'apôtre s'agita et observa aux alentours, c'est alors qu'un portail s'ouvrit et en fit sortir un jeune homme ange aux ailes grises, caractéristique étonnante pour sa race qui m'éclaira définitivement. 
Nous étions sauvés, Mizuki le pupille de Mathaël était là, pourquoi? Peu nous importait. 
Le mara grinçait des dents et l'ange l'observait d'un air hautain. 

Mizuki: Miyabi Fujisaki, quel est mon plaisir de te trouver petit rat de Gabriel... 

Et aussitôt une multitude de portails s'ouvrirent autour de l'apôtre stupéfait, le pupille en déferla ses sorts impressionnants de magie blanche qui firent hurler son adversaire. Sûrement très sensible à ce type de sortilèges, il devait bien souffrir en encaissant ces coups-là... 
Mizuki quand à lui ne bougeait pas d'un pouce, envoyant chacune de ses attaques d'un revers de main orgueilleuse, prenant son bon plaisir à voir son adversaire se faire exploser les cordes vocales à tant gémir de douleur. Comme la rumeur le décrit si bien, il semble être quelqu'un de difficile socialement parlant, et particulièrement vaniteux à voir son flegme contre un combattant tout de même aussi puissant qu'un apôtre.
Mais dans cette lutte acharnée je blêmissais, voyant mon livre qui se faisait malmener de la sorte, j'avais toujours mal avec le sortilège de ténèbres qu'avait planté Miyabi dans les pages mais la magie blanche de Mizuki ne me faisait rien, au contraire elle m'apaisait. 

Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, je remarquais avec surprise que celui-ci se faisait enrouler autour du bras de l'apôtre comme...

Dianthéa: ...Un serpent? 

En effet un serpent magique profitait de la faiblesse de l'apôtre pour lui voler le livre, disparut dans la brume et réapparut entre les bras d'une autre personne qui était cachée derrière Mizuki, encapuchonnée sous une large cape immaculée. 
Ses mains écailleuses, cette douceur de geste et cette discrétion... 
Je n'étais pas la seule à me relever pour observer plus en détail cette étrange apparition, Marshall, Asriel et Muko avaient les yeux grands ouverts et en demandaient plus sur elle. 
Les mains écailleuses levèrent la capuche blanche et laissèrent apparaître sous notre stupéfaction totale...

Dianthéa: Kagura...

C'était bien elle. Ses yeux de couleuvre, sa langue sifflante et fourchue, ses cheveux verts... 
Trop de surprises étaient présentes, nous restions juste médusés face à ce nouveau spectacle. 
La jeune hybride tenait mon livre et nous souriait d'un air apaisé, que faisait-elle avec Mizuki le pupille de Mathaël? Aurait-elle été en contact avec l'empereur durant son absence? 
Sans que je m'en sois aperçu, de fines larmes brouillaient mes yeux. J'étais si heureuse de la revoir, si heureuse de constater qu'elle se porte bien, était-elle libérée de sa malédiction? 
J'en plaçais une main devant mes lèvres, une main tremblante. Kagura quel bonheur de te revoir...

La couleuvre resta un moment à nous adresser son sourire apaisé puis elle redevint sérieuse et s'adressa au pupille qui continuait son orchestre de portails magiques. 

Kagura: Messire Mizuki dois-je me rendre de nouveau utile? 
Mizuki: Tu n'es d'aucune utilité sur un champs de bataille, de plus je maîtrise la situation dépêche-toi de rendre le livre à la bookman. 

Elle hocha respectueusement la tête et couru vers nous, s'agenouillant elle me redonna mon livre et nous commanda de nous apaiser, sortant de multiples serpents de ses membres. Les crotales nous parcouraient les corps de leurs longs corps froids et nous guérissaient nos blessures, aspirant les résidus de magie noire qui nous brûlaient les la peau avant de rentrer dans le corps de leur propriétaire. 
Je m'apprêtais à lui demander une tonne de question mais elle me coupa, prenant mes mains entre les siennes et observant ses autres anciens compagnons d'un nouveau regard gai que je ne connaissait pas. 

Kagura: Nous avons un milliards de choses à nous dire mais pour l'heure nous devons empêcher Miyabi de s'emparer de ces portails. 
Dianthéa: Kagu...
Kagura: Plus tard, je vous promet que je répondrais à toutes vos questions.

Elle avait tant changé, de la jeune fille timide elle était devenue en deux semaines comme quelqu'un d'assurée et aimante. Elle jeta un oeil sur le pupille qui commençait à fatiguer à force de puiser autant dans ses réserves de magie. Celui-ci s'arrêta enfin, haletant doucement mais trop fier pour le montrer ouvertement à cette valetaille de faibles que nous étions.
Libéré de cette torture qui semblait ne plus finir, l'apôtre était au sol, crachant ses poumons, le visage dissimulé sous ses cheveux blancs. Le pupille l'observa de haut. 

Mizuki: Je crois qu'il est tant pour toi de faire tes adieux à Siloure tu ne crois pas? 

Le mara leva faiblement les yeux, jetant un regard noir comme l'enfer à l'ange gris qui ne fléchissais pas d'un poil. Un sourire se dessina doucement sur son visage et il leva la main avec une sphère de magie violette à l'intérieur et la lança sur lui-même pour le faire disparaître. 

Miyabi: Sois maudit de ton excès de zèle Mizuki... Bientôt ce sera à toi de connaître l'Enfer crois-moi...




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Dans une salle de trône Miyabi s'avance et s'agenouille devant un homme à l'aura encore plus ténébreuse que la sienne, encore plus noire que n'importe quel homme sur Black Rose...

-Que me rapporte-tu Miyabi des portails à Siloure?-

Miyabi: Hélas maître... Le pupille de Mathaël a eu raison de moi, j'ai du abandonner. Veuillez accepter mes excuses les plus sincères.. 


-...Ce n'était pas de ta faute, l'écart de puissance était trop grand pour toi, tu es pardonné-

Miyabi: Je vous en remercie. 

-Mais Mathaël aura affaire à moi... Préviens tous mes apôtres que nous l'attaqueront sur son propre territoire à Célestia dans deux semaines. Et je m'en vais à Gakui pour quelques temps, j'ai repéré des enfants qui auront le bon potentiel d'être de nouveaux apôtres entre mes rangs-

Miyabi: Comme il vous plaira, maître Gabriel...



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MessageSujet: Re: Les vagabonds du Paradis et de l'Enfer [série]   Mer 13 Juil - 22:54
--Chapitre 15--
 
-Mistilla-
 
 
 
J'explorais à nouveau les couloirs de mon ancienne maison, désormais vide de la présence de l'apôtre et de ses hommes. Mes yeux se perdaient dans mes souvenirs, j'étais si rassurée. Désormais ma famille pourra continuer leur voyage dans l'au-delà dans la sérénité...
A mes côtés Kagura s'était fait une joie de m'accompagner durant cette promenade. L'hybride me tenait la main et m'écoutait patiemment, jusqu'ici j'étais la seule à avoir raconté mon histoire. Je me tut et attendait la sienne.
 
Kagura: Lorsque je vous ai quitté à Mila j'étais désespérée, j'ai fuis loin, jusqu'à Opaline. Mais figure-toi que l'empereur Mathaël était de passage pour rencontrer ses fidèles humains. Je n'ai pas réfléchi et je l'ai imploré devant la foule de me guérir d'Hakuja No Myojin, il a accepté en me souriant et m'a emmené avec lui à Célestia où il m'inscrivit à une cure d'exorcisme spécialisée pour les démons les plus puissants. Durant trois jours et trois nuits j'ai du subir de multiples exercices, de traitements, d'opérations sous l'oeil de ses hommes d'église et de lui-même qui apporta de multiples fois son aide devant la difficulté que représentait ce démon à déloger de mon corps. Et finalement le résultat à porté ses fruits, je suis désormais libre et l'empereur à jugé bon de me garder avec lui, durant le reste de mon temps je me suis engagée à le servir pour le remercier et j'ai pu sympathiser avec la plupart de ses apôtres ainsi que Mizuki.
 
Je n'en revenais pas, j'étais si heureuse de savoir qu'elle était enfin libre de cette terrible malédiction. Un immense sourire m'illuminait et elle aussi, mais le sien était plus sage, plus prude. Je me jetais sur elle pour l'enlacer, je sentais ses maigres bras m'entourer également par affection.
Elle avait tant changé, je me sentais inconsciemment fière d'elle comme une grande soeur l'est pour sa cadette, je crois avoir toujours considéré Kagura comme une petite soeur.
Doucement elle se détacha de moi et afficha un sourire fier.
 
Kagura: Regarde ce dont je suis capable maintenant!
 
Elle sorti de sa cape blanche son bras droit écailleux et le changea soudainement en un autre, plus monstrueux, osseux, dégoulinant et surmonté de longues griffes crochues. Je frissonnais en remarquant ce résultat qui me rappela avec horreur cette maudite nuit à Mila, celle où je voyais l'apparence complète du démon possédant ces même bras qui tenaient ces cadavres d'enfants.
 
Dianthéa: Est-ce... De l'appropriation démoniaque?
Kagura: Exactement! Je ne m'en suis pas concrètement "débarrassée", grâce à l'empereur j'ai pu garder Hakuja No Myoji en moi mais je suis en mesure de contrôler son pouvoir à présent, là où avant je me mettais à faire de cruelles choses sans connaître ses capacités...
 
Elle échappa un soupir gêné, se tenant timidement le bras maudit comme si elle en avait honte désormais. Je la comprenais, ce doit être un poids lourds à porter que de garder cette malédiction qui a fait tant de victimes. Je lui souriait, reprenant cette main qu'elle cachait.
 
Dianthéa: Je suis si heureuse pour toi Kagura et... tu nous avais tant manqué. Mais tu es au service de l'empereur maintenant, je suppose que c'est fini le pèlerinage avec nous...?
Kagura *riant*: Il est vrai que j'ai atteint Célestia avant vous tous! Mais il n'est pas question pour moi de vous quitter, vous m'êtes trop chers...
 
Nous, nous apprêtions à nous câliner de nouveau mais la présence soudaine de Mizuki nous rendit plus sérieuse devant le pupille. L'ange gris s'avança vers moi.
 
Mizuki: Alors? Quels sont les ordres de l'héritière sur l'avenir de Siloure?
Dianthéa: Je ne suis pas en mesure de gouverner un tel pays en crise... Je souhaite que Mathaël le prenne en charge, du moins jusqu'à ce que je sois prête.
Mizuki: C'est un bon choix.
 
Pour la première fois depuis que je le vis il esquissa un semblant de sourire. Il nous raccompagna jusqu'aux trois autres qui exploraient également l'extérieur du domaine avec des yeux ronds, impressionnés de la taille et la richesse du territoire. En voyant l'hybride arriver, Muko se figea, incapable de savoir quelle expression devait-il prendre devant elle: de la peur? De la joie? Ses grands yeux gris parcouraient le corps couvert de la jeune femme qui lui souriait d'un air peiné, elle s'agenouilla à sa hauteur pour limiter ses frayeurs et ouvrit grands les bras.
 
Kagura: Pardonne-moi Muko... Tu as du me prendre pour quelqu'un d'horrible, je t'ai repoussé par peur de te faire du mal et je me suis montrée à toi sous une forme aussi monstrueuse... Je souhaite que nous repartions à zéro tous les deux, que nous puissions devenir de véritables amis.
 
Le dragonneau réfléchit quelques secondes et ne put résister à cet appel si tendre qu'on lui tendait, il accouru dans les bras de la couleuvre qui le serrait chaleureusement. Des larmes timides perlèrent sur les joues du jeune garçon, toute sa frustration à l'égard de la jeune femme s'échappait.
Le pupille croisa les bras et ne se laissa pas vraiment attendrir par cette scène, poursuivant sur un autre sujet que nous avions malheureusement oublié avec le temps.
 
Mizuki: Vous devez continuer le pèlerinage malgré ce qui vous est arrivé. Mais je doute que vous puissiez atteindre Mistilla aussi vite. Je vais vous faire un cadeau en utilisant ma magie spatiale pour vous téléporter jusqu'à destination.
Asriel: Pourquoi vous montrer aussi clément?
Mizuki: Parce que plus vite l'andouille qui m'accompagne sera partie, plus vite je pourrais rentrer à Célestia.
Kagura *gémissant*: Mais! Je croyais qu'on étaient devenus amis! Pourquoi faut-il toujours que vous ayez si mauvais caractère Mizuki?
Mizuki *esquissant un sourire*: Ne pose pas de questions et passe du bon temps avec tes amis.
 
Elle échappa un rire discret. L'ange nous commanda de nous rapprocher et celui-ci leva un doigt pour ouvrir un portail, il leva l'index et un portail s'ouvrit sous nos pieds, nous faisant chuter sous terre dans un hurlement collectif, devait-il vraiment le créer ici? Il faut croire qu'il s'amuse...
Nous atterrissions en trombe dans la célèbre jungle, tombants et se fracassants les côtes à se prendre des branches et des lianes dans la gueule. On devait entendre nos cris à l'autre bout de l'île quand nous débarquions enfin sur le sol, écrasés sous le poids de chacun, Kagura et Muko avaient les cheveux pleins de feuilles et de fleurs, ils en étaient mignons.
Asriel se leva en faisant craquer son dos, sans doute fragile à ce niveau, et observa son nouvel environnement, l'arc à l'arrière et son épée en fidèle accompagnatrice. Il était déjà prêt à partir, se frayant déjà un chemin parmi la végétation alors que les quatre boulets que nous étions nous remettions tout juste de notre chute. Muko s'adressa à moi l'air embêté.
 
Muko: Il est tout le temps comme ça?
Dianthéa: Oh à un tel point mon petit... *levant les yeux au ciel*
 
L'elfe nous toisa, nous en rigolions et nous mettions en marche.
J'en profitais pour sortir de ma sacoche mon carnet où je prenais mes notes surs tous les pays que nous avions visité jusqu'à présent, écrivant les différentes et étonnantes espèces végétales et animales de cet environnement si riche. La faune et la flore de Mistilla était si dense qu'en faire le tour devait prendre des années, voir des vies entières si l'on s'y consacre pleinement! Les jumeaux Berry et Shiny ratent quelque chose ici, ils doivent enrager de ne pouvoir assouvir leur soif de connaissance...
Je réalisais des petits croquis de feuilles que je cueillait à la hâte, je m'attardais plusieurs fois en manquant de louper le groupe et Dieu quelle erreur je ferais de me perdre ici!
Le crayon entre les dents et les lunettes perchées sur le front, je m'en grattais la tête.
 
Dianthéa: Tout de même, ils sont téméraires les nekos pour vivre dans ce milieu aussi hostile.
Marshall: Tu remarqueras ma chère que cet adjectif s'applique à toutes les régions de Black Rose...
Dianthéa: Oui ce n'est pas faux... Blague à part j'aimerais bien en croiser!
Muko: C'est quoi un neko?
Dianthéa: Une race d'êtres humains aux attributs et manières des chats.
Muko: C'est des gens comme Kagura alors? Des hybrides comme elle mais en chats?
Dianthéa: Oulà... Ne t'avise pas de leur répéter ça, on dit d'eux qu'ils sont très susceptibles si on les comparent à cette autre race...
 
Soudain Asriel fléchit, s'appuyant d'un bras contre un arbre qu'il semblait chercher de la main, il gémissait en se passant une main devant le visage, alertés nous accourrions vers lui et constatèrent que ses yeux se brouillaient étrangement. Le sort pour lui rendre la vue commençait à prendre fin, il avait déjà tenu bien bon après ce rude combat contre Miyabi. Je levais la main pour les prier de le laisser seul, sans poser une seule question ils obéissaient et se dépêchaient d'aller plus loin.
Je tournais l'elfe vers moi et soulevait d'une main sa frange et découvrit en soupirant que sa blessure initiale était bel et bien revenue, me remontrant à nouveau ses yeux explosés et ensanglantés. Avec précautions je le faisais glisser vers le bas pour le coucher et refaire le sortilège.
 
Dianthéa: Mon pauvre Asriel, j'espère pour toi qu'à Célestia nous trouveront des anges guérisseurs assez compétents pour t'aider...
 
J'ouvrais mon livre pour répéter la formule mais il se redressa vivement du sol, cherchant quelque chose alors privés de ses yeux.
 
Asriel: Tu n'as pas entendu?
Dianthéa: Les oreilles de bookmans sont moins fines que celles des elfes. Je n'entends rien pourquoi?
Asriel: ...Non excuse moi.
 
Il soupira et se rallongea lentement, je décidais de profiter de ce temps pour lui parler de ces mystérieux appels. Il m'avait aidé, c'était à moi de lui venir en aide si quelque chose l'importunait je me devais de faire de mon mieux pour mon ami. Plaçant mes mains ancrées de magie sur son visage, je brisait le silence.
 
Dianthéa: Asriel, je te remercie pour tout à l'heure...
Asriel: Je devais t'aider. Et je suis content que Kagura aille mieux aussi.
Dianthéa: Justement! Tout le monde semble plus heureux et toi... Toi tu es encore dans ton mutisme... Je n'ai pas oublié notre conversation à Parta, je sais que tu es torturé alors laisse-moi t'aider en retour!
 
Sa main se posa avec douceur sur les miennes et un sourire se dessina sur son visage.
 
Asriel: Ta générosité ne pourra arracher ce que j'aime de sa souffrance.
 
Et sur ses paroles ses yeux se remodelèrent, plus facilement et rapidement que la dernière fois, j'avais attrapé le coup de main et gardé ce sortilège dans un coin de ma tête.
Mes yeux se baissèrent d'impuissance et d'un humiliant sentiment d'inutilité alors que les siens s'ouvraient sous un jour nouveau, sous une autre bleutée envoûtante. Son regard croisa le miens et je le vis soupirer, il se redressa, posant un coude sur son genou, cherchant ses mots il tourna son visage vers la profondeur de la jungle de Mistilla.
 
Asriel: Ma soeur est aux emprises d'un fou... Plus notre voyage se poursuit et plus je l'entends m'appeler. Je dois la tirer de là, peu de gens m'ont aimé durant ma vie mais j'ai promis de la protéger elle et ma grand-mère qui m'a élevée.
Dianthéa: Je comprends, je t'aiderais à la sauver je te dois bien ça après ce que tu as encouru comme dangers pour moi. Provoquer un apôtre ce n'est pas neutre comme décision après tout!
 

Il acquiesçait et nos yeux se croisèrent en silence. 

-----------------------------


Une furieuse ondée venait de s'abattre, dégoulinante sur les hautes branches de cette jungle interminable, nous avions trouvé refuge sous une grotte perdue entre les arbres heureusement inhabitée par la faune locale où même d'une famille de nekos. Asriel avait allumé un feu et attendant que l'on puisse sortir, Marshall et Muko avaient pressé l'hybride de leur montrer quelques tours avec son nouveau membre inédit. Loin derrière la jeune fille peureuse, celle-ci le fit sortir de sous sa cape blanche pour d'abord laisser ses deux spectateurs le temps de le scruter. Il y avait tant à en dire, ce bras monstrueux contrastait parfaitement avec l'autre, faible et fragile qui la représentait bien mieux. Le vampire et le dragonneau échappèrent des soupirs impressionnés de leur bouche grande ouverte, le plus jeune ne tarda pas à poser ses questions. 

Muko: Hakuja No Myoji te laisse lui voler son bras? 
Kagura: Ooooh non! Il reste tout de même en moi et je l'entends parfois m'insulter de tous les noms, mais je pense qu'il tire une certaine satisfaction à me savoir plus proche de lui...
Muko: Et... Tu l'as avec toi depuis toujours? 
Kagura: Hélas oui, auparavant j'ignorais la raison qui l'avait poussé à me posséder dès ma naissance mais depuis mon séjour au séminaire de l'empereur les médecins et exorcistes qui se sont occupés de moi m'ont expliqué qu'Hakuja No Myoji avait décelé en moi une consistance extrêmement faible lui permettant de mieux me contrôler, de plus ma nature hybride de serpent se rapprochait davantage à la forme de ce démon. En gros s'il ne m'avait pas possédé je serais sûrement morte quelques années après ma venue au monde car mon corps était trop peu résistant aux maladies et autres retombées magiques.

Nous buvions ses paroles, alors fascinés par tant de découvertes et aussi gênés de ses dernières paroles. Marshall commença à tâter cette main repoussante en se faisant plus insistant sur une démonstration. 

Marshall: Et si tu nous faisais un petit truc pour nous montrer la fameuse puissance de cette pourriture? 

L'hybride secoua de la tête un peu décontenancée et se leva tout en détachant sa cape pour avoir plus d'aisance dans ses mouvements dévoilant en même temps les nouveaux vêtements qu'elle avait acquis de Célestia, facilement reconnaissables par leurs couleurs bleues et blanches et la légèreté du tissus qui était devenue une marque de fabrique dans la mode de ce pays. 
La jeune fille ferma les yeux et tendit sa fameuse abomination droit devant elle, c'est alors que celui-ci se matérialisa en une sorte de lance gardant sur le manche et la lame ces caractéristiques rebutantes. Le dégoût était déjà bien présent parmi nous mais il atteint son paroxysme lorsque nous découvrions avec horreur un oeil jaune et globuleux s'ouvrir et observateur. 

Kagura: Je suis en mesure de matérialiser n'importe quel arme et objet grâce à la possession démoniaque. 
Dianthéa *frissonnante*: D'accord, okay on est fiers de toi ma grande mais... Qu'est-ce que c'est que ce truc répugnant qui nous observe...? 
Kagura: Oh. Excusez-moi il s'est un peu vexé depuis que nous sommes sortis du séminaire, il n'a pas trop apprécié qu'on l'ait manipulé. *S'adressant à l'oeil* Ne fais pas ton ronchon, dis bonjour! 

Une voix caverneuse à faire glacer le sang survint des cordes vocales de l'hybride mais nous comprenions tous que ce n'était pas elle qui les utilisaient... 

Hakuja No Myoji: Bonjour. 
Dianthéa: Kagura pour l'amour du ciel ne me dit pas que c'est ce démon! 

Elle soupira d'embarras et le démon riait de notre réaction générale. Asriel n'attendit pas plus et dégaina son épée prêt à sectionner ce bras sans penser à la pauvre Kagura qui devait endurer cette douleur, je l'arrêtait d'une main et m'adressa avec prudence au fauteur de troubles mais celui-ci se fit plus rapide. 

Hakuja: Pour commencer appelez-moi simplement Hakuja ce sera plus simple, ensuite je vous déconseillerais de me séparer de force de mon hôtesse bande d'abrutis car d'une part elle ne vous pardonnera jamais de lui avoir fait autant de mal, et ensuite sachez que l'empereur a apposé un sceau sur sa peau m'interdisant de quitter son corps et en même temps de la contrôler à nouveau. Dans tous les cas vous, vous retrouverez bien cons alors réfléchissez deux fois avant d'essayer de me faire peur... 

Muko frémissait, se remémorant sûrement ce même monstre à cette voix glaçante qui le poursuivait lors de cette maudite nuit à Mila. L'oeil le remarqua aussitôt et semblait y prendre beaucoup de plaisir à effrayer même sous cette forme beaucoup moins impressionnante. 
Marshall haussait les sourcils et le toisait d'un regard méfiant, ce que le démon comprit très vite.

Hakuja: Qu'est-ce que tu veux toi? 
Marshall: Rien, je suis juste en train de te tuer un milliards de fois dans ma tête pour tout ce que tu as fait aussi bien pour Kagura que pour son village et par la même occasion celui des loups-garou et nos propres vies, sale crevure... 

Kagura porta un regard surpris sur son défenseur et il y avait de quoi, ces deux-là n'arrêtaient pas de s'embobiner pour un oui où pour un non, d'ailleurs les dernières paroles qu'ils ont échangé depuis était une dispute et Dieu comme le vampire s'en est voulu depuis.
Le démon s'apprêtait à répliquer une menace sanglante au suceur de sang mais son hôtesse le fit taire d'une main contre le globe et remit sa cape en signe d'arrêt de récréation. Dans son action, elle remercia doucement le jeune homme. 

Kagura: Merci Marshall, mais ne l'énerve pas tu risques d'aggraver la situation.  
Marshall *un peu coupé*: Euh désolé je voulais pas...
Kagura: Non ne t'en fais pas, je te suis déjà reconnaissante pour ta sollicitude.

Un silence pesant se fit sentir, sentant cela à vue de nez la couleuvre prit pour une fois la peine de le balayer. Un sourire charmant se dessina sur ses lèvres, elle fixait le feu crépitant devant elle et échappa une voix nostalgique et fatiguée. 

Kagura: Dites, nous arriverons bientôt à terme du pèlerinage... Qu'est-ce que vous deviendrez? 

Cette question pourtant si simple resta en suspens, le vampire bien sûr plus bavard que nous prit d'abord la parole pour s'exprimer mais ne confia finalement que peu de choses. 

Marshall: Je veux retourner à Solar et voir ce que je pourrais faire pour aider les miens avec le diplôme de l'Arborh en poche. Trop de vampires souffrent là-bas comme j'ai pu subir avec ma mère et je veux que ça change... 
Asriel: Je rentrerais aussi, continuer mon service militaire à Gakui et pourquoi pas finir calmement mes jours avec un poste à l'armée et une famille. 
Dianthéa: Quand à moi j'aimerais me retrouver dans l'enseignement de la magie. 

L'hybride écoutait posément sans évoquer le sien, par pudeur et également par peur de connaître une triste réponse je n'osait pas lui demander en retour. 
Muko passa la tête en dehors de la grotte et nous appela à sortir, nous annonçant que l'ondée s'était terminée depuis notre discussion. J'éteignais le feu et me relevait pour rejoindre les autres. 
Assez loin en arrière je regardais le ciel encore embrumé de quelques nuages gris et repensait à ma réponse. Mon rêve était plus grand et impossible. 
Je voulais reprendre les rênes de Siloure en tant qu'héritière légitime. 
Maintenant que Miyabi est chassé je n'ai plus ce problème certes et peut être que l'empereur me soutiendra dans ma démarche mais le peuple lui n'a pas oublié toutes ces années de souffrances orchestrées par mon père. D'ailleurs comment prennent-ils le fait que leur sauveur les a abandonné? Mathaël as-t-il tout avoué? 
Je sais mon destin tout tracé et je sais qu'il sera semé d'embûches. Hélas... 


Quittant la jungle profonde de Mistilla au grand complet avec un nouveau membre de l'équipe, le démon Hakuja No Myoji, les vagabonds se rendent à présent au royaume d'Aube paradis aquatique habité par les sirènes et autres sublimes créatures. Comme le prédisait Kagura le pèlerinage semble montrer sa fin au fil du temps mais leur histoire se terminera-t-elle ainsi...? 


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